Euphronios

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Thésée et Sciron, Thésée et Procuste, face A d'une coupe à figures rouges, v. 500-490 av. J.-C.

Euphronios (en grec ancien Εὐφρόνιος / Euphrónios) est un potier et peintre sur vase vivant à la fin du VIe siècle av. J.-C. et dans la première moitié du Ve siècle av. J.-C. à Athènes. Il fait partie des plus célèbres artistes de son époque et est connu par des œuvres de grande qualité qu'il signait et qui sont parvenues jusqu'à nous.

Contexte général[modifier | modifier le code]

Cavalier, intérieur de coupe, vers  500-490 av. J.-C.

La poterie grecque antique a une longue histoire et Euphronios s'inscrit dans l'époque charnière, qui voit l'apparition d'un nouveau style, plus expressif, permis par une nouvelle technique, la céramique à figures rouges. Cette manière remplace progressivement la technique précédente à figures noires à partir des années 530 av. J.-C.. Déjà, dès le milieu du VIe siècle av. J.-C., les différents ateliers grecs sont supplantés par les ateliers de la région d'Athènes qui produisent la céramique attique dans laquelle Euphronios exerce son art.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Peu de choses sont connues de la vie d'Euphronios, seules ses signatures et son style reconnaissable permettent de le situer chronologiquement. Pionnier et virtuose de la technique à figures rouges, on connaît six de ses œuvres signées en tant que peintre (euphronios égraphsen, « Euphronios a peint ») et un vingtaine d'autres lui sont attribuées par le style. Dix autres céramiques sont signées en tant que potier (euphronios époiésen, « Euphronios a fabriqué »), et sont décorées par d'autres artistes. Il apparaît, par les datations relatives, qu'Euphronios aurait d'abord été peintre décorateur, puis devenu vieux et moins habile, aurait peut-être fini sa carrière comme chef d'atelier et potier[1]. Une inscription sur la base d'une stèle votive détruite sur l'Acropole d'Athènes porte l'inscription Euphronios kérameus (« Euphronios céramiste »), et accrédite la thèse de la réputation et de la fortune de cet atelier.

Le style artistique[modifier | modifier le code]

Thésée et Amphitrite, intérieur de coupe, v. 500-490 av. J.-C.

Euphronios est incontestablement un artiste majeur de l'époque et un remarquable dessinateur qui va pouvoir s'épanouir avec la technique plus fine et expressive de la céramique à figures rouges. Il a peint sûrement un grand nombre de pièces qui pour la plupart sont perdues. On remarque cependant une prédilection pour les vases de grande taille, amphores et cratères. Il puise son inspiration autant dans des thèmes inspirés de la vie quotidienne, éphèbes à la palestre ou faisant leur toilette, que dans les sujets épiques et mythologiques comme par exemple les exploits d'Héraclès qu'il illustre de nombreuses fois.

Dans tous les cas, son style est reconnaissable à la virtuosité et la précision du dessin. Il s'attache particulièrement à reproduire minutieusement les détails, notamment la précision de l'anatomie de ses personnages, le plus souvent représentés nus. Il s'applique à représenter le maximum de muscles tendus sertis par des lignes nettes et continues, faisant parfois penser à de véritables écorchés d'anatomie. Il cherche aussi à travailler la variété des angles de vue, la diversité des attitudes et la composition de scènes à multiples personnages sur une surface circulaire. Il agrémente aussi ses compositions de mentions manuscrites, le nom des personnages représentés, réels ou mythologiques, et, sur de nombreux vases, une acclamation vantant la beauté des éphèbes de son époque, particulièrement un certain Léagros, tué dans une bataille.

Quelques œuvres célèbres d'Euphronios[modifier | modifier le code]

Le magazine télévisuel culturel Palettes a consacré une émission à Euphronios : Euphronios a peint. Cratère d'Héraclès et Antée (VIe siècle avant J.-C.) d'Alain Jaubert et Pascale Vimenet (1991) 30 min 23/10/94 (ARTE) et 12/08/2000 (Histoire) (Édité en 1992) - Il s'agit d'une étude détaillée du cratère du musée du Louvre.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Robertson, La Peinture grecque, Skira, 1959, p. 96 et 114.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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