Lama (Haute-Corse)

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Lama
Lama (co)
Vue du village
Vue du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Calvi
Canton Haut-Nebbio
Intercommunalité Communauté de communes di E Cinque Pieve di Balagna
Maire
Mandat
Attilius Ceccaldi
2014-2020
Code postal 20218
Code commune 2B136
Démographie
Gentilé Lamais
Lamacci (co)
Population
municipale
167 hab. (2011)
Densité 8,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 34′ 39″ N 9° 10′ 22″ E / 42.5775, 9.1727777777842° 34′ 39″ Nord 9° 10′ 22″ Est / 42.5775, 9.17277777778  
Altitude 480 m (min. : 120 m) (max. : 1 535 m)
Superficie 19,92 km2
Localisation

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Lama
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Lama (en corse Lama, prononcé [ˈlaː.ma]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse. Elle appartient à la microrégion du Canale, à l'extrémité orientale de la Balagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lama est avec Urtaca, Pietralba (ces trois communes forment la microrégion du Canale), Novella et Palasca, l'une des cinq communes donnant sur la vallée de l'Ostriconi, territoire aussi nommé (par les offices de tourisme) Paesi d'Ostriconi, situé à l'extrémité orientale de la Balagne.

Panorama du village

Relief[modifier | modifier le code]

La commune occupe une section méridionale de la vallée de l'Ostriconi, située au centre de l'ancienne pieve de Canale. Celle-ci était composée au début du XVIIIe siècle de Lama, Pietralba et Urtaca. Divisé par le cours d'eau, son territoire est partagé en deux zones :

  • la partie orientale adossée à la chaîne du massif de Tenda qui le sépare du Nebbio, la ligne de crête démarrant au nord à Bocca Sacropina 1 349 m d'altitude, s'élevant jusqu'au Monte Astu plus haut sommet de la chaîne culminant à 1 535 m « à cheval » sur Lama et Sorio, jusqu'à Petru San Ghjaccu (1 512 m).
  • la partie occidentale adossée à une ligne de crête de moyenne montagne le séparant du Giussani.

Le village occupe une position centrale sur la commune.

  • au nord, les limites du territoire sont plus virtuelles, avec des tracés souvent rectilignes, presque horizontales, partant de Sacropino à l'est, évitant Urtaca en passant au sud du village, jusqu'à la rivière Ostriconi et descendre son cours jusqu'au lieu-dit Valliana qui marque l'extrémité nord-est de la commune.
  • au sud, ses limites démarrent de Petru San Ghjaccu à l'est et prennent une direction sud-ouest jusqu'à l'Ostriconi, descendant le ruisseau de Cognolo avant de suivre une ligne de crête passant par les Grottes d'Erbajolo et les flancs méridionaux du Pinzu Lavigni, et traverser la D8 et la RN 1197. Ensuite, la démarcation suit une courte portion du cours de l'Ostriconi jusqu'à la confluence du ruisseau de Faciolari et remonte son cours jusqu'à la ligne de crête occidentale.

La vallée de l'Ostriconi fait partie des dépressions centrales qui vont de l'Île-Rousse à Solenzara en passant par Corte, partageant la Corse en deux régions montagneuses distinctes : la Corse granitique au sud-ouest ou « l'au-delà des monts » et la Corse schisteuse au nord-est ou « l'en deçà des monts ».

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Vue du village

Le réseau hydrographique est constitué de ruisseaux affluents de la rivière Ostriconi, cours d'eau traversant la commune. Ces petits cours d'eau ont pour nom :

  • rive droite : ruisseau de Corbione, ruisseau de Malculo grossi par le ruisseau de Bodulo, ruisseau de Funtana Bona, ruisseau de Felicione, partie du ruisseau de Cugnolu ;
  • rive gauche : ruisseau de Focolaccio, ruisseau d'Ostincaia, ruisseau de Villanaccio, ruisseau de Furchelle, ruisseau de Valli, ruisseau de Calasconi et ruisseau de Faciolari.

Bien que naissant sur les flancs de la ligne de crête occidentale beaucoup plus basse que celle du versant oriental, ils sont plus nombreux à l'umbria (ubac).

Climat[modifier | modifier le code]

De par sa situation, la vallée est un goulet ouvert aux vents d'ouest et de nord-ouest dominants, où les températures sont proches de celles du littoral balanin. Mais en raison de leur exposition, les deux versants de la vallée présentent des paysages très différents. L'adret (sulana), rocailleux avec des arêtes déchiquetées sur les hauteurs, est sec, avec peu d'arbres hors l'alentour du village. À l'adret, les nombreuses terrasses de culture depuis longtemps abandonnées, ont été mises au jour par le terrible incendie de 1971 qui ravagea toute l'oliveraie de la vallée. L'ubac (umbria) est une suite de collines arrondies, très vertes, couvertes d'un maquis méditerranéen traditionnel, avec de nombreux oliviers près du lit de la rivière.

Habitat[modifier | modifier le code]

Vue du village

Les premières maisons de Lama ont été érigées sur une sorte de « nid d’aigle » au pied d'une tour de guet appelée en langue corse « A Torra ».

La particularité architecturale de Lama est de voir le mariage harmonieux de deux styles différents : le vieux quartier médiéval, composé de petites maisons aux toits terrasses collées les unes aux autres, de ruelles étroites et voûtées, voit s’ajouter « l'architecture d'affirmation » des familles d'oléiculteurs les plus aisés qui se font construire, au XVIIIe siècle, de grandes maisons bourgeoises d’inspiration toscane, particulièrement la maison Bertola avec son belvédère toscan.

Il existe encore de nombreux pressoirs à huile, témoins séculaires de l’activité des hommes sur ce territoire.

Un fleurissement original lui a valu le label de village fleuri « 4 fleurs ».

Accès[modifier | modifier le code]

U Nocciulaghju

Jusqu'aux années 1980 le village n'était desservi que par une seule route, la D8, longue, étroite et sinueuse. Elle prenait naissance au pont de Volparone sur la RN 197, longeait le ruisseau de Santa Maria jusqu'au col éponyme, puis desservait successivement Pietralba, Lama et Urtaca. Elle retrouvait la D81 peu avant le lieu-dit Pietra Moneta.

Depuis, une voie rapide dite Balanina ou RN 1197 a été créée, désenclavant la touristique microrégion de Balagne. La Balanina traverse la commune au fond de la vallée en longeant l'Ostriconi ; elle « double » de fait l'ancienne route toujours nommée D8, du pont de Volparone sur la RN 197 jusqu'au lieu-dit Bocca di Campi Tostari. La place de l'église au village se trouve éloignée de 3 km de l'aire de Tesa sur la RN 1197.

La commune n'est pas traversée par la ligne des Chemins de fer de Corse. La gare la plus proche est celle de la commune voisine de Novella, à 12 km par la route.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Novella Urtaca San-Gavino-di-Tenda Rose des vents
Novella N Sorio
O    Lama    E
S
Novella Pietralba Pietralba

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le plus ancien document attestant de l'existence de Lama date de 1206.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, vers 1520, la pieve d'Ostriconi comportait des lieux habités qui avaient pour nom Artacha, Lama, Novella, Cruscani, Pochina, Palasia, Spelonche[1].

Lorsqu’au début du XVIIe siècle, Gênes puissance coloniale de la Corse, décide de développer l'arboriculture en Corse, le village, qui possède des oliviers à l'état sauvage, va connaître le début de son âge d’or. En effet, dès 1607, ordre est donné de les greffer. À compter de cette date, et durant plus de trois siècles, Lama va connaître le rythme des récoltes d’olives et de la fabrication de l'huile d'olive.

Son oliveraie va, au fil du temps, s’accroître de telle manière, qu’elle atteindra le nombre de 35 000 pieds d'oliviers, et qu’elle sera l’une des plus importantes de Corse, voire de France. La richesse que génère pour le village cette huile abondante et renommée va avoir des prolongements tant sur le plan architectural que culturel.

Comme les autres villages de l’intérieur de la Corse, Lama va voir ses structures agro-pastorales s’étioler.

  • 1768 - Passant sous administration française, la pieve d'Ostriconi devient la pieve de Canale.
  • 1789 - La Corse fait partie du Royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui de El Golo (l'actuelle Haute-Corse). La commune portait le nom de Lama (an II).
  • 1793 - Avec la Révolution française, la pieve de Canale devient le canton de Canale.
  • 1828 - Le canton de Canale prend le nom de canton de Lama[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les deux guerres mondiales, dans lesquelles de nombreux corses vont combattre et périr, vont précipiter le village sur la voie du déclin.

  • 1954 - La commune de Lama qui comptait 267 habitants, formera avec les communes voisines de Pietralba et d'Urtaca, le canton de Lama.
  • 1971 - Le 27 août, un immense incendie, poussé par un vent violent, remonte la vallée de l'Ostriconi. En seulement une journée, ce feu annihile le labeur de trois siècles d'oliveraie, consumant ses 35 000 pieds d’oliviers et laissant un village exsangue.
  • 1973 - De nouveaux cantons sont créés dont celui du Haut-Nebbio, avec la fusion imposée des anciens cantons de Lama, Murato et Santo-Pietro-di-Tenda.
  • 1989 - Mettant à profit un Contrat de Plan État-Région subventionnant la création groupée de gîtes ruraux, la commune et de nombreuses familles villageoises se lancent dans l’aventure du tourisme rural.

À ce titre, Lama a obtenu plusieurs distinctions :

  • Village Fleuri (4 fleurs, seule distinction en Corse) ;
  • Grand Prix National de l'Innovation Touristique en 1989 ;
  • Bravos de l'Accueil en 1995 ;
  • Médaille d'Argent du Tourisme en 1996.

Proverbe relatif à l'huile lamaise : « Pane d'Antisanti è oliu di Lama sò affissati à e porte di Roma » (Pain d'Antisanti et huile de Lama sont connus jusqu'aux portes de Rome).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Simon Baccelli DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 167 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
318 340 459 387 399 431 442 401 445
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
414 401 467 529 512 510 514 541 550
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
528 525 512 505 515 496 278 267 249
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
237 174 120 98 130 166 176 167 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

Ancienne chapelle San Lorenzo

Ancienne chapelle San Lorenzo[modifier | modifier le code]

L'ancienne chapelle San Lorenzo (Saint Laurent) se situe proche du lit de l'Ostriconi, peu au nord de l'aire de Tesa sur la « Balanina », voie récemment classée Route nationale 197. Elle a été construite à la fin du XIIIe siècle. Dès la fin du XVe siècle, elle ne sert plus qu'aux offices funéraires et aux messes de célébration du saint tutélaire. Au XVIIIe siècle, elle tombe en ruines, puis subit des réaffectations successives. Devenue propriété d'une personne privée, elle est utilisée d'abord comme remise agricole avant de devenir une habitation.

La nef qui se terminait probablement par une abside en cul de four, est orientée sur un axe est/ouest +10°, l'abside à l'est, la façade principale avec son portail à l'ouest comme l'étaient la grande majorité des églises romanes corses.

Non signalée, envahie par les ronces, elle est fermée au public. Elle recèle des fresques de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle. San Lorenzo fait partie de ces exceptionnelles chapelles dites « à fresques » que la Collectivité territoriale de Corse envisage de réhabiliter dans le cadre du PEI[Note 3],[4].

Pour son décor intérieur de la fin du XIIIe siècle, elle est protégée et classée Monument historique par arrêté du 30 janvier 1995[5].

Dès la mise en vente de la chapelle, la commune en a fait l'acquisition en 2005[Note 4] afin de réhabiliter cet élément majeur de son patrimoine.

Église Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Église Saint-Laurent

L'église paroissiale Saint-Laurent, anciennement Notre-Dame-de-la-Visitation, date des XVIIIe et XIXe siècles.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

Monument aux morts
  • Monument aux morts en bordure de la route à l'entrée du village

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Noël Santini originaire du village (1790-1862). Celui-ci servit à 14 ans comme tambour au bataillon des tirailleurs corses (sous les ordres du commandant D’Ornano) dès 1804 et jusqu’en 1812, puis il fut appelé comme estafette au début de la campagne de Russie dont il fit partie. Ensuite, en 1814, il fut estafette au grand-quartier général.

Après l’abdication de Fontainebleau, il fut autorisé par le Comte Bertrand à suivre l’Empereur à l’île d’Elbe et fut admis aux fonctions de gardien du portefeuille (huissier du Cabinet). Il suivit Napoléon à l'Île Sainte-Hélène d’où il repartit le 19 octobre 1819. Il finira ses jours comme gardien du tombeau de l’Empereur aux Invalides.

Fêtes et loisirs[modifier | modifier le code]

  • Le 10 août se fête Saint-Laurent (San Luzenzu), le saint patron.

Festival du cinéma de Lama[modifier | modifier le code]

Il est l'œuvre de l’Association du Festival du Film de Lama fondée en 1994 par quelques habitants du village passionnés de cinéma. Il a lieu la première semaine d'août. En 2011 a eu lieu Le 18e festival de ce festival européen du cinéma et du monde rural, sur thème de ruralité. Les projections se font en plein air sur trois sites.

Randonnées[modifier | modifier le code]

Randonnée du Monte Astu

Randonnée du Monte Astu[modifier | modifier le code]

Cette randonnée balisée démarre en haut du village de Lama. Un panneau en indique les principales informations : itinéraire, dénivelé, durée et balisage. À savoir l'existence du refuge de Prunincu à 1 048 m d'altitude au nord du Pinzalone (1 078 m). Elle se termine à Cima di Grimasetta (1 509 m), environ un kilomètre après le passage du monte Astu (1 535 m). Toutefois le sentier peut être poursuivi jusqu'à Pietralba (500 m) en passant par Bocca di Tenda (1 219 m).

Les randonneurs ont également la possibilité, avant d'atteindre Monte Astu, de rejoindre Urtaca (400 m) en bifurquant au nord via Cima a Muzzelli (1 299 m) et bocca di San Pancrazio, et ensuite, de terminer leur course sur Lama en longeant les flancs de Monte di u Gattu et ceux du Monte Castelluccio.

Certains rejoignent Santo-Pietro-di-Tenda ou Sorio par Bocca di Tenda, en franchissant la barrière montagneuse du Monte Astu, ce qui est un parcours beaucoup plus difficile.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  3. Le Programme exceptionnel d'investissements (PEI), prévu par l'article 53 de la loi du 22 janvier 2002 relative à la Corse, est destiné à « aider la Corse à surmonter les handicaps naturels que constituent son relief et son insularité et à résorber son déficit en équipements collectifs et services collectifs »
  4. Acte notarié du 4 février 2005

Références[modifier | modifier le code]