Langues hmong-mien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Langues hmong-mien
Parlée en Chine, Laos, Viêt Nam, Birmanie
Classification par famille
  • - langues hmong-mien
Codes de langue
ISO 639-5 hmx

Les langues hmong-mien ou miao-yao (en chinois 苗瑶语系, Miáo-Yáo yǔxì) sont une petite famille de langues de Chine du sud et d'Indochine. Elles sont parlées dans les régions montagneuses de Chine du sud, dans les provinces de Guizhou, Hunan, Yunnan, Sichuan, Guangxi et Hubei, là où ont été relégués les « peuples des collines », alors que les Hans se sont installés dans les vallées plus fertiles. Au cours des trois à quatre mille dernières années, Les populations Hmong et certains Mien ont émigré vers la Thaïlande, le Laos, le Viêt Nam et la Birmanie (Myanmar). Les guerres successives en Indochine ont conduit de nombreux Hmong à quitter l'Asie du Sud-Est pour l'Australie, les États-Unis d'Amérique, et d'autres pays occidentaux.

Parenté[modifier | modifier le code]

Les langues hmong, en rouge, et les langues mien, en vert

Les langues hmong (miao) et mien (yao) sont nettement distinctes, bien que linguistiquement proches. La position de la langue ho nte (shē en mandarin) n'est pas claire ; on pense cependant qu'elle est plus proche de la branche mien. La difficulté de la classification provient en partie de la forte influence exercée par les langues voisines. On trouvera ci-dessous une proposition de classification des langues hmong-mien.

Les anciennes classifications plaçaient les langues hmong-mien dans la famille des langues sino-tibétaines, où de nombreuses classifications chinoises les placent d'ailleurs encore, mais le consensus actuel parmi les linguistes occidentaux leur donne un statut de famille séparée. La famille hmong-mien est originaire du sud ou peut-être du centre de la Chine. Si la région où l'on trouve le plus grand nombre de locuteurs est actuellement comprise entre les fleuves Yangzi Jiang et Mékong, il y a des raisons de penser qu'ils y ont migré depuis des régions situées plus au nord, suite à l'arrivée de populations han.

Certains linguistes ont émis l'hypothèse que les langues hmong-mien pourraient faire partie d'une super-famille « austrique », mais aucune preuve n'en a encore été apportée.

Noms[modifier | modifier le code]

En mandarin, ces langues sont appelées miáo et yáo.

Les noms meo, hmu, mong et hmong sont diverses appellations locales pour miáo. Le nom hmong, que se donnent la plupart des réfugiés laotiens, est le plus employé en Occident. On doit noter cependant que ce nom n'est pas utilisé en Chine, où vivent la plupart des Miao.

Quant au nom chinois yáo, il est aussi utilisé pour la nationalité yao, qui est plus un groupe culturel qu'un groupe ethnolinguistique. Il comprend des populations parlant la langue mien, des langues tai-kadai, yi et hmong. Pour ces raisons, il est préférable d'utiliser l'ethnonyme Mien, moins ambigu.

Les mots hmong et mien, signifiant tous les deux personnes, sont apparentés.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses langues de la Chine du sud, les langues hmong-mien sont fortement monosyllabiques. Elles sont aussi parmi les langues les plus tonales du monde. Certains ont suggéré qu'elles auraient pu être à l'origine de l'utilisation des tons ; ainsi le chinois, les autres langues tibéto-birmanes comme le nosu, et les langues tai-kadai auraient pu développer leur système de tons sous l'influence hmong-mien, et plus tard le vietnamien sous l'influence tai.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il semble que les Hans soient restés cantonnés dans la haute vallée du Huang He (fleuve jaune) pendant la dynastie Zhou. Ils n'y étaient peut-être que des immigrants de fraîche date ; si c'est le cas, la question de l'identité du peuple de la dynastie Shang est ouverte. Les Hmong-Mien sont une possibilité, mais il est aussi possible que les Shang n'aient laissé aucune descendance linguistique. Une chose est cependant certaine, les légendes chinoises présentent le peuple hmong-mien comme l'un des fondateurs de la Chine. Des fouilles japonaises de cités « chinoises » anciennes telles que Pengtoushan ont montré la possibilité que leurs habitants aient été d'ethnie hmong-mien ; un argument en faveur de cette théorie est apporté par des études palynologiques, prouvant la présence de liquidambars, couramment employés comme arbres à prières dans les villages hmong-mien.

Si les Hmong-Mien ont eu un jour une aussi grande extension, la plus grande part de leur diversité a été perdue. Les langues actuelles seraient alors la seule branche de la famille à avoir survécu.

Proposition de classification[modifier | modifier le code]

Ethnologue.com liste trente-cinq langues hmong-mien, mais nombre d'entre elles sont mutuellement intelligibles. La classification ci-dessous reprend Matisoff (2001).

De plus, la position du ho nte est obscure.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) Niederer, Barbara, Les langues Hmong-Mjen (Miáo-Yáo). Phonologie historique, Lincom Studies in Asian Linguistics 07, Munich, Lincom Europa, 1998, (ISBN 3 89586 211 8)

Liens externes[modifier | modifier le code]