Calogrenant

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Calogrenant
Personnage de fiction apparaissant dans
la Légende arthurienne

Calogrenant vaincu par le chevalier gardien de la fontaine. Reproduction d'une miniature du manuscrit du Meraugis
Calogrenant vaincu par le chevalier gardien de la fontaine. Reproduction d'une miniature du manuscrit du Meraugis

Alias Cynon
Sexe Masculin
Espèce Humain
Activité(s) Chevalier de la Table Ronde
Ennemi(s) Lionel

Calogrenant est un chevalier de la Table Ronde, présent à la cour du roi Arthur dans la légende arthurienne. Il apparaît principalement au début du roman de Chrétien de Troyes Yvain ou le Chevalier au Lion, où il raconte une mésaventure honteuse qui lui est arrivée en forêt de Brocéliande. Selon le Lancelot-Graal, il est tué par Lionel, un autre chevalier d'Arthur.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En Anglais, il est parfois nommé Colgrevance, et en ancien Gallois, Cynon ap Clydno.

Description[modifier | modifier le code]

Dans Owain, neu Iarlles y Ffynnon[modifier | modifier le code]

Owain ou Cynon se protégeant de la tempête surnaturelle déclenchée par la fontaine. Gravure extraite de l'édition 1902 des Mabinogion par Owen Morgan Edwards
Article connexe : Owein.

Calogrenant apparaît sous le nom de Cynon dans le roman gallois Owain, neu Iarlles y Ffynnon (Owein, ou le conte de la Dame de la Fontaine), qui fait partie des Mabinogion. Cynon est connu par ailleurs dans la tradition galloise comme étant l'amant de la sœur d'Owain, Morvydd. C'est le fils de Clydno, éventuellement lié à Clyddno Eiddin[1].

Dans Yvain ou le Chevalier au lion[modifier | modifier le code]

Article connexe : Yvain ou le Chevalier au lion.

Bien qu'il semble n'être le personnage central d'aucun ouvrage, l'une de ses aventures est relatée dans les premiers chapitres du livre Yvain ou le Chevalier au Lion, écrit par Chrétien de Troyes[2]. Calogrenant y est décrit comme « Un chevaliers mout avenans » (« un chevalier très avenant »).

Lors d'une fête de la Pentecôte, Arthur rassemble sa cour à Carduel, au Pays de Galles. Il se retire avec Guenièvre dans sa chambre, devant laquelle discutent les chevaliers Dodinel, Sagremor, Yvain, Gauvain, Keu et Calogrenant. La reine sort et Calogrenant la salue le premier. Keu lance une pique et incite Calogrenant à poursuivre son récit devant Guenièvre[3]. Le chevalier tente d'éviter mais, face à l'insistance de la reine, il poursuit le récit de son aventure, qui s'est déroulée il y a plus de sept ans[4]

Parti en quête d'aventure, Calogrenant passe une nuit chez un vavasseur à l'orée de la forêt de Brocéliande, pour repartir le lendemain[5]. En chemin, il rencontre un vilain qui lui parle d'une fontaine merveilleuse[6]. Lorsqu'on verse de l'eau sur son perron, elle a le don de déclencher d'effroyables tempêtes[Note 1]. Il essaie, et se trouve aussitôt après attaqué par un chevalier, le gardien de la fontaine. Calogrenant perd le combat et rentre honteux[2]. Il est pourtant le premier à revenir vivant de cette épreuve.

Après ce repas de Pentecôte, Yvain son cousin germain part le venger. Il prend le même chemin que Calogrenant, se rend à la fontaine, déclenche la tempête et se bat avec le gardien. Mais cette fois, c'est Yvain qui gagne.

Autres récits[modifier | modifier le code]

Dans le Lancelot-Graal mettant en scène Bohort et Lionel, Calogrenant tente de s'interposer entre les deux frères. Lionel, voulant se venger d'une humiliation sur Bohort, tue Calogrenant[7]. Le personnage de Calogrenant apparaît également dans le roman Méraugis de Portlesguez de Raoul de Houdenc (XIIe siècle) et dans le Roman de Jaufré (XIIIe siècle).

Analyses[modifier | modifier le code]

Le narrateur s'implique beaucoup dans le récit de Calogrenant, notamment en réclamant l'attention des auditeurs[8] : Calogrenant est moins un chevalier de la Table Ronde qu'un narrateur contant aux autres chevaliers, devenus ses auditeurs[9]. Il insiste particulièrement sur le fait que son histoire n'est ni fable, ni songe, ni mensonge[10], sur la perte de son honneur, le fait que de cortois, il soit devenu vilain, et sur ce qu'il a vu et entendu, d'où l'abondance des mots vi et [11]. La confrontation lors de ce récit de calogrenant par les disputes entre ce dernier, Keu, la reine et Yvain, ajoute à la confusion[12]. Cette confusion ambiante se poursuit au sein même du récit puisque, dès son arrivée en forêt de Brocéliande, le chevalier Calogrenant est mystifié[13].

L'apparition de Calogrenant dans Yvain ou le Chevalier au Lion n'est qu'un prétexte permettant de valoriser les exploits d'Yvain : pour réussir là où un autre chevalier d'Arthur a échoué, il faut une trempe exceptionnelle[14],[15]. Le rôle de Calogrenant est, de ce fait, probablement basé sur une ironisation des exploits chevaleresque. Il se couvre de honte, ce qui est complètement à l'opposé du récit de chevalerie traditionnel[16].

Interprétations modernes[modifier | modifier le code]

Dans la série humoristique Kaamelott, Calogrenant, roi de Calédonie, est interprété par Stéphane Margot[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit certainement de la fontaine de Barenton.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Loomis, Arthurian Tradition and Chretien De Troyes, Columbia University Press, 1949
  2. a et b Brasey 2010, p. Entr. « Calogrenant »
  3. Chrétien de Troyes 2007, p. « Le récit de Calogrenant » p. 1
  4. Chrétien de Troyes 2007, p. « Le récit de Calogrenant » p. 2
  5. Chrétien de Troyes 2007, p. « Le récit de Calogrenant » p. 3
  6. Chrétien de Troyes 2007, p. « Le récit de Calogrenant » p. 4
  7. (en) Norris J. Lacy, Lancelot-Grail: The quest for the Holy Grail, Boydell & Brewer Ltd, 2010, (ISBN 1843842378 et 9781843842378), p. 119
  8. Grimbert 1988, p. 13
  9. Grimbert 1988, p. 19
  10. Grimbert 1988, p. 24
  11. Grimbert 1988, p. 25
  12. Grimbert 1988, p. 26
  13. Grimbert 1988, p. 11
  14. Dubuis 1995, p. 18
  15. Grimbert 1988, p. 31
  16. Grimbert 1988, p. 30
  17. Christian Bosseno, Télévision française La saison 2011: Une analyse des programmes du 1er septembre 2009 au 31 août 2010, éditions L'Harmattan, 2011, (ISBN 2296463959 et 9782296463950), p. 114

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Dubuis, « Du bon usage du « double » et du « dédoublement » dans Le chevalier au lion de Chrétien de Troyes », dans Doubles et dédoublement en littérature, vol. 6 de Les colloques franco-polonais, Université de Saint-Etienne,‎ 1995, 252 p. (ISBN 2862720844 et 9782862720845)
  • Joan Tasker Grimbert, Yvain dans le miroir: Une poétique de la reflexion dans le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes, vol. 25 de Purdue University Monographs in Romance Languages, John Benjamins Publishing Company,‎ 1988, 226 p. (ISBN 9027278660 et 9789027278661)
  • Chrétien de Troyes, « Le récit de Calogrenant », dans Yvain ou le Chevalier au lion, Larousse, coll. « Petits Classiques Larousse »,‎ 2007, 142 p. (ISBN 2035866715 et 9782035866714)
  • Édouard Brasey, « Calogrenant », dans L'encyclopédie des héros du merveilleux, Le pré aux clercs,‎ 2010, 154 p. (ISBN 2842283988 et 9782842283988)
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