Jean de Valette

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Jean de Valette
Image illustrative de l'article Jean de Valette

Naissance 1494 ?
Parisot
Décès
Malte
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Grade grand maître de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Conflits siège de Malte (1565)

Jean de Valette, connu aussi sous le nom de « Jean de La Valette » ou « Jean Parisot de La Valette », né en 1494 à Parisot (actuel département de Tarn-et-Garonne) et mort en 1568 à Malte, est le 49e grand maître[1] de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, particulièrement connu pour avoir soutenu face aux Ottomans le siège de Malte de 1565 et avoir fondé et donné son nom à l'actuelle capitale de la République de Malte, La Valette.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille noble du Rouergue, il est le second fils du chevalier Guillot ou Guillaume de Valette-Cornusson (mort en 1513), seigneur de Cornusson et de Boismenon, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, et de Jeanne de Castres (morte en 1548), qui ont eu six enfants : Guillot ; Jean ; Guillaume, prieur de Saint-Saturnin ; François, évêque de Vabres en 1561, présent au Concile de Trente en 1563 ; Antoinette, mariée en 1533 à Raymond de Gibry, seigneur de Caylus en Quercy ; Béatrix, mariée à Hugues de Brailh, seigneur de Bramaux en Albigeois[2].

Nom de famille[modifier | modifier le code]

Le nom de la famille Valette trouve son origine « au bord de la rivière d'Aveyron, dont il est ainsi parlé dans les anciens actes latins, Castrum Vallatum, lingua celtica, Valleta dictum ; les masures de ce château, ainsi que la terre dépendante, aussi appelées Valetta ». Fortuné Donzel de Cuzoul, qui avait fait construire ce château fort en 1180 était le premier seigneur connu de Valette. Cette terre de Valette est passée en 1560 par mariage entre Marie de Valette Parisot et Antoine du Buisson, seigneur de Bournazel et sénéchal de Rouergue dans la maison du marquis de Bournazel[3].

Lors de la création à La Valette, en novembre 2012, de la place « Jean de Valette », avec l'érection en son centre d'une statut du grand maître à l'origine de la ville, une polémique[4],[5] s'est élevée sur la réalité du nom de ce grand maître[6],[n 1]. Jean de Valette a eu à Malte un fils illégitime avec une femme d'origine rhodienne, Catherine Grecque. Cet enfant qui vivait en France avec sa mère, a été légitimé en mars 1568 par le roi Charles IX de France, sous le nom de Barthélemy de Valette[7].

Une large majorité d'historiens, à l’exception remarquable des historiens français, nomme ce grand maître du nom de « Jean de Valette » en accord avec les sources primaires archivées à la bibliothèque nationale de Malte[8]. De son vivant, ce grand maître s'est toujours appelé et fait appelé, a toujours signé, du nom de « Jean de Valette »[8]. Tous les textes anciens le citent sous le nom de « Jean de Valette », comme d'ailleurs les pièces de monnaie, gravures ou tableaux d'époque[8]. La première exception notable se trouve dans l'abbé Vertot, historien des XVIIe et XVIIIe siècles, connu pour son histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, datant de 1726[9].

Il faut aussi noter qu'une branche de la famille « Parisot de Valette », a pris le nom de « La Valette ». Ainsi, suite au mariage du chevalier Guillot II, seigneur de Parisot, en 1535 avec Antoinette Nogaret de La Valette, le nom de cette branche de la famille prend le nom de « La Vallette », possiblement par association du nom de la famille d'alliance. La famille Nogaret de La Valette est originaire de Lavalette (Haute-Garonne)[10]. François, le premier marquis de La Valette, neveu du grand maître, est présent au siège de Malte, et fut le premier seigneur de sa branche à joindre l'article la à son nom[11]. Un autre grand neveu, l'évêque de Vabres, François I de La Valette-Cornusson, est venu à Malte en 1563[4].

Hospitalier de Rhodes (1514-1523)[modifier | modifier le code]

En 1514, à l'âge de 20 ans, il entre dans l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dont le couvent est alors l'île de Rhodes. Il est présent au siège de l'île en 1522, avec 159 autres chevaliers et le Grand-Maître Philippe de Villiers de L'Isle-Adam et est fait prisonnier par le corsaire Dragut. Soliman le Magnifique, admirant le courage de cette poignée d'hommes, leur laisse la vie sauve et leur rend la liberté le 1 janvier 1523. Ils trouvent refuge à Civitavecchia, puis à Viterbe et à Nice[12].

En 1530, Charles Quint leur cède les villes de Tripoli (de Libye) et l'archipel maltais.

Hospitalier de Malte (1530-1557)[modifier | modifier le code]

Jean de Valette devient prieur de Saint-Gilles, est nommé gouverneur de Tripoli en 1537 et général des galères de la Religion en 1554.

Grand maître de l'ordre (1557-1568)[modifier | modifier le code]

Il est élu grand maître de l'ordre le 21 août 1557.

Une première crise grave durant son mandat est le siège de Malte, de nouveau par l'armée de Soliman le Magnifique. En 1565, le sultan, irrité par la capture de navires turcs par les chevaliers, fait attaquer l’île de Malte avec 159 navires et 30 000 hommes sous le commandement du général Kara Mustafa. Le 18 ou le 24 mai 1565, les Turcs commencent le siège du Fort Saint-Elme, défendu par 130 chevaliers, qui tombe le 23 juin. Ils investissent d’autres places, reprennent la mer le 7 septembre, débarquent de nouveau sur l’île, mais sont battus le 13 par les troupes venant du royaume de Sicile (qui dépend alors de la couronne d'Espagne, donc de Philippe II), arrivées au secours de Malte et rentrent en Turquie.

En 1566, le grand-maître fait reconstruire le fort Saint-Elme et, juste à côté, une ville nouvelle qui est baptisée de son nom (Humilissima Civitas Valettae, La Valette) . Philippe II d'Espagne, lui envoie, pour marquer sa valeur, un poignard d'or avec la devise : Plus quam valor Valetta valet.

La seconde crise est celle qui l’oppose au pape Pie V. En effet, le pape s’est attribué la disposition du grand-prieuré de l’ordre à Rome et y fait nommer le cardinal Alexandrin sans en référer au grand-maître et sans payer les droits. Ce dernier envoie son ambassadeur Cambiano pour se plaindre, mais celui-ci est chassé par le pape.

Jean Parisot de La Valette meurt le 21 août 1568, âgé de 74 ans. Il est aujourd’hui enterré dans la crypte de la Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette.

Images[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Écartelé : à la Religion ; de gueules, au gerfaut du mesme et au lion d'or lampassé et armé d'argent qui est de Morlhon-Valette.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La famille actuelle[Laquelle ?] fait une confusion entre La Valette-du-Var et Valette en Aveyron. Jean de Valette a passé son enfance à Parisot et non à La Valette-du-Var.

Références[modifier | modifier le code]

  1. B. Galimard Flavigny (2006) p. 317-319
  2. Recueil de généalogies, t.I ou t.XIII du Dictionnaire de la noblesse, à Paris chez Lamy et Badiez, 1783, p. 332.
  3. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, vol. 13 (lire en ligne), p. 310
  4. a et b article du 12 mai 2013 de Joe Zammit Ciantar dans Times of Malta
  5. article du 19 mai 2013 de Giovanni Bonello dans Times of Malta
  6. article in Times of Malta du 27 novembre 2012
  7. article de Giovanni Bonello dans Times of Malta du 26 mai 2013
  8. a, b et c article de Giovanni Bonello dans Times of Malta du 23 décembre 2012
  9. Abbé Vertot, Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jerusalem, appellez depuis les chevaliers de Rhodes, et aujourd’hui les chevaliers de Malte, 1726, p.315-432.
  10. Denis Blanchard-Dignac, Le duc d'Épernon, Éditions Sud Ouest,‎ , 272 p. (ISBN 978-2-81770-164-6), p. 11,54
  11. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, vol. 13 (lire en ligne), p. 333
  12. Cf. page Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte.

Source[modifier | modifier le code]

  • (fr) Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'ordre de Malte, Paris, Perrin, 2006

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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