Masdar

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Masdar
مصدر
Masdar City
Administration
Pays Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Émirat Drapeau d'Abou Dabi Abou Dabi
Géographie
Coordonnées 24° 25′ 45″ N 54° 37′ 06″ E / 24.429167, 54.61833324° 25′ 45″ Nord 54° 37′ 06″ Est / 24.429167, 54.618333  
Superficie 600 ha = 6 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Émirats arabes unis

Voir sur la carte Émirats arabes unis administrative
City locator 13.svg
Masdar
Liens
Site web www.masdarcity.ae

Masdar est une future ville nouvelle et écoville de l’émirat d’Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. Elle est en construction depuis février 2008.

Cette ville sera située à proximité de l’aéroport international de l’émirat et pourra accueillir jusqu’à 50 000 habitants et 1 500 entreprises.

Masdar City ne verrait le jour qu’en 2020[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Masdar tire son nom de l'arabe : مصدر maṣdar, qui signifie « source[2] ».

Initiée par Sultan Ahmed Al Jaber (en) et la famille régnante d’Abu Dhabi, cette ville est une ville nouvelle et a été dessinée par le cabinet britannique de design et d’architecture Foster and Partners dirigé par Norman Foster. Masdar sera une ville écologique modèle, la première ville au monde à être construite pour une vie « zéro carbone et zéro déchets[3] ».

Le projet Masdar a été annoncé en avril 2006 par le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane[2] ; il devrait être finalisé en une dizaine d'années et devrait compter 50 000 habitants en 2020[4]. Des quartiers formeront des îlots urbains se voulant de "haute qualité et performances environnementales et énergétiques", la ville devant même devenir à énergie positive [5],[6], ce pourquoi elle est aussi connectée au réseau électrique national (ce qui permet aussi un secours électrique en cas de besoin). L'économie circulaire est mise en avant à tous les niveaux, hormis lors de l'apport initial de certaines ressources (eau, ciment, acier...).

Le 27 août 2009, c'est l'agence d'architecture LAVA (Laboratory for Visionary Architecture) qui remporte le concours d'aménagement du centre ville de Masdar.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le projet est structuré en 5 entités[7] :

Masdar City[modifier | modifier le code]

C'est l'entité qui assura la gestion de la ville nouvelle.

Masdar Power[modifier | modifier le code]

C'est l'entité qui va construire et exploiter les systèmes de production d’électricité renouvelable, à partir de modules photovoltaïques, de solaire à concentration thermique, d'éolien terrestre et marin, avec un objectif de démonstration et d'export international de savoirs et savoir-faire [5],[6]. Masdar Power cherche à investir dans le solaire par concentration en Espagne, dans les panneaux solaires en films minces en Allemagne et est déjà impliqué dans l'estuaire de la Tamise (avec les sociétés Dong et E.On pour créer une ferme éolienne, peut être l'une des plus grandes au monde[5]).

Masdar Carbon[modifier | modifier le code]

Cette entité est déjà active dans le domaine des mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanisms) afin de réduire le torchage de gaz (gas flaring), les pertes et fuites et favoriser la co ou tri-génération. A Masdar, elle sera centrée sur la réduction des émissions de CO2. Ses moyens seront l'efficience énergétique, l'efficacité énergétique, la capture et séquestration de carbone (CCS, que Masdar Carbone teste déjà à Abu Dhabi, comme elle teste aussi le transport du carbone par oléoduc pour réinjection dans les puits de pétrole et de gaz, avec l'industrie lourde dont avec Abu Dhabi Company for Onshore Oil Operation (ADCO)) [5].

Masdar Capital[modifier | modifier le code]

C'est l'instrument financier du projet, organisé en deux fonds, l'un étant fermé, et l'autre ouvert à des partenaires internationaux, avec des participations par exemple de la Deutsche Bank AG, du Crédit suisse, de la Japan bank for international cooperation, de Japan oil development Co ou encore de Siemens and GE[5].

Masdar Capital rassemble les capitaux et les participations concernant les technologies urbaines écologiques et énergétiques du futur (dessalinisation et gestion économie de l’eau, gestion écologique des déchets, matériaux avancés, production, transport et stockage des énergies renouvelables, Smart grids), services énergétiques et services écologiques[5].

Masdar Institute[modifier | modifier le code]

Son projet et programme de recherche cible l'ingénierie et de la gestion des systèmes complexes.

Il a été constitué avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT), pour 600 à 800 étudiants en Master et Doctorat (PhD) formés par environ 200 enseignants [5],[6].

Les six premiers bâtiments construits dans le désert, cœur et base intellectuelle de la future ville ont été ceux du Masdar Institute ; ils abritent des lieux de vie (logements pour étudiants et professeurs, restaurants, commerces) ainsi que des lieux d'enseignement et de recherche laboratoires, bibliothèque, salles de cours) ont été les premiers réalisés) [6]. En 2013, les 5 entités sont lancées, mais ont été ralenties par la crise de 2008. Le quartier général de Siemens-Moyen-Orient y est prévu [5].

Développement durable[modifier | modifier le code]

L'approche bioclimatique a impliqué que la ville soit conçue de manière compacte, et en partie souterraine. Les ruelles seront étroites, orientées dans le sens du vent dominant et donc fraîches [6].

Les façades dans chacune des quatre directions sont adaptées à leur orientation, laissent passer la lumière mais pas la chaleur, et même, les portions de façades qui ne reçoivent jamais de lumière sont simplement vitrées [6].

Le plan général est de type traditionnel, carré et entourée de murs destinés à la protéger des vents chauds du désert. Mais en même temps, dans certaines directions, les bâtiments sont surélevés de quelques mètres pour laisser passer le vent à raz du sol et ainsi raffraichir [6].

Transports propres, sobres et sûrs : à haute efficience énergétique et sans émissions de gaz à effet de serre. Les moyens de transports doux comme la marche à pied et le vélo seront largement privilégiés, et pour les plus longues distances un tramway 100 % écologique est prévu.
Plus précisément, les transports en commun et individuels (automobile notamment) sont remplacés par un système de transports rapides personnels (PRT en anglais). Le réseau est doté sous la surface du sol d'une multitude de monorails qui s'entrecroisent et guident les véhicules. Des cabines de taille moyenne (1 à 10 personnes) pourront être appelées sur pression d'un bouton en station, et choisiront en fonction du trafic et des trajets possibles le plus court chemin.
Par sécurité, ces véhicules qui roulent à 40 km/h surveillent constamment leur voisinage et s'arrêtent automatiquement à quelques mètres des personnes ou des obstacles [6].
Ce système de transport nouvelle génération sera multi-fonction : il transportera les passagers, assurera le fret en ville et l'évacuation des déchets[8].

Recyclage : il sera également en pointe dans cette ville nouvelle, avec notamment pour objectif de réduire la consommation d'eau de mer dessalée de 80 % (source de consommation d'énergie et productrice de saumure polluante).

Les eaux usées seront utilisées pour l'irrigation des cultures destinées à l'alimentation et à la production de biocarburants.

Energies propres, sûres et renouvelables : L'énergie solaire sera exploitée au maximum pour approvisionner la ville en énergie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle cité, d'un coût de 15 milliards de dollars planifiée par le gouvernement de l’émirat, s’étendra sur 6,5 km2 dans le désert, à proximité de l'aéroport international à environ 30 km à l'est de la capitale d'Abou Dhabi.

Population[modifier | modifier le code]

Masdar pourra accueillir jusqu’à 50 000 habitants en 2020.

Économie[modifier | modifier le code]

Masdar pourra accueillir 1 500 entreprises et 90 000 travailleurs en 2020, et sera également le siège d'une université spécialisée dans les énergies renouvelables.

Transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Personal rapid transit de Masdar.

Masdar sera équipée d'un nouveau mode de transport : le Personal Rapid Transit (PRT). Deux versions circuleront, une pour les passagers et l'autre pour les marchandises. Ce seront les seuls véhicules motorisés autorisés à circuler dans la ville.

Ville écologique[modifier | modifier le code]

L'objectif écologique principal consiste à valoriser les énergies renouvelables pour atteindre un niveau zéro d'émission de gaz carbonique.

L’électricité sera générée par des panneaux photovoltaïques et la climatisation grâce à l’énergie solaire. ; La centrale solaire de 22 hectares, construite à proximité devrait produire jusqu’à 100 mégawatts dans un premier temps et pourrait ensuite passer à 500 mégawatts.

Une usine de désalinisation fonctionnant également à l’énergie solaire approvisionnera Masdar en eau potable, et les espaces paysagers de la cité seront arrosés par les eaux usées traitées.

Masdar est une « ville sans voiture » ; des tramways et des systèmes de transports automatisés avec des arrêts tous les 200 mètres permettront aux habitants de se déplacer dans la ville.

En 2009, une partie de l'énergie provient de bruleurs thermiques pour permettre un appoint et un secours [6].

Ville laboratoire du futur[modifier | modifier le code]

Le Sultan Ahmed Al Jaber, directeur général du projet, désire que cette ville devienne une vitrine des énergies propres.

Lors d'un sommet sur les énergies nouvelles et renouvelables qui se tenait à Abou Dabi fin janvier 2008, il a présenté la maquette de Masdar City, conçue par le cabinet d’architectes Foster and Partners.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a exprimé son soutien au projet.

L'après-pétrole[modifier | modifier le code]

À l'instar d'autres grandes puissances pétrolières, Abou Dabi essaye de réduire sa dépendance au pétrole et au gaz, car ses réserves seront épuisées d'ici environ 150 ans [6].

Critiques[modifier | modifier le code]

Certains sceptiques pensent que la ville ne sera rien de plus qu'un symbole pour Abou Dhabi et qu'il ne s'agisse au final que du développement de quartiers luxueux pour les privilégiés[9]. Nicolai Ouroussoff (en) qualifie Masdar de la gated community ultime, "la cristallisation d'un phénomène global de plus : la division grandissante du monde en enclaves de technologie et de ghettos informes où des questions comme la durabilité n'ont que peu de pertinence"[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Retard pour la ville écolo des Emirats  » sur lavieimmo.com, 28 janvier 2010
  2. a et b « « The Masdar Initiative » » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  3. Zero Carbon; Zero Waste in Abu Dhabi. Foster + Partners is building an eco-friendly oasis in the desert. Article de Dianna Dilworth, publié le 1er août 2007 sur http://www.businessweek.com. En ligne, page consultée le 21 janvier 2008.
  4. Abu Dhabi lance un projet de ville écologique modèle en plein désert. Le Monde le 21.01.2008. En ligne, page consultée le 21 janvier 2008.
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Jean-Marie Chevalier (Professeur à Paris-Dauphine) Masdar, un exemple concret de ville intelligente
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Construire le futur 3/4 Masdar, une ville écologique, Jacqueline Farmer, Bertrand Loyer, documentaire ARTE / Discovery Planet, 2009.
  7. Masdar, un exemple concret de ville intelligente
  8. http://technologies-propres.blogspot.com/2009/02/abu-dhabi-ou-la-cite-des-transports-du.html
  9. (en) « Work starts on Gulf 'green city' », BBC News,‎ 10 February 2008 (lire en ligne)
  10. (en) Nicholai Ouroussoff, « In Arabian Desert, a Sustainable City Rises », The New York Times,‎ 25 September 2010 (lire en ligne)


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]