Louis Lachenal

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Louis Lachenal, né le à Annecy et mort le dans la vallée Blanche à Chamonix, est un alpiniste français, premier vainqueur avec Maurice Herzog, en 1950, de l'un des sommets de plus de huit mille mètres : l'Annapurna (8 091 m).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Annecy (Haute-Savoie) le , Louis Lachenal effectue ses premières escalades sur le rocher du Biclope en 1934.

Dès son plus jeune âge, il préfère l'univers de la rue aux bancs de l'École des Frères, quai des Cordeliers. Il passe son certificat d'études à l'École Supérieure Technique, puis entre au lycée. Mais déjà, dans ses escapades avec ses camarades, il aime le goût du risque ; et la quête du danger sera toujours chez lui une sorte d'idéal de vie. Devenu louveteau dans une association de scouts, il révèle ses dons d'invention et ses talents de grimpeur. Ainsi, à 13 ans, la vocation l'appelle dans les massifs qui entourent Annecy : la Tournette, le Parmelan, l'Arcalod.

En 1941, il devient membre de l'organisation Jeunesse et Montagne. En 1942, il est porteur breveté du Club alpin français, auquel il a adhéré dès 1937. Cette fonction consiste à seconder un guide lors d'une ascension, voire à assurer son rôle, selon les compétences dont on dispose. En juin-juillet, il participe à un stage d'alpinisme dont il sort premier chef de cordée, l'occasion d'une fête à Chamonix, où il rencontre pour la première fois Lionel Terray. Quelques mois plus tard à peine, il fera connaissance avec Gaston Rébuffat, par hasard, dans un train à l'arrêt. Le 1er octobre, il est engagé comme instructeur alpin et moniteur de ski au centre des Contamines-Montjoie.

Le 12 novembre, il épouse Adèle Rivier. Deux enfants naîtront, Jean-Claude et Christian.

En 1945, il effectue ses premières courses avec Lionel Terray : la face Nord des Droites et la face Est du Moine. Suivront — entre autres, et toujours en compagnie de Lionel Terray — la quatrième ascension de l'éperon Walker en 1946, la seconde ascension de la paroi Eigerwand en 1947[1].

En 1948, il devient membre de la Compagnie des Guides de Chamonix. En 1949, il enchaîne les ascensions. En particulier, il entreprend de gravir en une seule journée trois itinéraires jugés difficiles (arête Est du Crocodile, face Est du Caïman, voie Ryan au Plan)[2].

Le , lors de la conquête de l'Annapurna, il fait partie avec Maurice Herzog de la célèbre cordée, première au monde sur un sommet de plus de huit mille mètres.

En décembre 1949, le bruit court : une expédition française vers l'Himalaya se prépare. Lucien Devies, Président du Comité, en est l'un des principaux organisateurs. Mais les difficultés diplomatiques sont telles qu'on n'ose encore y croire. Et la nouvelle tombe : le Népal ouvre ses frontières. Le , l'expédition quitte Paris pour Le Caire. Puis, le lendemain, elle prend la direction du Népal en passant par Bahreïn, Karachi, New Delhi. La longue marche d'approche du sommet et l'établissement des camps de base prend deux mois complets[3].

Cette victoire sur l'Annapurna est aussi celle d'une équipe : les guides chamoniards Gaston Rébuffat et Lionel Terray, la jeune cordée de Jean Couzy et Marcel Schatz, le Dr Jacques Oudot, et le cinéaste Marcel Ichac (le seul ayant déjà une expérience himalayenne). Lors de cette expédition, Louis Lachenal a les pieds gelés et doit être amputé. La descente ressemble fort à un long chemin de croix qui dure plus d'un mois, du 4 juin au 7 juillet : mauvais temps persistant en cette période de course contre la mousson (brouillard, avalanches, orages...), souffrances multiples (aux pieds, aux yeux...), terrains accidentés (passages de gorges, de moraines encombrées de blocs rocheux, traversée de kilomètres de ravins et de forêts, franchissement de torrents tumultueux...), défection des porteurs, etc[4].

Après son retour à l'aéroport d'Orly, un séjour à la clinique Vaugirard et la remise de la Légion d'Honneur, Louis Lachenal retourne à Chamonix. Il donne ensuite une série de conférences, dès 1951 sur le territoire français et jusqu'au Congo belge en 1952. Il se met au pilotage d'automobiles sur les routes françaises, avant de reprendre les entraînements et les ascensions. Il prend la direction de l'équipe de France de ski en descente et slalom, et escalade le mont Rose en août 1955.

Il meurt accidentellement le , en tombant dans une crevasse au cours d'une descente à ski de la vallée Blanche, à Chamonix.

Il laisse son nom à un couloir de ski hors piste à La Flégère à Chamonix, ainsi qu'à deux pointes rocheuses secondaires situées près du lieu de sa mort.

Ascensions marquantes[modifier | modifier le code]

  • 1942 : première du versant nord-est du col du Caïman
  • 1946 : quatrième ascension de l'éperon nord des Droites, avec Lionel Terray, en huit heures, alors que le meilleur temps réalisé auparavant était de 18 heures ; quatrième ascension de l'éperon Walker en face nord des Grandes Jorasses en 2 jours avec une variante importante dans le haut, due à une erreur provoquée par le brouillard
  • 1947 : deuxième ascension de la face nord de l'Eiger avec Lionel Terray
  • 1950 : première ascension d'un sommet de plus de 8 000 m en compagnie de Maurice Herzog

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Guy Wildenstein de l'Académie des sports en 1950, décerné à un groupement sportif dont la carrière ou l'œuvre d'éducation physique et sportive constituent un exemple, en l'occurrence avec l'ensemble de l'équipe de l'Annapurna : Jean Couzy, Marcel Ichac, Maurice Herzog, Francis de Noyelle, Jacques Oudot, Gaston Rebuffat, Marcel Schatz, et Lionel Terray[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carnets du vertige : édité initialement en 1956 à partir de notes de Louis Lachenal mises en forme par Gérard Herzog.
  • David Roberts, Annapurna une affaire de cordée, éditions Guérin, Chamonix, 2000 (ISBN 2-911-755-22-7).
  • Lionel Terray, Les Conquérants de l'inutile, Gallimard, 1961.
  • Michel Mestre, Histoire de l'alpinisme : Les Alpes, Édisud, 1996.
  • Gaston Rébuffat, La Montagne est mon domaine, Hoëbeke, 1994.
  • Yves Ballu, Les Alpinistes, Arthaud, 1984.
  • Lucien Devies, La Montagne pour vocation, L'Harmattan, 2004.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Louis Lachenal a donné son nom au lycée polyvalent Louis Lachenal situé à Argonay, dans la périphérie d'Annecy (Haute-Savoie), à une école élémentaire et maternelle à Mantes-la-Jolie (Yvelines), à un collège dans la ville Saint-Laurent-de-Mure (sud-est de Lyon) et à un complexe sportif à Saint-Pierre-du-Perray. À Annecy, on trouve également une Promenade Louis Lachenal. Plusieurs villes de France, notamment Grenoble, Toulouse, Thionville, Genas, Chamonix, Valence, ont une rue ou une allée qui porte son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carnets du vertige, éd. Guérin 1996, p. 151-152
  2. Carnets du vertige, éd. Guérin 1996, p. 175
  3. Carnets du vertige, éd. Guérin 1996, p. 254
  4. Carnets du vertige, éd. Guérin 1996, p. 294
  5. Prix Guy Wildenstein