Molène (plante)

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Les molènes sont des plantes dicotylédones pour la plupart bisannuelles, appartenant à la famille des Scrofulariacées et au genre Verbascum. Souvent de grande taille, elles sont pubescentes, avec des fleurs à cinq pétales, le plus souvent jaunes à anthères orange, groupées en longs épis. Les feuilles forment une rosette à la base, puis sont alternes le long des tiges. L'espèce la plus connue est le bouillon-blanc (Verbascum thapsus et espèces voisines), réputé pour ses vertus médicinales, mais il y en a bien d'autres. Les molènes apprécient les terrains secs et fleurissent généralement de juin à septembre.

Les noms de la molène[modifier | modifier le code]

Le latin verbascum, déjà employé par Pline l'Ancien pour nommer la plante, est d'origine discutée. On le retrouve dans l'italien barbasso, l'espagnol barbasco. Toutefois, verbascum paraît construit sur la même racine verb- que le mot latin verbenæ « rameaux de laurier, d'olivier, de myrte » (d'où verveine). Le français molène, attesté au XIIIe siècle sous la forme moleine, est un dérivé de l'adjectif mol « mou », évoquant sans doute la consistance et l'aspect des feuilles. Il est à l'origine de l'anglais mullein. Reste le terme de bouillon-blanc, utilisé pour désigner les molènes à feuilles tomenteuses d'aspect blanchâtre. Contrairement aux apparences, il n'est pas lié à un éventuel bouillon ou tisane, mais remonte au gallo-latin bugillō, diminutif d'un gaulois buccos « mou » (cf. irl. bog, bret. bouk) et utilisé par Marcellus Empiricus, médecin bordelais du IVe siècle. À noter que la molène noire (V. nigrum) est parfois appelée bouillon-noir.

Le bouillon-blanc porte d'autres noms populaires : herbe de saint Fiacre, cierge de Notre-Dame, fleur de grand chandelier, bonhomme, oreille de saint Cloud, queue de loup ou encore herba luminaria... La métaphore avec la queue du loup se retrouve dans l'espagnol gordolobo, mot à mot gros loup, en fait déformation du latin populaire coda lupi « queue de loup ». Au Québec, elle est aussi appelée tabac du diable et bonhomme.

Sous le nom de molène donc, on regroupe différentes espèces, outre le bouillon-blanc sensu-stricto (Verbascum thapsus) :

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Fleurs de molène de Marschall (Verbascum marschallianum)

Propriétés[modifier | modifier le code]

Molène effilée ou fausse blattaire (Verbascum virgatum)

Les molènes de type bouillon-blanc (reconnaissables à leurs feuilles très velues, blanchâtres ou grisâtres) sont connues depuis très longtemps pour leurs effets bénéfiques sur le système respiratoire. On les conseille en phytothérapie pour combattre les diverses formes de toux, les bronchites, et même les extinctions de voix. On utilise les fleurs, préparées en infusion avec de l'eau ou du lait. Il est conseillé de filtrer l'infusion pour éliminer les poils.

La molène bouillon-blanc était autrefois une plante technique. À maturité, sa hampe florale peut atteindre deux mètres. Elle était utilisée au Moyen Age comme torche. Pour cela, il fallait en retirer les feuilles et l'enduire de poix. Cet usage lui a valu ses noms de « herba luminaria » ou « cierge-Notre-Dame ».