Mohammed Rachid Rida

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Mohammed Rachid Rida ou Muhammad Rachīd ibn 'Alī Ridā ibn Muhammad Chams ad-Dīn ibn Muhammad Bahā' ad-Dīn ibn Munlā 'alī Khalīfa (arabe: محمد رشيد بن علي رضى بن محمد شمس الدين بن محمد بهاء الدين بن منلى علي خليفة) (né le 23 septembre 1865 à Tripoli en Syrie ottomane[1], dans l'actuel Liban, mort au Caire en 1935) était un intellectuel syrien de la tradition islamique réformiste - salafi -, issus de Jamal Al Dîn Al Afghani (penseur et philosophe afghan) et de Mohammed Abduh (penseur égyptien). Comme ses prédécesseurs il s'est concentré sur la relative faiblesse des sociétés musulmanes vis-à-vis des sociétés occidentales et s'est interrogé sur le colonialisme. Il dénonçait les excès des soufis, la stagnation des oulémas et le retard des sociétés musulmanes sur les sciences et les technologies.

Rida est né à Tripoli au Liban, d'une famille se réclamant descendant du prophète de l'islam Mahomet. C'est dans cette ville qu'il fait ses études et eut pour maître Husayn al-Jisr. Après de vive critique contre le gouvernement ottoman, il est forcé en 1897, de s'exiler pour l'Égypte.

C'est en Égypte qu'il fonde en 1899, la revue Al-Manâr (le phare), un journal mensuel qui a pris le relais de l'Anse solide d'Afghani. C'est dans cette revue qu'il entreprend de poursuivre l'œuvre d'Abduh. Il dirige Al-Manâr pendant plus de quarante ans, il y émet des fatwas, et enrichit un commentaire du Coran rédigé par Abduh. Il est proche du hanbalisme dont Henri Laoust a bien montré l'influence qu'il a exercé sur le mouvement du salafisme.

Après la révolution Jeunes-Turcs de 1908, il devient un fervent supporter du nationalisme arabo-islamique dont Kawakibi avait jeté les bases. Il s'attache à relier l'identité arabe à l'identité musulmane, et à rapprocher les points de vue des nationalistes arabes et des réformistes musulmans.

Il associe dès 1916, le panarabisme au réformisme islamique. Après avoir soutenu les mouvements arabes pendant l'épopée Jeunes-Turcs, il s'oppose aux visées françaises sur la Syrie et participe au Congrès syrien de 1919 et en devient rapidement président. Il souhaitait voir émerger une nation arabe islamique, avec le retour du califat du fait de la « trahison turque de l'islam ». Il affirme que le seul modèle islamique pur est le modèle islamique arabe, et se déclare partisan d'un contre-califat arabe.

Après l'abolition du califat par Atatürk en 1924, Rida insiste alors sur le caractère arabe de la fonction du califat. Il partageait avec Kawakibi la certitude de la supériorité religieuse des arabes sur les autres peuples de la communauté islamique, et était persuadé que la renaissance musulmane (Nahda) passera par les arabes. Après la prise de La Mecque par les Saoud, il devient le défenseur de cette monarchie qui a instauré un nouvel État islamique dans lequel il voit un facteur d'espoir pour le monde musulman.

Après sa mort en 1935, la confrérie des frères musulmans éditera une revue portant le même titre que celle de Rida, Al-Manâr, sans que celle-ci présente une parenté idéologique[réf. nécessaire].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire historique de l'islam, Janine Sourdel, Dominique Sourdel, édition Quadrige.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ali Aouattah, "Pensée et idéologie arabes. Figures, courants et thèmes au XXe siècle", Comprendre le Moyen-Orient, Editions L'Harmattan, 2011, p. 26.