La Piste de Santa Fe

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La Piste de Santa Fe

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De gauche à droite : William Lundigan, Henry O'Neill,
Olivia de Havilland et Errol Flynn

Titre original Santa Fe Trail
Réalisation Michael Curtiz
Scénario Robert Buckner
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros. Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Sortie 1940
Durée 110 minutes (1 h 50)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Piste de Santa Fe (titre original : Santa Fe Trail) est un film américain de Michael Curtiz, sorti en 1940. Plus film historique que western, la piste de Santa Fe prend position contre le fanatisme idéologique, incarné ici par John Brown et soutient discrètement les positions sudistes sur les bienfaits d’une lente abolition de l’esclavage.

Le film est entré dans le domaine public en 1968 car United Artists n'a pas renouvelé son droit d'auteur.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1854, une forte camaraderie unit sept jeunes officiers américains terminant leur formation dans la prestigieuse Académie militaire de West Point : George Armstrong Custer, Bob Holliday, Philip Sheridan, James Longstreet, John Bell Hood, George Pickett et J.E.B. Stuart. Ce dernier s'oppose à Carl Rader, un autre élève, partisan de l'abolitionniste John Brown. Une bagarre s'ensuit. Rader est chassé de l’armée pour ne pas avoir respecté la neutralité politique de celle-ci.

"Jeb" Stuart et ses camarades, rejoignent ensuite la Deuxième Unité de Cavalerie cantonnée à Fort Leavenworth, au Kansas. Le film est centré sur la lutte entre l’armée (symbole du pouvoir légal) et John Brown qui maintient une agitation constante dans ce territoire avec l’aide active de Rader. John Brown, joué par Raymond Massey est un fanatique intolérant prêt à tuer et à sacrifier ses propres enfants pour la cause abolitionniste. La manière dont il interprète ce personnage persuadé d’agir au nom de Dieu finit par semer le trouble dans l’esprit du spectateur d’aujourd’hui. John Brown finit par quitter le Kansas.

Custer et Stuart tombent amoureux de Kit Carson Holliday, fille d'un riche constructeur de voies ferrées, Cyrus K. Holliday. Mais la rivalité amoureuse n’entrave en rien leur amitié, de même que les positions différentes des sept jeunes officiers sur l’esclavage ne sont un frein à leur camaraderie. Avant leur départ de Fort Leavenworth, les jeunes gens rient d’une vieille indienne leur prédisant qu’ils seront bientôt ennemis.

L’épilogue du film a lieu le long des rives du Potomac. Custer et Stuart qui ont été mutés à Washington D.C., participent à l’assaut de l'arsenal fédéral de Harper's Ferry. Quelques heures auparavant, cet entrepôt de munitions avait été investi par Brown et ses partisans dans l’espoir d’y trouver des munitions pour une révolte généralisée des esclaves noirs.

Le film se termine par le mariage de J.E.B. Stuart et de Kit Carson Holliday.

Analyse[modifier | modifier le code]

Les références historiques de la piste de Santa Fe sont destinées au public américain. Bon nombre de personnages, y compris le héros J.E.B. Stuart ont réellement existé. Stuart fut bien officier au Kansas mais dans le cadre des guerres indiennes. Il participa à l’assaut de l'arsenal fédéral de Harper's Ferry sous les ordres de Robert Lee où il porta la demande de reddition avant l’assaut final. Les six officiers qui accompagnent le héros à Fort Leavenworth ont tous existé, sauf Bob Holliday dont le rôle se limite à présenter sa sœur, Kit Carson Holliday,autre personnage fictif à Stuart. Ils ont tous fait West Point mais dans des promotions différentes. Ils sont connus du public américain pour leur rôle dans la guerre de Sécession ou dans les guerres indiennes. Si le scénariste les a réunis, faisant fi de toute vraisemblance historique, c’est pour mieux montrer comment l’amitié et la solidarité de ces frères d'armes va être brisée par un conflit qui aurait pu être résolu pacifiquement sans le fanatisme des abolitionnistes.

J.E.B Stuart, James Longstreet, John Hood, George Pickett ont combattu dans le camp sudiste pendant la Guerre de Sécession Georges Armstrong Custer, Philip Sheridan sont nordistes. D’autres personnages historiques apparaissent dans le film. Celui qui donne aux élèves-officiers leur diplôme à la fin de leur formation, est Jefferson Davis, ministre de la guerre en 1854 et futur président des États confédérés d'Amérique sécessionnistes. Robert Lee fut bien directeur de West Point à l’époque où Stuart fréquenta l’académie militaire. Il est le futur général en chef de l’armée sudiste pendant la Guerre de Sécession.

Le camp des Sudistes est présenté comme modéré, soucieux de défendre le droit des États de l’Union à légiférer à leur guise sur l’esclavage. Carl Rader (fictif), l’officier chassé de West Point et partisan de l'abolitionniste John Brown est avant tout intéressé par l’argent. Il finit par trahir son chef pour toucher la récompense liée à sa capture. Il est facile de voir qu’à l’instar d’Autant en emporte le vent, le film est un plaidoyer pour le Sud et ses valeurs vues comme chevaleresques. On y voit même des noirs, cachés par Brown dans le Kansas, regretter d’avoir été libérés et vouloir retourner au Texas. Pourtant, il ne faut pas oublier que ce film a été tourné en 1940. À cette époque les États-Unis sont ségrégationnistes. Le film ne fait que refléter les préjugés communs et les blessures, encore mal cicatrisées d’une guerre civile. De plus, les États-Unis sont en 1940, traversés par un débat sur l’opportunité d’une intervention en Europe ou sur la continuation d’une politique isolationniste. Il est difficile de ne pas faire le parallèle avec cette œuvre dont les protagonistes refusent la guerre pour des idéaux (l’abolition de l’esclavage) et prêchent l’union comme valeur suprême des États-Unis.

Il n'est pas abusif de dire que ce film se situe dans une perspective "révisionniste" de l'Histoire des USA. En effet, dire en 1940 que l'Esclavage aurait trouvé une solution pacifique de par la volonté des sudistes de l'abolir progressivement est une contre-vérité historique patente. Si, effectivement, les motivations officielles des Confédérés étaient de faire respecter les Droits des Etats, la question de l'Esclavage avait pris une dimension centrale dans le débat politique aux USA, à telle enseigne que le fameux compromis "Mason-Dixon" n'avait fait que retarder une guerre civile qui avait été à deux doigts d'éclater en 1850, après les sanglants incidents du "Bloody Kansas".

De même on peut s'interroger la présentation manichéenne des protagonistes. D'un côté les abolitionnistes, présentés comme des gens cupides, lâches, hypocrites et violents, cherchant à provoquer la guerre, et de l'autre les sudistes, vrais gentlemen, modérés, courageux, patriotes, pacifistes et désintéressés, ne voulant que la paix, alors que la vérité historique est que ce sont bel et bien les sudistes qui ont déclenché la guerre après l'élection de Lincoln !

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités 

Autour du film[modifier | modifier le code]

Après avoir été l'ami de Custer dans ce film, Errol Flynn joue l'année suivante, en 1941, le rôle du général George Armstrong Custer dans La Charge fantastique.

Olivia de Havilland joue pour la septième et avant-dernière fois avec Errol Flynn qu'elle ne pouvait pas supporter. Elle interprète un personnage au nom improbable de Kit Carson Holliday. Ce nom est un clin d’œil à deux héros de la conquête de l’Ouest, Kit Carson et Doc Holliday.

Cyrus K. Holliday a vraiment existé. Il a construit la ligne de chemin de fer Topeka-Santa Fe. Il a eu deux enfants qui ne s'appelaient ni Bob, ni Kit mais Lillie et Charles King.

Le film a été un grand succès aux États-Unis en 1940.

Liens externes[modifier | modifier le code]