Monkey Island

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Monkey Island

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Éditeur LucasArts
Développeur LucasArts
Telltale Games
Genre Point-and-click
Lancement 1990

Plate(s)-forme(s)

Atari ST
Amiga
DOS
Windows
Mac
Mega-CD
PlayStation 2
XBLA
WiiWare
PSN
iOS

Monkey Island est une série de jeux vidéo d'aventure créée par LucasArts (alors appelée LucasFilm Games). Le créateur de l'univers de Monkey Island et ses personnages est Ron Gilbert, qui fut le chef de projet sur les deux premiers opus, mais ne participa pas aux troisième et quatrième épisodes. Un cinquième opus développé par Telltale Games sous forme épisodique a été annoncé le 1er juin 2009.

Univers[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Monkey Island se déroule au XVIIe siècle, du temps de la piraterie, dans les Caraïbes et dans l'île de Mêlée

Malgré ce contexte, la série comporte de nombreux anachronismes, du fait du genre humoristique des jeux. Ces anachronismes, si l'on se cantonne à l'œuvre de Ron Gilbert seule, peuvent également être interprétés comme les indices conduisant à la conclusion de l'opus 2.

Géographie[modifier | modifier le code]

  • Selon les 2 premiers épisodes : La géographie de l'archipel dans lequel se déroulent les aventures de Guybrush est plus ou moins explicitée dans chaque épisode. Le principal lieu de l'aventure est l'Archipel des Trois Îles, composé de Phatt, Booty et Scabb. Mêlée est située à proximité. Dans ces épisodes, Monkey Island est réputé introuvable. L'Île de Dinky est à proximité de la forteresse de LeChuck (Monkey Island 2).
  • Selon L'ensemble des épisodes : Les îles de Lucre, Jambalaya et l'Atoll ondulé tout près de Mêlée. Il y a aussi à proximité de cet archipel un endroit appelé Le golf de Mélange qui contient le Rocher de Gelato et Floatsam Island. Plunder Island, Blood Island et Skull Island sont situées à proximité de la plus importante île des jeux : Monkey Island, où Guybrush passe à chaque épisode. Tout près de l'Île aux singes est située une petite île : Dinky, reliée à l'Île aux singes par un système de passages souterrains.

Personnages récurrents[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Le jeu fonctionne sur la lutte permanente entre trois protagonistes : Guybrush Threepwood, le héros de la série à proprement parler est le personnage dirigé par le joueur ; Elaine Marley, dont sont amoureux Guybrush et LeChuck mais sans réciprocité pour ce dernier. C'est parce que Guybrush libèrera Elaine, enlevée par LeChuck dans le premier épisode, que ce dernier cultivera une haine profonde envers lui, cherchant à tout prix à se venger (voir les parties consacrées aux personnages pour plus d'informations).

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

Outre ces trois protagonistes, la série fait intervenir régulièrement trois personnages :

  • Stan, la caricature même du vendeur, qui change à chaque opus de secteur (vente de bateaux d'occasion, de cercueils d'occasion, d'assurances-vie, de multipropriétés, vendeur de souvenir et même avocat) et qui escroque invariablement Guybrush (ou se fait escroquer par lui).
  • Lady Vaudou, une prêtresse qui conseille Guybrush grâce à ses pouvoirs vaudou.
  • Herman Toothrot, un naufragé qui vit sur l'île aux singes.

Personnages importants et/ou récurrents[modifier | modifier le code]

Enfin, des personnages qui apparaissent au cours d'un ou deux épisodes peuvent être importants pour l'intrigue. On peut ne pas les revoir nécessairement tout au long de l'épisode :

Série[modifier | modifier le code]

La série des Monkey Island compte cinq épisodes. Les deux premiers opus sont remastérisés en 2009.

Les trois premiers épisodes sont des jeux de Point'n click, le quatrième abandonne l'utilisation de la souris pour la 3D à l'instar de Grim Fandango, dont il reprend le même moteur de jeu. La série, commencée en 1990 avec The Secret of Monkey Island, connaîtra un très grand succès, notamment avec Monkey Island 2: LeChuck's revenge et ses graphismes très travaillés, dignes d'un dessin animé (256 couleurs à l'époque). Dans cette série qui deviendra une référence en matière de jeux d'aventure, le joueur incarne un parfait anti-héros, un pirate raté nommé Guybrush Threepwood. Chaque épisode se déroule sur des îles imaginaires des Caraïbes sans référence temporelle précise. Le dernier sera un Point'n click comme les trois premiers mais sous format de cinq épisodes téléchargeables à un mois d'intervalle.

Le succès de la série provient d'un savant mélange d'humour, d'aventure et d'énigmes, le tout orchestré comme une super-production hollywoodienne. L'humour repose principalement sur l'absurdité des situations, de nombreux anachronismes et références culturelles contemporaines et des personnages très stéréotypés. Dans chaque épisode, Guybrush doit réussir à vaincre ses opposants (généralement le fantôme LeChuck) au travers d'une succession d'énigmes. (voir les parties correspondantes aux jeux pour plus de détails sur les intrigues).

Monkey Island fut le premier jeu d'aventure non bloquant, c'est-à-dire que le joueur ne peut arriver à un état qui l'empêche de finir le jeu, et non mourant, c'est-à-dire sans risque de perdre son personnage (un easter egg permet de mourir, mais il est difficile d'en subir les conséquences en jouant normalement). Ces deux caractéristiques garantissent donc au joueur de ne jamais devoir recommencer le jeu du début ou d'une précédente sauvegarde. Depuis, la plupart des jeux d'aventures adhèrent à ces deux principes.

Le 15 juillet 2009, LucasArts sort une version remastérisée du premier opus sur les plateformes PC et Xbox 360. Outre l'amélioration graphique et sonore du titre il est possible de basculer à tout moment vers la version originale du jeu. Le basculement vers la version originale n'est disponible qu'en version Anglaise. Cette version est le premier jeu en téléchargement chez LucasArts.

Le 7 juillet 2010, le second opus remastérisé, Monkey Island 2 Special Edition: LeChuck's Revenge, est téléchargeable chez LucasArts sur les mêmes supports que le premier et propose le même type d'améliorations graphiques ainsi que le passage de l'ancienne à la nouvelle version en temps réel.

Depuis le rachat de Lucasfilm en 2012 par Disney, l'avenir de la série est incertain. Ron Gilbert a exprimé son envie de faire une suite a Monkey Island 2 qu'il appellerait Monkey Island 3 en rachetant les droits de la série[réf. nécessaire].

Le secret de l'Île aux Singes[modifier | modifier le code]

Au cours de la série, la question du «vrai» secret de l'île aux singes se pose de façon récurrente. Selon que l'on s'arrête au récit mis en œuvre par Ron Gilbert (épisodes 1 et 2) ou que l'on intègre les opus suivants, différentes interprétations sont possibles : totalement secondaire dans le premier cas, centrale dans le second.

Il s'agit de la question posée par le titre du premier épisode. La question d'un "secret" de l'île aux singes n'est jamais formellement énoncée. Ce secret peut être simplement l'existence du royaume souterrain où se trouve LeChuck.

Dans Monkey Island 2, Guybrush demande à LeChuck dans ce qu'est ce secret, celui-il lui répond « Tu le sauras bien assez tôt». Cependant, il faut noter qu'excepté au cours dudit dialogue, il n'est pas question d'Île aux Singes dans cet opus, et nul ne foule a priori son sol (le lien entre l'Île Dinky et l'Île aux Singes n'est explicité que dans l'opus suivant, que l'on peut considérer ou non comme canonique).

Néanmoins, dans le troisième épisode, durant l'interrogatoire conduit au début la partie V ("Le baiser du Singe-Araignée"), on apprend que LeChuck ignore totalement ce qu'est ce secret, mais qu'il sait que celui-ci est "bien gardé par les indigènes de l'île".

Enfin, le quatrième épisode peut sembler apporter une réponse : le secret de l'Île aux Singes pouvant être que la statue de tête de singe est en réalité une machine géante. Dans Escape from Monkey Island, le quatrième acte (Retour vers l'enfer en référence à l'acte III du premier épisode) se termine en effet par une découverte ahurissante: la tête de singe géante que l'on croyait n'être que l'entrée vers les enfers cache en réalité un mécanisme complexe dissimulant un robot de singe mécanique géant, fonctionnant à la lave et aux singes qui permet de grandes prouesses. À noter que, pour l'activer, il faut utiliser la même procédure que pour fabriquer l'insulte suprême (un corps d'homme en or, une tête de singe en argent, un chapeau en bronze et le sceau officiel de l'île de Mêlée), ce qui suggère que l'insulte suprême pourrait également être part du "secret de l'Île aux Singes".

L'hypothèse du fantasme enfantin[modifier | modifier le code]

Cette hypothèse ne fonctionne que si on ne considère que les deux premiers épisodes de la série, c'est-à-dire les deux épisodes conçus par le scénariste original Ron Gilbert. Il conviendrait donc de considérer les troisième et quatrième opus comme des greffons, pensés a posteriori pour donner une suite tant attendue à cette série pleine de succès après le départ de Ron Gilbert de LucasArt, hypothèse appuyée par l'absence totale de continuité entre la fin de "Monkey Island II" et "Monkey Island III". Toutefois, Ron Gilbert serait seul habilité à dire si oui ou non son intention était bel et bien de raconter l'histoire ainsi.

La conclusion de l'épisode 2 considère en effet les deux premiers tomes comme les rêveries de Guybrush, perdu dans un parc à thème l'immergeant dans le monde des pirates lors d'une visite en famille. On imagine alors que Guybrush s'invente une aventure où il se battrait en pirate courageux contre son frère "tyrannique" pour l'amour de cette Gouverneur-Maman tant chérie (voir plus bas), remplaçant les combats d'épée en joute de jurons enfantins, se mesurant avec d'autres pirates dans des concours de crachats, tout cela sur fond de boissons alcoolisées diaboliques, dont à aucun moment il ne touche, à la recette sensiblement proche d'une étiquette de soda bien chimique, de magie vaudou édulcorée, jusqu'à ce que le rêve s'étiole, petit à petit, dans les coursives interdites d'une attraction. Cette vision a pour mérite de ne pas souffrir des incohérences scénaristiques, des mélanges d'histoires fantastiques et de ce florilège de rappels au monde moderne développés ci-dessous, que l'on pourrait considérer alors comme autant d'éléments piochés par un petit Guybrush peu sensible aux anachronismes dans le décor réel des attractions au gré de ses errances.

Une série d'indices tendent à prouver que tout se joue dans l'imaginaire de l'enfant. Cependant, le 29 mai 2009, Ron Gilbert écrit sur sa page Twitter: « La fin de Monkey Island II ne doit pas être interprétée littéralement. C'est une métaphore. Ou peut être une comparaison. Je confonds les deux. »[1]

Soutiens à cette hypothèse dans The Secret of Monkey Island[modifier | modifier le code]

  • Au début de cet épisode, Guybrush ne possède aucun passé; nul ne sait comment il est arrivé, visiblement seul, sur cette île où personne ne le connaît: l'attraction commencerait donc.
  • Afin de devenir un pirate (c'est-à-dire accéder à l'attraction suivante), il faut remplir certaines conditions: trouver un trésor, battre la Reine du Sabre et voler l'idole aux mains nombreuses du manoir du gouverneur. En réussissant les deux premières épreuves, Guybrush remporte deux T-shirts.
  • Une porte fermée dans la ville est interdite aux personnes ne faisant pas partie du personnel.
  • Les personnages sont tous très stéréotypés et anachroniques, et semblent pour certains jouer un rôle ou accomplir une tâche sans s'inquiéter du caractère surnaturel de certaines situations (exemple, le calme du veilleur après l'enlèvement d'Elaine dans le premier épisode, tandis que le cuisinier est totalement attristé). Stan notamment ne peut pas appartenir au monde de la piraterie. Cet argument néanmoins est contestable, compte tenu du caractère loufoque des jeux.

Soutiens à cette hypothèse dans Lechuck's Revenge[modifier | modifier le code]

  • Guybrush a des difficultés folles à dire son âge face à la bibliothécaire de l'île de Phatt et cherche à donner une réponse « correcte ». Néanmoins, dans le scénario de l'épisode 2, ceci peut simplement se justifier par le fait que le pirate Guybrush Threepwood n'a pas encore tout à fait l'âge requis pour boire de l'alcool (plus de 21 ans) et doit obtenir de faux papiers.
  • Dans la prison de l'île de Phatt, Walt, un chien, tient dans sa gueule la clé de la cellule où est enfermée Guybrush. Or il s'agit là d'une image fort connue de l'attraction de Disneyland Pirates des Caraïbes (ce détail est repris également dans le film Pirates des Caraïbes; cet argument peut ne pas être retenu car Ron Gilbert avouera s'être inspiré de l'attraction pour construire le jeu).
  • Dans le même ordre d'idée, l'arbre-maison de l'île de Booty est la copie conforme de l'attraction "la maison des Robinsons" telle qu'elle peut-être vue à Disneyland Floride.
  • Dans l'île Dinky, Guybrush peut utiliser un téléphone accroché à un arbre et tombe sur Fester, un interlocuteur tout ce qu'il y a de plus contemporain, après avoir écouté un message pédagogique pré-enregistré lui rappelant de demander à ses parents avant de téléphoner.
  • Lorsque Guybrush s'enferme dans la caisse pour être envoyé à la forteresse de LeChuck, ce sont des hommes de la maintenance habillés en tenue orange contemporaine qui viennent chercher la caisse.
  • Les couloirs souterrains sont fournis en énergie électrique, comme en témoigne la lumière et l'ascenseur en état de marche.
  • La machine à grog de Stan, défoncée après que Guybrush l'a percutée à la fin du premier épisode se retrouve dans un entrepôt, parmi des caisses de ballons et de fournitures diverses.
  • Un ascenseur à matériel mène à la rue de Mêlée évoqué plus haut. Guybrush sort de l'ascenseur par une porte que l'on ne pouvait ouvrir dans le premier opus faute de n'appartenir au personnel. Guybrush dit qu'il ne peut aller plus loin car la rue est en maintenance, des barrières jaunes et noires très contemporaines barrant le passage.
  • Tout au bout des couloirs se trouvent une « salle d'attente pour les parents ayant perdus leurs enfants ». Deux squelettes attendent ici, et selon Guybrush il s'agit de ses parents. Le crâne de "papa" pour fabriquer la poupée vaudou de LeChuck la fait fonctionner, ce qui indique que LeChuck est le frère de Guybrush[2].
  • À la fin de l'épisode, Guybrush bat enfin LeChuck grâce à la poupée vaudou. Il lui retire son masque et avoue reconnaître son frère Chuckie. Un agent d'entretien à la tenue orange les interrompt et leur ordonne de sortir, ils se retrouvent alors dans un parc d'attraction nommée Big Whoop, avec leurs parents.

Mais tandis qu'ils s'éloignent, les yeux de Chuckie s'éclairent d'une lumière surnaturelle, et Elaine, qui se révèle être la mère des deux enfants, se demande si Guybrush n'est pas tombé sous l'influence d'un sort vaudou... Ces deux derniers détails offrent une ouverture à un éventuel épisode 3, que Ron Gilbert ne réalisera pas.

Le Big Whoop[modifier | modifier le code]

Le Big Whoop (littéralement, le "grand cri") est la quête centrale de l'épisode 2, et un élément central de l'épisode 3. Il y est décrit comme un fabuleux trésor. Personne parmi les personnages rencontrés par Guybrush, ne sait ce dont il s'agit réellement.

Les seuls à avoir dessiné une carte de l'île où repose le trésor sont le Capitaine Marley (grand-père d'Elaine Marley), Rapp l'Oignon, Rhum Rogers et Lindy, le mousse, membres d'un même équipage. Ceux-ci divisèrent la carte en quatre parties et firent tout pour éviter qu'on ne la retrouve. Les rumeurs disaient que le trésor se trouvait sur une certaine "île d'Inky", qui n'existe pas. Il se trouve en réalité sur l'île Dinky (île des mignons), qui offre un passage vers un réseau souterrain bien mystérieux, qui permet notamment via un ascenseur de rejoindre la ville de Mêlée.

  • Si l'on s'en tient exclusivement à l'Histoire de Monkey Island 2, le Big Whoop est, dans la version originale, un ticket E de parc d'attraction (dans la version française, il s'agit d'un simple "ticket de transport", ce qui crée une difficulté de compréhension). Dans cette hypothèse, le trésor de Big Whoop reste un "trésor", au sens figuré. Big Whoop n'est que le nom du parc d'attractions dans lequel deux enfants fantasment leurs aventures.
  • Si l'on considère les quatre épisodes, c'est LeChuck lui-même qui révèle ce qu'est le Big Whoop, durant la scène d'interrogatoire du chapitre V de l'opus 3 ("Le baiser du Singe-Araignée") : le trésor n'est autre que l'entrée de l'enfer de la tête de singe géante. En effet, les souterrains ne sont qu'un passage entre l'île Dinky, l'île aux Singes et l'Île de Mêlée. Le capitaine Marley et ses hommes ont vu LeChuck au moment où il rentrait en enfer et fut changé en fantôme, ce qui explique leur volonté de garder ce secret préservé. Il fera par la suite de Big Whoop un parc d'attraction attirant ainsi les pirates vers une mort certaine, lui permettant de grossir les rangs de son armée démoniaque. C'est dans ce parc que LeChuck entraînera Guybrush à la fin de Monkey Island 2 et le fera prisonnier quelque temps avant que celui-ci ne parvienne à s'enfuir miraculeusement. À noter que, dans cette interprétation, Big Whoop ne peut pas être le "secret de l'île aux singes" : Guybrush a déjà eu l'occasion dans The Secret of Monkey Island de visiter l'entrée des enfers, et LeChuck ne pourrait pas affirmer "ignorer le secret de l'Île aux Singes" durant l'interrogatoire de l'opus 3.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ron Gilbert, « La fin de Monkey Island II », sur twitter.com,‎ 29 mai 2009
  2. pour fabriquer la poupée, Guybrush doit récupérer de la victime « Quelque chose de ses ancêtres, Quelque chose de son corps, Quelque chose de sa tête, Quelque chose de ses vêtements »