Geraint

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Érec

Geraint
Personnage de fiction apparaissant dans
légende arthurienne.

Geraint et sa femme Enid, d'après The Idylls of the King.
Geraint et sa femme Enid, d'après The Idylls of the King.

Alias Érec
Sexe Masculin
Espèce Humaine
Activité(s) Chevalier de la Table Ronde

Geraint ou Érec est, dans le cycle arthurien, l'un des chevaliers de la Table Ronde, et par conséquent un compagnon d'armes du roi Arthur. Il est l'amant d'Énide et le personnage principal du roman Érec et Énide, de Chrétien de Troyes. Geraint est aussi le personnage principal d'un conte gallois, Gereint ac Enid.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

Le nom gallois Geraint ou Gereint proviendrait du latin Gerontius. Le nom breton Érec est la traduction du « Geraint » gallois[1]. Une autre théorie évoque le nom breton du pays vannetais, Bro-Érec, comme source d'inspirationd e Chrétien de Troyes pour nommer les deux protagonistes de son roman[2].

Geraint dans la littérature médiévale[modifier | modifier le code]

Qu'il s'appelle Geraint ou Érec, il est toujours le mari d'Énide (ou Enid), aussi bien dans les textes gallois que français et allemands, et plus tard dans Idylls of the King d'Alfred Tennyson. La trame de l'histoire est elle aussi la même : après son mariage, Geraint oublie ses devoirs de chevalier. Énide se sent responsable, Érec se trompe sur ses intentions et l'entraîne dans de cruelles aventures, afin de tester sa loyauté[3]. Érec est le fils du roi Lac dans Érec et Enide tandis que Geraint est fils d'Erbin. Thomas Malory ne mentionne pas ce personnage, mais il pourrait être identifié sous le nom Sir Garaunt[4].

Dans la littérature galloise[modifier | modifier le code]

Gereint ac Enid est l'une des trois romances (Y Tair Rhamant), usuellement publiée avec les Mabinogion depuis leur traduction en anglais par Lady Charlotte Guest. Ce personnage est évoqué dans un poème du barde Llywarch Hen (Chant de mort de Geraint fils d'Erbin, dans le Livre noir de Carmarthen), où il est désigné comme un compagnon d'Arthur[5], et dans Y Gododdin d'Aneurin.

Dans Érec et Énide[modifier | modifier le code]

Article connexe : Érec et Énide.

Le roi Arthur organise une chasse au cerf blanc le jour de Pâques. Érec n'y participe pas, mais escorte la reine Guenièvre. Sur le chemin, l'une des suivantes de la reine est malmenée par un nain. Érec le suit pour lui demander justice, arrive dans une ville où il rencontre Énide, en tombe amoureux et l'épouse après avoir vaincu son rival. Il reste ensuite un an auprès de sa femme, temps durant lequel il cesse de guerroyer, ce qui provoque des murmures sur son compte venant des autres chevaliers. Énide en vient à lui reprocher de demeurer auprès d’elle. Ces plaintes décident Érec à partir seul avec son épouse en aventure, mais en interdisant à celle-ci de lui parler. Énide viole à plusieurs reprises cet ordre pour sauver son mari, d’abord de chevaliers bandits, ensuite d’un comte malhonnête qui la désirait pour lui ; Érec affronte également deux géants. À la suite d’une autre péripétie, durant laquelle Énide repousse les avances d’un autre comte pendant que le héros passe pour mort, le couple se réconcilie définitivement. Dans une ultime épreuve, «  La Joie de la cour », Érec vainc un chevalier condamné à combattre tous les visiteurs d’un jardin merveilleux à cause d’une promesse faite à sa femme. Le conte se clôt avec le couronnement en grande pompe des deux époux par le Roi Arthur lui-même, après la mort du père d’Érec[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

Les sources les plus anciennes concernant Geraint, dans un poème gallois, racontent de quelle manière une défaite héroïque peut devenir source d'honneur[1]. Il est probable que ce personnage ait réellement existé. Il s'agirait d'un prince du Devon qui s'opposa aux Saxons vers 710[7], donc longtemps après le règne supposé d'Arthur. Le patronyme d'un chef de guerre breton du haut Moyen Âge a peut-être été une autre source d'inspiration chez Chrétien de Troyes pour donner un nom au héros de son roman. En effet, le pays vannetais fut un temps appelé Bro Waroch (« pays de Waroch »), qui a évolué ensuite en Bro Ereg, Bro Erec'h, puis Broërec[8].

Le personnage est très représentatif de la transition entre traditions païennes celtes et traditions chrétiennes, le texte français de Chrétien de Troyes contenant davantage de références au Christianisme[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Rosalind Field, Phillipa Hardman et Michelle Sweeney, Christianity and Romance in Medieval England, Boydell & Brewer, 2010 (ISBN 184384219X et 9781843842194), p. 32
  2. Jean-Christophe Cassard, La Bretagne des premiers siècles, éditions Jean-paul Gisserot, 1994, (ISBN 2877471373 et 9782877471374), p. 113
  3. Lacy 2013, p. 145
  4. (en) Phyllis Ann Karr, King Arthur Companion: A Guide to the People, Places, and Things of Arthur's Britain, Chaosium, 1983, p. 41
  5. Jean-Pierre Foucher, préface d'Erec et Enide dans Romans de la Table Ronde, Gallimard, 1970
  6. Steinberg 2003, p. 40
  7. Jean Markale, Le Roi Arthur et la société celtique, Payot, 1976
  8. Alain Stéphan, Tous les prénoms bretons, coll. universels Gisserot, éditions Jean-paul Gisserot, 1996, (ISBN 2877471721 et 9782877471725), p. 40
  9. (en) Jessica V. Tomaselli, The Coexistence of Paganism and Christianity in the Arthurian Legends, Kutztown University of Pennsylvania, ProQuest, 2007, (ISBN 0549351604 et 9780549351603), p. 34-35

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Allard, L'initiation royale d'Érec, le chevalier, Archè, 1987, 131 pages
  • (en) Norris J. Lacy, Geoffrey Ashe, Sandra Ness Ihle, Marianne E. Kalinke et Raymond H. Thompson, « Erec », dans The New Arthurian Encyclopedia: Updated Paperback Edition, Routledge,‎ 2013 (ISBN 1136606335 et 9781136606335, lire en ligne), p. 145
  • Université de Picardie. Centre d'études médiévales. Colloque, Danielle Buschinger et Wolfgang Spiewok, Erec, ou l'ouverture du monde arthurien, Greifswald,‎ 1993, 134 p. (ISBN 389492005X et 9783894920050)
  • (en) Theodore Louis Steinberg, Reading the Middle Ages : An Introduction to Medieval Literature, McFarland,‎ 2003, 188 p. (ISBN 9780786481873, lire en ligne)
  • Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne