Mikhaïl Loris-Melikov

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Mikhaïl Loris-Melikov. Portrait par Ivan Aïvazovski (1888).

Le comte Mikhaïl Tarielovitch Loris-Melikov (en arménien : կոմս Միքայել Տարիելի Լորիս-Մելիքով ; en russe : граф Михаил Тариелович Лорис-Меликов) est un homme d'État et un militaire russe, né le 1er janvier 1825[1] à Tiflis, aujourd'hui Tbilissi (Géorgie), et décédé le 22 décembre 1888 à Nice (France).

Homme politique et militaire russe, il fut gouverneur de Kharkov (1877), ministre de l'Intérieur de 1880 à 1881.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un marchand arménien, Mikhaïl Loris-Melikov suivit ses études à Saint-Pétersbourg, d'abord à l'Institut Lazarev des langues orientales, puis à l'institut des Cadets de la Garde. Il entra ensuite dans un régiment de hussards et fut envoyé dans le Caucase quatre ans plus tard (1847). Il y resta plus de vingt ans, y gagnant, pendant une époque troublée, la réputation d'un officier de cavalerie distingué et d'un administrateur capable. Il dirigea ainsi l'oblast du Terek de 1865 à 1875. Bien que militaire dans l'âme, il cherchait toujours à préparer les populations belliqueuses et turbulentes dont il avait la charge à la transition vers une administration civile normale. Dans cette tâche, son arme favorite était le maître d'école.

Pendant la guerre russo-turque de 1877-1878, il commanda un « corps d'armée » sur la frontière avec l'Empire ottoman. Après la prise de la forteresse d'Ardahan, il fut repoussé par Moukhtar Pacha à Zevin, mais réussit finalement à vaincre son adversaire à Aladji, prit d'assaut Kars et assiégea Erzeroum. Pour ces services, il reçut le titre de comte. Il fut récompensé par l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges de deuxième classe, le 27 octobre 1877, pour son commandement à Aladji.

L'année suivante, Loris-Melikov devint temporairement gouverneur général de la région de la Basse-Volga pour lutter contre une épidémie de peste. Les mesures prises s'avérèrent si efficaces qu'il fut transféré en Russie centrale pour combattre les nihilistes et les anarchistes, qui avaient adopté une politique de terrorisme et avait réussi à assassiner le gouverneur de Kharkov.

Ses succès dans cette lutte conduisirent à sa nomination comme chef de la Commission exécutive suprême — créée à Saint-Pétersbourg après la tentative d'assassinat du tsar en février 1880 — pour faire face à l'agitation révolutionnaire. Comme dans le Caucase, il resta résolument attaché à l'emploi des méthodes ordinaires plutôt que de mesures exceptionnelles extra-judiciaires.

Une tentative d'attentat sur sa vie le 20 février 1880, peu après sa prise de fonction, ne remit pas en cause ses convictions[2]. A son avis, la meilleure politique consistait à s'attaquer à la racine du mal, en supprimant les causes de mécontentement populaire et, à cette fin, il recommanda au tsar Alexandre II un vaste programme de réformes administratives et économiques. Le tsar, qui commençait à douter de l'efficacité des méthodes de répression policière employées jusque-là, prêta l'oreille à la suggestion et lorsque la Haute Commission fut dissoute, 6 août 1880, il nomma le comte Loris-Melikov ministre de l'Intérieur, avec des pouvoirs exceptionnels.

Le programme de réformes proposé fut immédiatement mis en chantier, mais jamais mené à son terme. Le 13 mars 1881, l'empereur signa un oukase créant plusieurs commissions, composées de fonctionnaires et d'éminentes personnalités privées, qui devaient préparer les réformes dans divers secteurs. Or, le jour-même il fut assassiné par des conspirateurs nihilistes.

Son successeur, Alexandre III, adopta aussitôt une politique réactionnaire qui débuta avec la publication du Manifeste du 29 avril 1881. Le comte Loris-Melikov ne démissionna pas immédiatement, mais le nouvel empereur commença à annuler certaines réformes que son père, Alexandre II, avait promulguées. Le comte Loris-Melikov démissionna quelques mois plus tard (4 mai 1881) et vécut retiré de la vie publique jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Nice, le 22 décembre 1888.

Le 4 mai 1881, le comte Nicolas Ignatiev lui succéda au ministère de l'Intérieur.

Décorations[modifier | modifier le code]

Ordre de Saint-André Ordre de Saint-André
Ordre de St-Georges IIe classe Ordre de Saint-Georges
Ordre de Saint-Vladimir Ie classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Saint Alexandre Nevski Ordre de Saint-Alexandre Nevski
Ordre de l'aigle blanc Ordre de l’Aigle Blanc
Ordre de Sainte-Anne Ie classe Ordre de Sainte-Anne
Ordre de Saint-Stanislas Ie classe Ordre de Saint-Stanislas

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Troyat, Alexandre III le tsar des neiges, Paris, Grasset, 2004

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa date de naissance paraît incertaine. Une autre source indique le 19 octobre 1824.
  2. Il parvient à ceinturer son agresseur qui avait tiré sur lui et à le livrer aux gendarmes. "Cet acte de courage fit plus pour sa réputation d'homme à poigne que toutes les déclarations à la presse ", in Henri Troyat, op cité p. 53
Précédé par Mikhaïl Loris-Melikov Suivi par
Lev Savvitch Makov
Ministre de l'Intérieur de Russie
1880–1881
Nikolaï Pavlovitch Ignatiev