Alessandro Serenelli

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Alessandro Serenelli (Paterno d'Ancona, - Macerata, ) est l'homme qui, en 1902, a tué la jeune Maria Goretti âgée de douze ans, proclamée plus tard sainte par l'Église catholique.

Enfance[modifier | modifier le code]

Alessandro Serenelli naquit dans une humble famille paysanne chargée de huit enfants. Après quelques années la famille, qui s'était installée à Paliano, dans le Latium, fit la connaissance de la famille Goretti avec laquelle elle établit de bonnes relations de collaboration et de voisinage.

La jeune Marie[modifier | modifier le code]

Alors qu'il fréquentait la famille Goretti, dans les années 1900-1902, Alessandro tomba amoureux de la fillette et chercha à avoir avec elle un rapport sexuel.

Dans une déposition qu'il fit[1], on peut retrouver cette phrase où il explique ce qui se passa en lui :

« Après la deuxième tentative il se forma dans mon esprit plus fortement que jamais l'intention de réussir à soulager ma passion et je conçus aussi l'idée de la tuer si elle continuait à s'opposer à mes désirs. »

Le meurtre[modifier | modifier le code]

Le , Alexandre entraina chez lui Marie - occupée à raccommoder des vêtements - et tenta une dernière fois de la violer. Face à résistance désespérée de l'enfant, il la frappa plusieurs fois avec une alène, provoquant les des blessures qui amenèrent sa mort par septicémie à l'hôpital de Nettuno dans l'après-midi du lendemain. Après l'agression, Serenelli abandonna Marie agonisante et il s’enferma dans sa chambre, dont il sortit spontanément à l'arrivée de quelques voisins à qui il remit l'arme du crime, une alène de bois.

Quelques heures plus tard, après avoir échappé à des tentatives de lynchage de la part des habitants de l’endroit, il fut arrêté par les carabiniers auxquels, après avoir reconnu qu’il avait perdu le contrôle de lui-même, il avoua presque immédiatement qu’il avait assailli et tué Marie à la suite de sa résistance désespérée au cours de la énième tentative de la violer, et il assura qu’il préférait la prison aux conditions de vie inhumaines des champs. Dans une maladroite tentative de défense, le jeune homme affirma en outre que ses parents étaient tous les deux alcooliques et que la mère et quelques-uns de ses frères étaient hospitalisés dans un asile. On a émis l'hypothèse que Serenelli était en réalité impuissant. Le fait qu'il avait préparé l'arme et avait attiré la victime chez lui sous prétexte de se faire raccommoder des vêtements montra que, de toute façon, que le crime avait été prémédité.

L’expertise psychiatrique effectuée pendant le procès le trouva capable de consentement et de volonté mais elle reconnut que les conditions de vie absolument misérables du jeune homme, et les cas répétés de folie et d'alcoolisme dans sa famille atténuaient dans une certaine mesure sa responsabilité.

Condamnation et rédemption[modifier | modifier le code]

À l'issue du procès, Serenelli fut condamné à 30 ans de prison : il évita la perpétuité parce que, selon la législation de l'époque, il n'était alors pas encore majeur. Après trois ans de prison, beaucoup de souffrances et de troubles mentaux qui l'avaient rendu violent, une nuit il eut un rêve qui changea sa vie dans la prison, selon son propre témoignage :

« Je me voyais dans un jardin plein de lys blancs. Je vis apparaitre Marieta, belle et vêtue de blanc, qui commença à cueillir des lis et à les déposer dans mes bras, souriant comme un ange, jusqu'à ce que mes bras fussent chargés. Bientôt, cependant, je me rendis compte que les lis que je tenais se transformaient en torches. Marieta me sourit de nouveau et disparut. Je me réveillai en sursaut, et je me dis : maintenant je suis sauvé parce que j'ai la certitude que Marieta est venue me voir et m'a accordé son pardon. À partir de ce ce jour, je ne me sentis plus l'horreur d'auparavant dans ma vie. »

Il sortit de prison en 1929, après un enfermement de 27 ans. Un an de remise lui avait en effet été accordé du fait de la grâce qu'avaient reçue tous les détenus après la victoire italienne dans la Première Guerre mondiale, et on lui fit grâce de deux années supplémentaires pour bonne conduite. Huit ans après avoir retrouvé la liberté, il décida d'entrer dans l'Ordre des Frères mineurs capucins et fut accueilli au monastère d'Ascoli Piceno, dans la commune de Macerata, et il commença à effectuer entre autres des travaux de jardinage. Alessandro n'était pas exactement un moine, mais il vécut parmi eux jusqu'à la fin de sa vie. Le choix de passer le reste de sa vie dans un couvent lui fut dicté non seulement par les difficultés qu'il avait rencontrées pour retourner à un monde qui le jugeait pour ce qu'il avait fait, mais aussi par le désir d'achever de se racheter par la repentance.

Alessandro demanda aussi publiquement pardon à Assunta, la mère de Marieta, en se mettant à genoux devant elle, le 25 décembre 1934: «Pardonnez-moi Assunta". Et elle répondit : « Si elle (Marietta) t'a pardonné, si Dieu t'a pardonné, alors je te pardonne moi aussi. »[2] Il sortit de prison en 1929, après un enfermement de 27 ans. Un an de remise lui avait en effet été accordé du fait de la grâce qu'avaient reçue tous les détenus après la victoire italienne dans la Première Guerre mondiale, et on lui fit grâce de deux années supplémentaires pour bonne conduite.

Une vie retirée[modifier | modifier le code]

Par la suite il se retira au couvent de Macerata où il passa le reste de sa vie au service des moines. Il y mourut le 6 mai 1970, à l'âge de 88 ans, en laissant le testament suivant:

« Je suis âgé de presque 80 ans, et ma journée va bientôt se terminer. Si je jette un regard sur mon passé, je reconnais que dans ma première jeunesse j'ai pris un mauvais chemin : celui du mal qui m'a conduit à la ruine ; j'ai été influencé par la presse, les spectacles et les mauvais exemples que la plupart des jeunes suivent sans réfléchir, mais je ne m'en souciais pas. J'avais auprès de moi des personnes croyantes et pratiquantes, mais je ne faisais pas attention à elles, aveuglé par une force brutale qui me poussait sur une route mauvaise. À vingt ans j'ai commis un crime passionnel, dont le seul souvenir me fait encore frémir aujourd'hui.
Marie Goretti, qui est aujourd'hui une sainte, a été le bon ange que la Providence avait mis devant mes pas. Dans mon cœur j'ai encore l'impression de ses paroles de reproche et de pardon. Elle a prié pour moi, intercédé pour moi, son assassin.
Trente ans de prison ont suivi. Si je n'avais pas été mineur, j'aurais été condamné à vie. J'ai accepté la sentence méritée ; j'ai expié ma faute avec résignation. Marie a été vraiment ma lumière, ma Protectrice ; avec son aide j'ai acquis un bon comportement et j'ai cherché à vivre de façon honnête lorsque la société m'a accepté à nouveau parmi ses membres. Avec une charité séraphique, les fils de saint François, les frères mineurs capucins des Marches, m'ont accueilli parmi eux non comme un serviteur, mais comme un frère. C'est avec eux que je vis depuis 1936.
Et maintenant j'attends avec sérénité le moment où je serai admis à la vision de Dieu, où j'embrasserai de nouveau ceux qui me sont chers, où je serai près de mon ange gardien et de sa chère maman, Assunta.
Puissent ceux qui liront ma lettre en tirer l'heureuse leçon de fuir dès l'enfance le mal et de suivre le bien. Qu'ils pensent que la religion avec ses préceptes n'est pas une chose dont on puisse se passer, mais qu'elle est le vrai réconfort, la seule voie sûre dans toutes les circonstances, même les plus douloureuses de la vie.
Paix et bien !  »
(Alessandro Serenelli, testament autographe, 5 mai 1961)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Processum informativum, folio 160.
  2. (es) Giordano Bruno Guerri. Pobre Santa, Pobre Asesino: La Verdadera Historia de Maria Goretti. [S.l.]: Seix Barral, 1986. 251 p. ISBN 8432245690

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]