Lyonnaise des Eaux

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Lyonnaise des Eaux

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Logo de Lyonnaise des eaux

Création Le 2 février 1880 (Société lyonnaise des eaux et de l’éclairage)
Dates clés 1997 (fusion avec Suez)
Forme juridique S.A.
Slogan Des idées neuves pour l'eau
Siège social Drapeau de France Tour CB21 - 16, place de l’Iris 92040 PARIS LA DEFENSE (France)
Direction Jean-Louis Chaussade (Président), Philippe Maillard (DG)
Actionnaires Suez Environnement
Activité Lyonnaise des Eaux offre un service de proximité aux communes et aux industriels dans les domaines de la distribution d'eau potable et de l'assainissement.
Produits Eau potable, Assainissement
Société mère Suez Environnement
Filiales Eau et Force, OCEA SMART BUILDING, ONDEO SYSTEMS
Effectif 11 920 salariés (2011)
Site web www.lyonnaise-des-eaux.fr
Capitalisation consolidé dans Suez
Chiffre d’affaires 2,1 milliards d'euros (2011)

Spécialisée dans la distribution d’eau et les services d’assainissement, Lyonnaise des Eaux avait rejoint la branche environnement du groupe Suez en 1997. Depuis la fusion de Gaz de France et de Suez le 21 juillet 2008, Lyonnaise des Eaux est l'une des principales sociétés du Groupe Suez Environnement détenu partiellement par GDF SUEZ (groupe).

Opérateur auprès des collectivités locales pour un total de 2 400 contrats, l’entreprise dessert 19 % de la population française en eau (12,3 millions de personnes) et dépollue les eaux usées de 18 % de la population française (9 millions de personnes).

Créée à la fin du XIXe siècle pour assurer la distribution de l’eau, l’entreprise a élargi, au XXe siècle, ses activités à la propreté, l’énergie, les services funéraires et la communication.

En 1946 l’entreprise Lyonnaise des Eaux se recentre sur son métier initial : les services de l’eau et de l’assainissement à destination des collectivités locales et des industriels en France.

Historique[modifier | modifier le code]

À l’origine, une institution bancaire[modifier | modifier le code]

La Lyonnaise des Eaux avait comme ancêtre la Compagnie des eaux de Paris des frères Périer, qui fut au cœur des grandes spéculations de la fin du règne de Louis XVI.

Plus tard, en plein essor de l’urbanisation et du développement de l’hygiène (voir : révolution industrielle, exode rural), le Crédit lyonnais fonde la SLEE (Société Lyonnaise des Eaux et de l'Éclairage), le 2 février 1880, pour « l’obtention, l’achat, la prise à bail et l’exploitation, en France et à l’étranger, de toute concession et entreprise relative à l’eau et à l’éclairage ». La banque ne reste que neuf ans dans le capital de la SLEE.

Concession : le fort développement en France[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, en France, de grandes villes comme Bordeaux (1913) concèdent leur service de l’eau à la Lyonnaise des Eaux. Pour assurer son développement, l’entreprise crée des filiales communes avec d'autres sociétés, telles que la Société des Eaux du Nord fondée en 1912, ou acquiert des entreprises comme les Eaux de Dunkerque en 1924.

À cette même époque, l'éclairage urbain au gaz est l'activité principale de la Lyonnaise des Eaux. Après la Première Guerre mondiale, l'entreprise investit dans l'énergie, notamment à Vitry où elle construit une centrale thermoélectrique en 1931.

En 1936, c'est la première société au palmarès des capitalisation boursières françaises, marqué la montée en puissance des sociétés industrielles et électriques, alors qu'elle n'était encore que 19ème en 1928.

Société Lyonn des eaux CP d'élect B. de France Crédit Lyonn EELM Air liquide Société générale Rhône-Poulenc Saint-Gobain Alais Froges Kuhlmann U d'élect Elect de Mar.
Capitali (mds de f)[1] 1,6 1,4 1,3 1 1 1 1 0,9 0,82 0,8 0,8 0,79 0,76

Nationalisation de l’activité énergie et développement à l’international[modifier | modifier le code]

En 1946, la nationalisation des secteurs du gaz et de l'électricité change la stratégie. La Lyonnaise des Eaux se repositionne sur les services d’eau. L’entreprise investit dans le traitement des eaux usées et développe une activité de conseil qui va lui permettre d'obtenir des contrats de concession à l'étranger à partir des années 1970.

Elle poursuit en parallèle sa politique d’acquisition de sociétés : Eaux de Calais, (1954), Eaux de Douai (1959) et signe des contrats de concession avec des villes importantes comme Soissons (1962) et Carcassonne (1964).

La croissance par la diversification[modifier | modifier le code]

Avec l’acquisition de la Sita (gestion des déchets urbains), Degrémont (construction de stations de traitement de l’eau) au début des années 1970, les Pompes Funèbres Générales en 1978, le groupe se lance dans une politique de diversification de ses activités de services auprès des collectivités.

Cette politique se poursuit avec la création de l’opérateur de télévision par câble Lyonnaise Communication (qui deviendra Noos). En 1990, la Lyonnaise des Eaux fusionne avec l’entreprise de BTP, Dumez.

Le recentrage sur les services de l’eau et de l’assainissement en France[modifier | modifier le code]

Lyonnaise des Eaux se désengage des Pompes funèbres générales en 1996 et fusionne un an plus tard avec Suez (19 juin 1997). Le nouveau groupe se recentre progressivement sur deux pôles : l'énergie et l'environnement.

Lyonnaise des Eaux appartient désormais à ce second pôle, où l’entreprise s'occupe de gestion de l'eau et de l'assainissement en France.

Controverse[modifier | modifier le code]

Dans le début des années 1990, le nom de Lyonnaise des Eaux ainsi que celui d’autres entreprises, a été cité dans des contentieux liés au financement de partis politiques, comme dans l'affaire Dauphiné News. L’interdiction faite aux partis politiques de se financer auprès de personnes morales a rendu ces modes de financements caducs.

Métiers[modifier | modifier le code]

Lyonnaise des Eaux assure la production et la fourniture de l’eau potable aux collectivités locales et aux Industriels. Elle se charge également de la collecte et de la dépollution des eaux usées.

Son offre comprend également des prestations de services comme la surveillance des eaux de baignade, la gestion du patrimoine (canalisations, pompages, usines…) ou la gestion des eaux pluviales.

Lyonnaise des Eaux est composée de 16 entreprises régionales qui hébergent des unités opérationnelles et des centres d'expertise. 150 agences territoriales sont réparties sur l'ensemble du territoire national. L'entreprise partage un centre de recherche le CIRSEE, avec Suez Environnement. En 2011, le groupe a consacré 74 millions d'euros à la R&D.

Contrats[modifier | modifier le code]

En France, il existe plusieurs modes de gestion des services d’eau et d’assainissement (voir aussi Eau potable la partie sur la Gestion de l'Eau) :

La régie 
Le service est directement géré par la collectivité. Et la gestion déléguée. Les contrats signés entre les collectivités locales et les opérateurs d’eau répondent à une réglementation stricte.
La concession 
Le service de l’eau est concédé à une société privée. Cette dernière construit les infrastructures et gère le service pour le compte de la collectivité. Les investissements réalisés reviennent ensuite de plein droit à la commune, à l’issue du contrat. Généralement, ce type de contrat, en raison des investissements à amortir est de longue durée (20 - 25 ans).
L’affermage 
L’entreprise gère seulement le service, les investissements sont pris en charge par la collectivité. La durée du contrat est moyenne (10 – 15 ans).
La gérance 
Le contrat ne porte que sur une partie spécifique du service ; la durée du contrat est généralement plus courte (moins de 7 ans).

Les présidents de Lyonnaise des Eaux[modifier | modifier le code]

  • Charles Lan (1880-1885)
  • Gustave Deseilligny (1885-1889)
  • Jules Roche (1889-1923)
  • Albert Petsche (1923-1933)
  • Ernest Mercier (1933-1954)
  • Joseph Thuillier (1954-1966)
  • Maurice Bonfils (1966-1969)
  • Pierre Chaussade (1970-1980)
  • Jérôme Monod (1980-2000)
  • Bernard Guirkinger (2000-2009)
  • Jean-Louis Chaussade (depuis 2009)

L'eau, un service public contrôlé[modifier | modifier le code]

Les services d’eau et d’assainissement font partie des services publics les plus contrôlés. Depuis la loi du 8 février 1995, la gestion des services d’eau et d’assainissement fait l’objet de comptes-rendus annuels et financiers contrôlés par les cours régionales des comptes. De plus, chaque année le maire doit présenter un rapport sur le prix et la qualité des services d’eau et d’assainissement à son conseil municipal. Ce rapport est public.

Une politique de développement durable[modifier | modifier le code]

Au-delà de ce que la législation publique lui impose, Lyonnaise des Eaux applique depuis 2006 un certain nombre de principes structurants : « les 12 engagements pour une gestion durable de l'eau ». Elle a informé le grand public de cette démarche par voie de presse.

Un certain nombre d'actions qui ont été engagées vont dans le sens d'un plus grand respect de l'environnement et d'une politique sociale plus affermie[2].

Lyonnaise des Eaux a fait évaluer cette politique par un organisme indépendant : Vigeo[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. "LE MARCHÉ BOURSIER ET LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES FRANÇAISES (1890-1939) Thèse de doctorat de Pierre-Cyrille HAUTCŒUR sous la direction de Christian de Boissieu (1994), page 50 [1]
  2. Les 12 engagements
  3. Vigeo évaluation
  • Patrice de Meritens et Joëlle Fabry, La Lyonnaise des Eaux 1880-2000, Scorpio, 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]