Le Roman de Mildred Pierce

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Le Roman de Mildred Pierce

Description de l'image  Joan Crawford in Mildred Pierce trailer.jpg.
Titre original Mildred Pierce
Réalisation Michael Curtiz
Scénario
Ranald MacDougall
William Faulkner
Catherine Turney
d'après le roman Mildred Pierce
de James M. Cain
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1945
Durée 111 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Zachary Scott
Jack Carson

Le Roman de Mildred Pierce (Mildred Pierce) est un film américain réalisé par Michael Curtiz, sorti en 1945.

Il s'agit d'une adaptation du roman Mildred Pierce de James M. Cain, publié en 1941. En 2011, Todd Haynes en réalise une nouvelle adaptation, Mildred Pierce, mini-série télévisée pour la chaîne HBO.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Monte Beragon est assassiné de plusieurs coups de feu dans sa propriété du bord de mer. Sa femme, Mildred Pierce, est convoquée à un interrogatoire et apprend que son ancien mari, Bert Pierce, s'accuse du meurtre. Mais devant l'inspecteur Peterson, elle récuse ce mensonge et revient longuement sur son passé pour expliquer toutes les circonstances entourant le drame.

Jusqu’où peut mener l'amour d'une mère ? Tout ce que Veda souhaite, sa mère - Mildred Pierce - le lui offre. Mais cela ne va pas sans peine. Dans l'univers machiste américain, Mildred n'hésite pas à rompre avec son mari qui entretient une relation avec une autre femme depuis plusieurs mois. Pour répondre aux exigences de luxe de sa fille, elle doit donc se démener pour grimper les échelons sociaux. Elle commence par être une simple serveuse dans un restaurant bas de gamme, mais son ambition la pousse à ouvrir son propre établissement avec l'aide d'un ancien collaborateur de son mari, Wally Fay. À cette occasion, elle rencontre le séduisant, mais oisif et paresseux, Monte Beragon qu'elle épouse, le croyant riche, même si elle ne l'aime pas, tout ça pour hisser sa fille dans l'échelle sociale et favoriser l'amour qu'elle lui porte : « Je ferais n'importe quoi pour elle ». Mais cela inclut-il un meurtre ?

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Et, parmi les acteurs non crédités :

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Joan Crawford, après dix-huit années passées à la Metro-Goldwyn-Mayer, était entrée à la Warner Bros. Pictures. La firme l’avait engagée dans l’idée singulière de concurrencer Bette Davis[1], pourtant elle-même la grande star de la Warner, sans aucun doute pour calmer les revendications de cette dernière. L’ancienne star de la MGM, alors au creux de la vague, aspirait à un grand rôle. Elle prit son temps et étudia soigneusement tous les scripts proposés par la Warner, désireuse de ne pas rater son retour jusqu’au jour où elle lut un scénario que Bette Davis et Barbara Stanwyck avaient refusé en déclarant qu’elles n’étaient pas intéressées par le personnage de Mildred Pierce[2]. Le producteur du film, Jerry Wald, poussa Jack Warner à acquérir les droits du roman dès sa sortie en 1941[3], et avait déjà pensé à Joan Crawford. Avec enthousiasme elle accepta le rôle : « C’est exactement ce que je cherchais.[2] »
    Elle déclara également : « Le personnage que je jouais dans le film, avouera Joan Crawford, était un mélange des rôles que j’avais joués précédemment et d’éléments provenant de ma propre personnalité et de mon propre caractère. Pas tellement d’ailleurs la souffrance, car je crois trop à la Christian Science pour souffrir des heures et des heures. Mais mes univers professionnel et personnel avaient tant évolué... Des amis étaient morts ou partis... Le public lui-même ne semblait plus savoir ce qu’il souhaitait... Les compagnies cinématographiques avaient de plus en plus de problèmes. Mes jours dorés et souvent glorieux s’étaient achevés et Mildred Pierce apparaissait comme une sorte de célébration amère de la fin.[4] »
  • Le sujet tiré d’un roman de James Cain se trouve profondément modifié par les scénaristes successifs. Une atmosphère inhérente au film noir et une intrigue criminelle, thèmes absents du roman, vont être injectés dans l’adaptation[5]. De plus, le film, contrairement au roman, sera construit en flash-back[2].
  • Jack Warner veut que le film soit réalisé par le plus célèbre metteur en scène de la Warner, Michael Curtiz[2]. Mais les débuts du tournage furent des plus houleux entre le réalisateur et l’actrice ; Curtiz ne souhaitant pas diriger une « has been[5] », qui de plus, selon lui, se comporte encore comme si elle était à la MGM[2]. Joan Crawford se retrouve avec une équipe de tournage qu’elle ne connaît pas et dirigée par un réalisateur tyrannique, elle qui était habituée à travailler, et ce pendant près de vingt ans, avec les mêmes techniciens de « la firme du lion ». Malgré cela, l’actrice va tout faire pour prouver qu’elle est l’actrice idéale pour le rôle[2] et devant tant de persuasions, ses rapports avec Curtiz vont s’améliorer et le réalisateur reconnaîtra ses erreurs[6].
  • James Cain, admiratif de ce que l’actrice avait fait du personnage de Mildred, lui offrit un exemplaire, relié de cuir, de son roman avec une dédicace : « À Joan Crawford, ma gratitude éternelle à celle qui donna vie à Mildred comme j’avais toujours espéré[7]. »
  • Le film remporta un succès triomphal avec une recette de cinq millions de dollars et l’Oscar de la meilleure actrice pour Joan Crawford[8] qui célébra ainsi son retour de star de premier plan.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film reçut six nominations aux Oscars et remporta un Oscar :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Cinéma Grande histoire illustrée du 7e art. Volume 2. Éditions Atlas
  2. a, b, c, d, e et f Le film noirPatrick Brion – Éditions de la Martinière – 2004 (ISBN 2-7324-3144-3)
  3. La Warner Bros – Jean-Pierre Coursodon – Collection Cinéma Singulier – Éditions du Centre Georges Pompidou - Paris, 1991 (ISBN 2-85850-632-9), p116.
  4. Conversations With Joan Crawford de Roy Newquist, Citadel Press, 1980, Secaucus (New Jersey).
  5. a et b Tous les chemins mènent à Hollywood : Michael Curtiz – René Noizet – l’Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5667-7)
  6. Joan Crawford. A Biography. de Bob Thomas, Simon and Schuster, 1978, New York.
  7. Dark City – Le monde perdu du film noir – Eddie Muller, Collection CinéFiles, Clairac éditeurs, 2007 (ISBN 2-35256-005-5), p. 84.
  8. La Fabuleuse Histoire de la Warner Bros., Clive Hirschorn, Éditions CELIV, 1984, (ISBN 2-86535-050-9), p. 255.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]