Ligne de Saint-Roch à Darnétal-Bifurcation

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Ligne de
Saint-Roch à Darnétal-Bifurcation
Ligne d'Amiens à Rouen
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Carte de la ligne
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Amiens, Serqueux, Darnétal
Historique
Mise en service 1867
Électrification 1984
Concessionnaire RFF (depuis 1997)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 321 000
Longueur 139 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV – 50 Hz

Pente ou rampe maximale 10 ‰
Nombre de voies Double voie
Signalisation BAPR / BAL
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER
Fret SNCF
Schéma de la ligne

La ligne de Saint-Roch à Darnétal-Bifurcation est une Ligne de chemin de fer française électrifiée à écartement standard et à double voie qui relie le quartier Saint-Roch d'Amiens à Darnétal, à proximité de Rouen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 11 juin 1859, concession d'une ligne de Rouen à Amiens partagée entre les Cie du Nord et de l'Ouest[1]
  • 27 décembre 1862, décret d'utilité publique du tracé choisi[1]
  • 18 avril 1867, ouverture de l'exploitation de la ligne et de son embranchement[2]

Origine de la ligne[modifier | modifier le code]

L'État décide d'ajouter une ligne de Rouen à Amiens, au groupe de lignes imposées par le décret du 7 avril 1855. Après les négociations faites par la commissions le décret du 11 juin 1859 rend officielle la concession pour une ligne permettant de relier les deux villes. Cette concession est partagée entre la Compagnie des chemins de fer du Nord (Nord), qui obtient en concession les deux tiers de la ligne et la charge de la construction et de l'exploitation de la totalité, et la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest (Ouest), qui est concessionnaire d'un tiers de la ligne. Les deux compagnies doivent se partager, au prorata de la longueur de leur part dans la concession, les dépenses et les recettes[1].

La gare de Saint-Roch, vers 1900.

Le choix du tracé provoque de nouvelle négociations entre l'administration et les compagnies auquel s'ajoute les grandes villes de Rouen, Amiens et Le Havre, mais aussi les communes desservies où pas suivant les tracés. Deux décrets impériaux, des 11 et 16 août 1862 déclarent l'utilité publique de la ligne et fixent une partie de son tracé[3],[4]. La fin de la concertation est imposée par le décret impérial du 27 décembre 1862 qui fixe une ligne principale de 115 km augmentée d'un embranchement de 16 km vers Clères[5]. Les compagnie du Nord et de l'Ouest négocie un traité qui détaille les conditions de l'exploitation, qu'elles signent officiellement en décembre 1862[1].

Le profil facile permet un avancement rapide des chantiers, un train d'essais parcourt la ligne principale en septembre 1866. Néanmoins un automne pluvieux entraîne de nouveaux travaux rendus nécessaires du fait de mouvements de terrains qu'il faut stabiliser. Ce retard du chantier principal permet la réalisation rapide de l'embranchement, qui est donc visité également par la circulation du contrôle officiel le 22 mars 1867. Conforme aux prescriptions la ligne est ouverte à l'exploitation le 18 avril 1867 pour des trains de voyageurs et le 26 avril pour ceux de marchandises[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Dans l'ensemble, le tracé de cette ligne de 139 kilomètres parallèle à la Manche est favorable. Cependant, dans sa section centrale, la dépression du Pays de Bray oblige à un tracé un peu plus sinueux pour quelques dizaines de kilomètres. La ligne ne rencontre aucune gare importante entre ses deux extrémités, et les deux radiales qu'elle coupe à Serqueux et Abancourt (respectivement les lignes Paris-Dieppe et Paris-Le Tréport) sont de faible importance.

Équipement[modifier | modifier le code]

Depuis le 27 Août 1984, la ligne est électrifiée, étant équipée de deux voies électrifiées en 25 kV-50 Hz monophasé[6] et du block automatique à permissivité restreinte (BAPR)[7], du contrôle de vitesse par balises (KVB)[8] et d'une liaison radio sol-train sans transmission de données[9].

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Vitesses limites de la ligne en 2014 pour les AGC, autorails et automotrices en sens impair (certaines catégories de trains, comme les trains de marchandises, possèdent des limites plus faibles)[10] :

De À Limite
Amiens Voyageurs Saint-Roch Voyageurs 90
Saint-Roch Voyageurs Serqueux Voyageurs 140
Serqueux Voyageurs Saint-Martin-du-Vivier 130
Saint-Martin-du-Vivier Darnétal 120
Darnétal Rouen-Rive-Droite 110
Horaire de la ligne au service d'hiver de 1936.

Exploitation[modifier | modifier le code]

L'une des particularités de cette ligne est le rôle du trafic de fret, bien plus important que celui de voyageurs. En effet, en 1992-1993, cette transversale permettait le transport quotidien de 8 000 tonnes de marchandises, dont 60 % dans le sens Amiens-Rouen[11]. Cette importance du trafic fret s'explique par l'importance industrielle des deux régions reliées par cette ligne, et par la présence côté Rouen de l'ensemble portuaire Rouen-Le Havre. Au contraire, le trafic de voyageurs est dans l'ensemble faible : en 1992-1993, seuls 1000 voyageurs empruntaient les trains qui parcourent cette ligne[11]. Cette situation s'explique entre autres par le faible niveau de l'offre (2h30 de parcours, soit à peine 100 km/h de moyenne, sur les Intercités Lille-Rouen) comparé au même trajet via Paris.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Palau, 2004, p. 106
  2. a et b Palau, 2004, p. 107
  3. « N° 10579 - Décret impérial qui déclare d'utilité publique l'établissement d'un chemin de fer du Grand Parc à Rouen par la vallée de Darnétal : 11 août 1862 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 20, no 1051,‎ 1862, p. 593 - 594.
  4. « N° 10580 - Décret impérial qui détermine le tracé du chemin de fer de Rouen à Amiens, dans la section comprise entre le Grand Parc et Amiens : 16 août 1862 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 20, no 1051,‎ 1862, p. 594 - 595.
  5. « N° 11343 - Décret impérial relatif au tracé du chemin de fer de Rouen à Amiens : 27 décembre 1862 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 21, no 1122,‎ 1862, p. 1033 - 1035.
  6. [PDF] RFF - Carte des lignes électrifiées (consulté le 2 mars 2014).
  7. [PDF] RFF - Carte des modes d’espacement des trains (consulté le 22 mars 2014)
  8. [PDF] RFF - Carte des lignes équipées de contrôle de vitesses (consulté le 22 mars 2014).
  9. [PDF] RFF - Cartes des lignes équipées de liaisons avec les trains (consulté le 22 mars 2014)
  10. Renseignements techniques SNCF/RFF, version d'octobre 2013
  11. a et b Gérard Blier, Nouvelle Géographie ferroviaire de la France, Tome 2 : L'organisation régionale du trafic, Éditions La Vie du Rail, 1993, pp. 103-104.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François et Maguy Palau, « 10.5 Rouen-Amiens : 18 avril 1867 », dans Le rail en France : le second Empire, tome 3 (1864-1870), édition Palau, Paris, mai 2004 (ISBN 2-950-9421-3-X), pp. 106-107

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]