Maria Goretti

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Sainte Maria Goretti
Image illustrative de l'article Maria Goretti
Sainte Maria Goretti (peinture de 1929)
Laïc, enfant et martyr
Naissance
Corinaldo (Italie)
Décès   (à 11 ans)
Nettuno (Italie)
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Béatification  Rome
par Pie XII
Canonisation  Rome
par Pie XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 6 juillet

Sainte Maria Goretti ( - ) est une vierge martyre catholique.

Église St. Martin à Visé (Belgique)

Une famille dans la misère[modifier | modifier le code]

La région des Marches où vécut la jeune Maria Goretti

Maria Goretti - dite "Marietta" - est née le à Corinaldo, dans la région des Marches italiennes dont la capitale est le port d'Ancône sur la Mer Adriatique d'une famille très pauvre mais pieuse.

En 1899, le petit lopin de terre que sa famille cultive ne suffisant plus à les nourrir, les Goretti sont contraints de déménager à Le Ferriere di Conca dans le diocèse d'Albano (Italie).

La famille vit dans un minuscule logement qu'elle partage avec Giovanelli Serenelli, un veuf qui a un fils de 17 ans, Alessandro.

Peu de temps après, Maria qui a dix ans, perd son père, emporté par la malaria.

Étant l'aînée, c'est elle qui doit s'occuper de ses frères et sœurs, de la cuisine, du ménage…

Très sérieuse et extrêmement pieuse, elle est préparée à sa première communion par les pères passionnistes de Nettuno. Les gens du village se cotisent pour lui offrir la robe de première communion que sa mère serait bien en peine de pouvoir lui payer.

D'ailleurs, sa mère Assunta et son frère Angelo (neuf ans) travaillent aux champs toute la journée. Le propriétaire leur a fait signer à eux (comme à ses autres employés illettrés) un contrat d'embauche qui les désavantage.

Un atroce fait divers[modifier | modifier le code]

À l'âge de onze ans, Maria Goretti est déjà jolie. Précoce, elle fait aussi plus que son âge, d'où son surnom de « petite femme ».

Le jeune Alessandro Serenelli, vingt ans, profitant du fait qu'elle est souvent seule, se met à la poursuivre de ses assiduités. La jeune fille, n'osant en parler à sa mère, se réfugie dans la prière, son seul recours, tout en prenant garde à ne jamais rester seule avec le jeune homme.

Cependant, le 5 juillet 1902, vers quinze heures, alors qu'elle reprise une chemise sur le palier de l'escalier, seule avec sa petite sœur Teresa qui fait la sieste sur une couverture, le reste de la famille étant non loin de là occupé à broyer le grain, Alessandro arrive et entraîne de force la jeune fille, à l'intérieur, dans la grande cuisine. Cette dernière se débat en s'exclamant :

« Alessandro, Dieu ne veut pas ces choses là ! Si tu fais cela tu iras en enfer ! ».

Vexé et fou de rage de ne pas parvenir à vaincre la résistance de Marietta, il l'attaque avec un poinçon de vingt-sept centimètres de long, à quatorze reprises.

Marietta est transportée à l'hôpital Orsenigo de Nettuno où elle meurt le lendemain, après avoir reçu la Communion pour la dernière fois. Avant de lui donner la Sainte hostie, le prêtre lui demande si elle pardonne à son agresseur. Elle répond :

« Oui, pour l'amour de Jésus, je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai déjà pardonné ».

Elle meurt le 6 juillet 1902 à quinze heures quarante-cinq.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Alessandro Serenelli fut condamné à une peine de trente ans de prison.

Après huit années d'incarcération, une nuit de 1910, il rêva que Maria lui offrait des lys qui se transformaient en lumières scintillantes. Ce rêve lui fit réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit.

Il fut libéré en 1929, après vingt-sept années de détention.

Dans la nuit de Noël 1934, il alla jusqu'à Corinaldo, où était retournée la mère de Marietta, Assunta Goretti, qui à cette époque était au service du curé, et la supplia de lui pardonner. Elle accepta en disant :

« Dieu vous a pardonné, ma Marietta vous a pardonné, moi aussi je vous pardonne. »

Tous deux assistèrent à la messe ensemble le lendemain, recevant la Sainte Communion, l'un à côté de l'autre, sous le regard très étonné des paroissiens.

C'est ensemble également qu'ils assistèrent le 27 avril 1947 aux cérémonies de la béatification et à celles de la canonisation de Marietta le 24 juin 1950, par le Pape Pie XII qui la déclara sainte martyre de l'Église catholique romaine.

Ce fut la première fois qu'une mère assistait à la canonisation de sa fille.

Alessandro Serenelli, devenu membre du Tiers-Ordre franciscain, travaillait depuis 1936 en tant que jardinier du Couvent des Pères Capucins d'Ascoli Piceno. Il mourut au Couvent de Macerata, le 6 mai 1970, à l'âge de 87 ans, après avoir rédigé un testament des plus édifiants.

La Dulie[modifier | modifier le code]

  • Sainte Maria Goretti est fêtée le 6 juillet.
  • Sa dépouille repose dans la crypte du Sanctuaire Notre-Dame-des-Grâces de Nettuno, au sud de Rome. Dans la châsse, se trouve une statue en cire, œuvre du sculpteur Volterrano Volterrani, contenant les principales parties de son squelette recomposé: le crâne, la colonne vertébrale, les membres supérieurs et inférieurs, à l’exception de l’ulna ou petit os du bras droit, qui fut donné à la mère de la Sainte, pour l’emporter à Corinaldo, son village natal, où il est exposé dans un reliquaire au Sanctuaire Sainte-Maria-Goretti. Les phalanges et les côtes ont servi pour la préparation des reliques à exposer à la vénération des fidèles.

Sources[modifier | modifier le code]

  • L'Osservatore Romano, 1991, n.41 p.9.
  • Assunta Goretti, Giovanni Alberti, Ed. La Stella del mare, 2007, p. 274.

Films[modifier | modifier le code]

  • La Fille des marais (Cielo sulla palude), 1949, de Augusto Genina, avec Ines Orsini, dans le rôle de Maria Goretti. Prix de la Présidence du Conseil des Ministres pour le meilleur film italien. Prix international de la mise en scène. Prix international de l'Office Catholique International du Cinéma, à la Xe exposition Internationale d'Art Cinématographique de Venise, 1949. Histoire vraie racontée d'après les archives du Tribunal de Rome et les documents qui ont servi à établir l'acte de béatification de Maria Goretti. Adaptation cinématographique du roman traduit par André Maugé.
  • Maria Goretti, 2003, de Giulio Base, avec Martina Pinto, dans le rôle de Maria Goretti, Massimo Bonetti, Luisa Ranieri, Flavio Insinna, Claudia Koll. Ce film italien a été traduit en espagnol et en anglais; visible ici

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La loi de l'État de Pennsylvanie qui dispose qu'une victime de viol doit prouver s'être défendue physiquement pour que son agresseur soit poursuivi s'appelle officieusement « loi St. Maria Goretti »[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Better Dead than R(ap)ed?: The Patriarchal Rhetoric Driving Capital Rape Statutes

Liens externes[modifier | modifier le code]