Giussani

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Giussani
Ghjunsani (co)
Image illustrative de l'article Giussani
Vue du San Parteo depuis Olmi-Cappella

Pays France
Subdivision administrative Corse
Subdivision administrative Haute-Corse
Ville(s) principale(s) Olmi-Cappella
Commune(s) 4
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Balagne
Caccia

Le Giussani (en corse Ghjunsani, prononcé [ɟuŋ.ˈsaˑ.nĭ]) est une microrégion du nord-est de la Corse, dans le département de Haute-Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panneau cartographique du Giussani

Le Giussani est l'une des plus remarquables microrégions de l'île. Il couvre le territoire de l'ancienne pieve de Jussani dont il a conservé le nom. C'est l'un des bassins versants du Golo. Situé à l'extrême Sud-est de la Balagne, il est composé de quatre communes :

Situation[modifier | modifier le code]

Le Giussani occupe la partie septentrionale du Parc naturel régional de Corse. Avec une superficie de 101,19 km², Il s'étend depuis les limites des communes d'Olmi-Cappella et de Palasca au Nord, jusqu'au fond de la vallée du Tartagine Melaja au Sud-est, dans un vaste cirque de montagnes formé par San Parteo (1 680 mètres - Pioggiola), Cima-Caselle (1 622 mètres - Feliceto), Monte Grosso (1 937 mètres - Zilia), Punta Radiche (2 012 mètres - Mausoléo), Capu a u Dente (2 029 mètres - Mausoléo), Monte Corona (2 144 mètres - Calenzana), Capu a u Corbu (2 082 mètres - Asco), Cima di a Statoghia (2 305 mètres - Asco) et Monte Padro (2 390 mètres - Olmi-Cappella), le sommet emblématique de la microrégion.

Panorama du Giussani et ses sommets

Cette enclave haut perchée, longtemps coupée du reste du monde et fortement dépeuplée, ne compte en tout et pour tout que 332 habitants[1] pour 101,19 km² ! L'inéluctable exode de l'intérieur de l'île à partir de la moitié du siècle dernier a entrainé la disparition de la céréaliculture de subsistance, le déclin de la production castanéicole et de l’élevage.

Le Giussani est oublié du tourisme. Toutefois, l’aventure théâtrale menée récemment par Robin Renucci semble apporter un regain de vie. En créant « Les rencontres internationales de Théâtre en Corse », l'acteur a voulu favoriser la création théâtrale par le biais d'échanges entre comédiens de divers horizons.

Constitution[modifier | modifier le code]

Pont de la D963 sur la rivière Melaja

Dès qu'on aborde le Giunssani par le Col de San Colombano sur la RN 197, la microrégion apparait désertique. Les vestiges d’un ancien système agropastoral sont encore visibles. Sur ces terres arides, balayées par les vents et brûlées par de fréquents incendies, le maquis a même du mal à reprendre ses droits. La végétation y est basse, composée essentiellement de cistes ras, de calicotomes épineux, de poiriers sauvages et de genévriers cade. Elle n'arrive pas à cacher les nombreuses terrasses de culture lenze en langue corse qui couvrent toutes les collines.

Ce n'est qu'en y pénétrant par le col de Battaglia, en empruntant une route sinueuse bordée de bois de chênes verts, de séculaires chênes pubescents et de châtaigniers, qu'on voit au loin les majestueux et austères sommets couverts en partie de forêts profondes de pins laricio et de pins maritimes.

Au détour d'un virage, on découvre soudainement les villages. Ils sont tous bâtis en terrasses en plein sud. « À vol d'oiseau », ils apparaissent très proches les uns des autres.
Plus de la moitié du Giussani est occupée par la vaste forêt territoriale de Tartagine Melaja. Ce nom découle du principal cours d'eau qui est la rivière Tartagine et de son principal affluent, la rivière de Melaja.

La Tartagine prend sa source à 1 870 mètres d'altitude sur la commune de Olmi-Cappella, entre Monte Corona (2 144 mètres) et Capu a u Corbu (2 082 mètres). Outre les nombreux ruisseaux qui alimentent son cours, la Tartagine est grossie à 569 mètres d'altitude, par la rivière de Melaja. Celle-ci prend sa source à 1 416 mètres au pied de la Punta Radiche.

Accès[modifier | modifier le code]

Jadis, Bocca di Tartagine (1 852 m) entre les vallées de la Figarella et de la Tartagine, était un lieu de passage pour des activités pastorales, la transhumance essentiellement.

Aujourd'hui on accède au Giussani par des voies routières :

  • la RN 2197.
    • En venant de Ponte-Leccia au Sud, prendre la D247 au carrefour de la RN 2197 avec la RN 197 dite en cette portion la Balanina. Poursuivre par la D547 pour rejoindre la D963 laquelle dessert les quatre villages du Giussani.
    • En venant de Belgodère, peu avant le col de San Colombano (692 m), prendre la D963.

Savoir que la route D963 est goudronnée sur 17 km jusqu'à la maison forestière de Tartagine. Elle se poursuit sur plusieurs kilomètres par une piste à peine carrossable qui longe en remontant la rivière Tartagine. Elle se termine en cul-de-sac au fond du cirque, en pleine forêt.

  • la D63 en venant de Speloncato. Franchir Bocca di a Battaglia (col à 1 099 m d'altitude) pour arriver à Pioggiola.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pieve de Jussani.

Le Giussani est une microrégion qui était habitée depuis le début de l'ère chrétienne, voire plus avant encore. Olmi-Cappella recèle de nombreuses traces : mégalithes, enceintes, cupules, matériel lithique. Les Romains y ont laissé des traces beaucoup plus visibles de leur passage : pont romain à Vallica et voie pavée à Mausoléo par exemple.

La pieve de Jussani, dont le chef-lieu était Mausoléo, comptait au début du XIVe siècle sept communautés : Mausoleo, Forcili, Pioggiola, Capella, Olmi, Lecciole et Vallica. Elle prendra le nom de Patro[2] pour devenir, par décret de la Convention du 1er juillet 1793, le canton du Padro faisant partie du département du Golo. Par décret du 18 avril 1811, Napoléon 1er fusionna les départements du Golo et du Liamone. Le canton du Padro devint celui d'Olmi-Capella. Aujourd'hui, les communes du Giussani font toutes partie du canton de Belgodère.

Le Giussani a été l'un des secteurs les plus peuplés de Balagne, comme en témoigne encore certains vestiges et bâtiments. Exemple, la présence à Olmi-Cappella d'une grande bâtisse appelée « Établissement Battaglini » et qui fut le premier collège de Balagne !

La forêt territoriale de Tartagine, couverte de pins laricio et de pins maritimes, l'une des forêts les plus sauvages et les plus retirées de Corse, a été en partie ravagée par un dernier grand incendie en septembre 2003. 1 800 ha de forêt avaient été détruits.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Panneau Découverte du Patrimoine

Le Giussani possède un patrimoine qui reste à découvrir pour bon nombre de visiteurs car il est vraiment à l'écart des circuits touristiques traditionnels de Balagne. Il l'est d'autant plus que l'ancienne section de la RN 197 passant par Belgodère et le col de San Colombano, aujourd'hui renommée RN 2197, qui était la seule véritable route le desservant tout en reliant la Balagne au centre de l'île, et par là même aux autres microrégions de la Corse, a été doublée dans les années 1980 par la « Balanina », une voie bien plus rapide, devenue portion de la RN 197.

Ce patrimoine réside en la beauté de ses sites naturels et paysagers, mais aussi en ses villages, édifices et monuments qui ont su conserver leur caractère authentique d'antan.

Plusieurs sentiers permettent de découvrir le Giussani, le plus important d'entre-eux étant le sentier de grande randonnée L'Île-Rousse-Corte. Jadis, ils étaient parcourus pour la transhumance ; d'où la présence encore de ponts génois sur les rivières Francione et Tartagine.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]