Louis Héry

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Louis Héry est un fabuliste français né à Redon[1] en 1808[2] et mort en 1856[1],[2]. Il est connu pour être l'auteur des premiers textes jamais écrits en créole réunionnais[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière d'instituteur[modifier | modifier le code]

Originaire d'Ille-et-Vilaine, Louis Héry arrive sur l'île du sud-ouest de l'océan Indien que l'on appelle alors île Bourbon et que l'on nomme aujourd'hui La Réunion en 1820[2] pour y diriger une propriété et une usine à sucre que possèdent deux de ses cousines[1],[2] à La Montagne, un quartier de Saint-Denis[1], en tout cas si l'on en croit Jacob de Cordemoy[2]. Sur place, comme il n'apprécie pas sa fonction, il se fait professeur au collège royal puis retourne en France pour préparer le diplôme de bachelier ès lettres[1].

Muni de ce nouveau diplôme, il revient à Bourbon deux ans après pour y poursuivre sa carrière d'enseignant. Mais la paie qu'il reçot et la discipline de l'établissement ne le satisfont pas. Aussi abandonne-t-il son poste pour créer une école privée à Sainte-Suzanne, qu'il transfère peu après à Saint-André. En 1844, il finira par quitter ses fonctions d'instituteur de campagne afin de revenir occuper une chaire de rhétorique française au collège royal, chaire qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1856[1].

Parcours littéraire[modifier | modifier le code]

Louis Héry se lance dans la créolisation de fables connues et les publie dès 1828 sous le titre Fables créoles dédiées aux dames de l'île Bourbon[2]. Ce recueil de poèmes inspiré par les Fables de Jean de La Fontaine est le premier texte jamais écrit en créole réunionnais, une langue parlée qu'il choisit peut-être pour rivaliser avec les Essais d'un bobre africain écrits par François Chrestien(en) en créole mauricien quelques années plus tôt[3]. Héry a moins recours au créole réunionnais par souci littéraire que par humour : le créole n'y est utilisé « que pour amuser la galerie »[réf. nécessaire], et il faudra donc attendre encore quelques décennies pour qu'une vie littéraire proprement réunionnaise se développe dans la colonie[4]. Originellement imprimé par l'imprimerie Lahuppe, l'ouvrage est réédité et augmenté en 1849, 1856 et 1883[3].

Louis Héry fait partie des premiers à traiter de l'existence de sources thermales à Cilaos dans ses écrits. Il soutient vers 1828 qu'elles étaient déjà connues du temps du gouverneur Pierre Bernard Milius, car celui-ci aurait chargé le botaniste Nicolas Bréon d'explorer l'une d'elles en 1819[5]. En outre, Louis Héry fut plus tard membre de la Société des Sciences et Arts de La Réunion fondée en 1855 par Louis-Antoine Roussin, notamment[6]. Il agrémenta d'ailleurs de ses textes les lithographies de ce dernier[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Les Esclaves de Bourbon : La Mer et la montagne, Prosper Ève, Karthala, Paris, 2003ISBN 978-2845864566.
  2. a, b, c, d, e et f « Pokosa ? komansa ? », Témoignages, 26 mai 2006.
  3. a, b et c « « L'écriture créole » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02 », Jean-Louis Joubert, « Littérature de l'océan Indien » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02, Edicef, Vanves, 1991.
  4. « « Vie littéraire » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02 », Jean-Louis Joubert, « Littérature de l'océan Indien » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02, Edicef, Vanves, 1991.
  5. « « Thermalisme » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02 », Ville de Cilaos.
  6. « « Héry, Louis » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-02 », Littérature réunionnaise.
  7. « Antoine Roussin », Journal de l'île de La Réunion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « La poésie réunionnaise et mauricienne en langues créoles : entre proximité et éloignement », Frédéric Helias, Revue de littérature comparée, 2006.