Lametz

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Lametz
église de Lametz
église de Lametz
Blason de Lametz
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Vouziers
Canton Tourteron
Intercommunalité Communauté de communes des Crêtes Préardennaises
Maire
Mandat
Anne-Marie Tuot
2014-2020
Code postal 08130
Code commune 08244
Démographie
Population
municipale
79 hab. (2011)
Densité 8,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 31′ 53″ N 4° 41′ 27″ E / 49.5314, 4.6908 ()49° 31′ 53″ Nord 4° 41′ 27″ Est / 49.5314, 4.6908 ()  
Altitude Min. 157 m – Max. 198 m
Superficie 9,46 km2
Localisation

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Lametz est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne. Ses habitants sont les « Harnicots » (sorte de hanneton en patois).

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

D'après Albert Meyrac, Lametz est située « au fond d'un vallée étroite aux pentes de calcaires à astartes ». Aux environs, on trouve alternativement des « marnes et des calcaires blancs, des sables verts et argiles du gault, un petit îlot de gaize, ainsi que des calcaires coralliens ; la présence de limon dans les terres a permis la culture des arbres fruitiers ». Lametz se trouve en effet dans le terroir du Tourteronnais, connu pour ses vergers.

Le village est environné de gouffres et de sources bouillonnantes : l'une d'elles alimente le lavoir. Un ruisseau traverse également la commune.

Écarts[modifier | modifier le code]

  • le Château,
  • le Moulin,
  • le Pâquis,
  • la Vannière,
  • les Mares.

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Mare (1176), la Mer (1244)[1], La Metz (1793)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

Les cartes d'état-major mentionnent une ancienne voie romaine passant sur le territoire de la commune, ce qui tend à démontrer une occupation humaine dès cette époque.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Lametz appartenait au comté de Rethel. En 1218, Hugues II, comte de Rethel, et Félicité de Beaufort, son épouse, donnèrent la seigneurie de Lametz à l'abbaye des Mares. Ils signèrent avec Jehan, abbé des Mares, une charte d'affranchissement selon la loi de Beaumont. Cette charte de fondation en latin existe encore, renforcée dix ans plus tard par une version en français.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1521, le comté de Rethel échoit à François de Clèves. Les trois fils de ce dernier étant morts jeunes et sans postérité, le duché revint donc à l'aînée de ses filles, Henriette de Clèves, et à son époux Louis de Gonzague, duc de Nevers (Louis IV de Nevers), puis duc de Rethel à partir de 1581, par la grâce d'Henri III. Les nouveaux duc et duchesse de Rethel et de Nevers deviennent donc seigneurs de Lametz. Vers 1596, pour combler les dettes de son bâtisseur de mari, Henriette vendit la moitié de la seigneurie de Lametz au sieur du Bois d'Ecordal qui y fit bâtir un château.

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Entre les XVIIe et XVIIIe siècles, le château et les terres de Lametz passent à divers propriétaires (on retrouve dans les archives la famille d'Ivory à la fin du XVIIe siècle), jusqu'à l'époque de la Révolution où ils sont mis en vente.

XIXe siècle : une parenté monégasque[modifier | modifier le code]

En 1803, monsieur Antoine Rouyer acquiert le château et s'y installe avec son épouse, Françoise-Henriette Legras de Vaubercy, et les enfants des deux précédents mariages de celle-ci. C'est au château de Lametz que Florestan Ier de Monaco rencontre Caroline Gibert, fille du second mariage de Françoise-Henriette Legras de Vaubercy. Il l'épouse en 1816.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de Lametz se blasonnent ainsi:
Parti : au premier, d'argent au cœur croisé de gueules, accompagné de cinq mouchetures d'hermine de sable posées 2-2-1; au second, d'or au lion aussi de gueules, et sommant le tout, un chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.

  • Ce blason a été adopté par le Conseil municipal le 10 juin 1999.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 en cours Anne-Marie Tuot[3]    
1971 2001 Gilbert Nizet    
1965 1971 Robert Pierrard    
19?? 19?? Paul Saucourt    
19?? 19?? Georges Thomas    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 79 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
344 352 425 374 446 451 450 426 412
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
326 297 291 254 235 226 214 204 188
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
192 147 164 140 140 120 121 112 100
1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 -
80 75 68 77 76 79 81 79 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église[modifier | modifier le code]

L'église de Lametz date du XIIe siècle. Elle est de style roman et située un peu en dehors du village, au sud. Deux statues de pierre du XVIIIe siècle placées sous une niche ornent la façade: une Vierge à l'Enfant et un saint Nicolas, le patron de la paroisse. Dans le chœur, trois statues de pierre classées datant également du XVIIIe siècle sont scellées au mur: au-dessus de l'autel une Vierge à l'Enfant, puis, sur le côté gauche saint Augustin et sur le côté droit saint Norbert. Ces statues proviendraient de l'abbaye des Prémontrés de Longwé (lieudit), maintenant disparue. Sur l'un des piliers de la nef est accroché un Christ en bois naturel et le dessus de la chaire à prêcher comporte un ange en bois, le tout datant toujours du XVIIIe siècle. Enfin, dans la niche du petit autel côté gauche, se trouve une Vierge en bois du XVIIIe ou XIXe siècle qui serait une représentation de Notre-Dame de Walcourt.

Le cimetière borde l'église. Une croix avec crucifix se dresse à droite de l'entrée. Il s'agit en fait de la croix d'affranchissement du village. Les têtes des figures de son pilier ont fortement été endommagées lors de la Révolution. A mi-hauteur de l'allée principale sur le côté gauche se trouve la tombe d'Antoine Rouyer.

Château[modifier | modifier le code]

Le château de Lametz, sur la route de Neuville-Day, est une gentilhommière du XVIIe siècle qui a appartenu à la famille Rouyer puis à la Famille Gibert. Il a malheureusement connu des incendies (il ne reste aujourd'hui que le tiers du bâtiment originel), et des adjonctions de bâtiments modernes.

C'est dans ce château que Florestan Ier de Monaco rencontra Caroline Gibert qui devint son épouse, et princesse Caroline de Monaco.

Le château de Lametz, vendu par les Grimaldi, après avoir accueilli des colonies de vacances, puis avoir été transformé en gîte d'accueil pour groupes est maintenant habité par des particuliers qui l'ont racheté.

Abbaye des Mares[modifier | modifier le code]

Vers l'an 1150, Wither, comte de Rethel, fonda une abbaye de Chanoines réguliers de Prémontré au lieudit actuel "les Mares".

En 1218, le monastère, ayant été détruit, fut relevé par Hugues II et Félicité de Beaufort, son épouse, comtes de Rethel. Ils signèrent ensuite une charte avec l'Abbé des Mares qui donnait à l'abbaye le village des Mares et la seigneurie de Lametz, et plaçait le tout sous la "loy, coustume et liberté de Beaumont".

En 1350, durant la Guerre de Cent Ans, nouvelle destruction de l'abbaye qui est transférée dans le vallon de Longwé (le Longwé cité ici est maintenant un lieudit entre Lametz et Le Chesne, il n'a rien à voir avec la commune ardennaise homonyme). Malgré plusieurs aléas au cours de l'histoire, cette dernière abbaye perdura jusqu'à la Révolution où elle fut confisquée et vendue. C'est à cette époque également que l'on situe le transfert de ses statues à l'église de Lametz. En 1793, l'abbaye et ses bâtiments furent démolis. Aujourd'hui, seuls les noms de quelques lieudits ont conservé la mémoire des moines.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean Renart de Fuchsamberg (1607-1684) : Il devint abbé Commendataire de l'abbaye de Longwé en 1629. Sous sa direction, l'abbaye fut sagement administrée et réussit à éponger ses dettes, à faire de nouvelles acquisitions et embellit son église. On retrouve son blason sculpté à l'arrière du maître-autel de l'église de Lametz.

Le moine Claude : On ne sait presque rien de ce moine sinon que la croyance populaire lui attribue le mérite d'avoir le premier acclimaté et planté une petite fleur appelée Nivéole, que l'on trouve encore dans les bois de Longwé, et à qui il a laissé son nom : on l'appelle couramment "Claudinette" ou "Glaudinette".

Antoine Rouyer : Né le 13 mars 1762 à Dieue (Meuse), décédé le 23 novembre 1836 et enterré à Lametz. Administrateur de l'école militaire de Saint-Cyr sous l'Empire. Chevalier de la Légion d'honneur. Propriétaire en 1803 du château de Lametz où il résida avec son épouse Henriette de Vaubercy et les enfants de celle-ci.

Caroline Gibert : Née en 1794, de l'homme de loi Charles-Thomas Gibert et d'Henriette Legras de Vaubercy, et inscrite à l'état-civil sous le nom de Caroline Gibert et appartient à la grande bourgeoisie champenoise. En 1798, sa mère Henriette de Vaubercy (veuve Musnier de Mauroy, puis veuve Gibert), épouse en 3èmes noces Antoine Rouyer qui en 1803 achète le château de Lametz. Ils vivent donc tous les trois à Lametz.

Florestan Ier de Monaco : Le prince Honoré IV de Monaco avait épousé Louise d'Aumont, héritière des ducs de Mazarin. Celle-ci eut deux fils: Honoré, destiné à régner, et Florestan. Ne recevant pas beaucoup d'affection de la part de sa famille, Florestan fut enrôlé malgré lui dans l'armée de Napoléon, il dut faire la Campagne de Russie, il fut fait prisonnier et interné à Koenigsberg.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Géographie illustrée des Ardennes d'Albert Meyrac. Ed. de la Tour Gile (Péronnas) 1997 - ISBN 2-87802-311-0
  • En Argonne, sur les traces des Moines d'Alcide Leriche, Lauréat de l'Académie Stanislas (histoire de l'abbaye des Mares). Imprimerie Lefevre 1979 - pas d'ISBN mentionné.
  • Les Ardennes, les 463 communes de Daniel Delattre. Ed. Delattre 2005 - ISBN 2-915907-21-8.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2, Librairie Droz,‎ 1996, 1385 p. (ISBN 978-2-600-00133-5, lire en ligne), p. 1094
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin (fichier au format PDF)
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]