Jean IV (roi de Portugal)

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Jean IV
Le roi Jean IV
Le roi Jean IV
Titre
Roi de Portugal et des Algarves
1er décembre 16406 novembre 1656
15 ans, 11 mois et 5 jours
Prédécesseur Philippe III de Portugal
Successeur Alphonse VI de Portugal
Biographie
Dynastie Maison de Bragance
Date de naissance 18 mars 1603
Lieu de naissance Vila Viçosa
Date de décès 6 novembre 1656 (à 53 ans)
Lieu de décès Lisbonne
Père Théodose II de Bragance
Mère Ana de Velasco y Girón
Conjoint Louise Marie Françoise de Guzmán
Enfant(s) Théodose de Portugal
Catherine de Portugal
Alphonse VI de Portugal
Pierre II de Portugal
Héritier Alphonse VI de Portugal

Jean IV (roi de Portugal)
Rois de Portugal

Jean IV de Portugal, dit Jean le Restaurateur (portugais : Dom João IV), né le 18 mars 1604 à Vila Viçosa, mort le 6 novembre 1656 à Lisbonne. Il fut d'abord connu (1630-1640) sous le nom de Jean II, 8e duc de Bragance. Il était le fils de Théodose II de Bragance (1568-1630), 7e duc de Bragance entre 1583 et 1630, et d'Anne de Velasco (morte en 1607).

Spécificité de la Maison de Bragance[modifier | modifier le code]

Les ducs de Bragance étaient les plus riches, les plus nobles, et les plus puissants seigneurs de toutes les Espagnes, depuis le début du XVe siècle. Ils avaient le droit de justice et le droit d'anoblir. Leurs terres étaient hors de l'administration et de la justice royales, et ils nommaient leurs gentilshommes à des charges rétribuées, royales, réservées à cet effet par la couronne.

Ils étaient ducs de Bragance, de Guimarães, de Barcelos, marquis de Vila Viçosa, comtes de Arraiolos, d'Ourém, et de Neiva, etc., et possédaient l'office héréditaire de connétable de Portugal, c'est-à-dire de chefs militaires de tout le royaume, dépendant seulement et directement du roi. Leurs terres étaient distribués largement, partout au Portugal. Jacques Ier de Bragance, prince de la Renaissance, avait abandonné ses châteaux et palais du nord du pays, et fait bâtir à Vila Viçosa, dans le sud, en Alentejo, un nouveau et splendide palais digne d'un prince de la Renaissance, après qu'il fut retourné de sa conquête solitaire d'Azamor, au Maroc portugais, pour l'offrir au roi son cousin.

Alliés a plusieurs reprises avec des princesses légitimes de la Maison d'Aviz dont ils étaient issus par les mâles en bâtardise, leur maison était depuis toujours montée sur un train royal, leur cour, à Vila Viçosa, était façonnée à l'image de celle de la maison royale de leurs souverains, leurs cousins les rois, à Lisbonne, dont ils ont toujours été considérés comme partie de la famille royale. Ils étaient aussi à cette époque les seuls à avoir droit à l'appellation d'Excellence, à défaut de celle d'Altesse, réservée a leurs beaux-frères, les princes et les infants légitimes de Portugal. Les ducs avaient ainsi des liens de parenté avec plusieurs familles régnantes européennes, dont les Habsbourg de Vienne et de Madrid, les Parme, et les Savoie, notamment.

Déjà Isabelle la Catholique, qui avait pris la couronne à sa nièce la reine Jeanne, l'héritière légitime de Henri IV de Castille, était une Bragance, de par sa mère. Ce fait lui avait permis de comploter contre Jean II de Portugal avec son cousin Ferdinand II de Bragance, raison pour laquelle il fut jugé, exécuté, et dépossédé de toute sa maison, bien que marié a une infante de Portugal, la sœur de Manuel Ier de Portugal. Celui-ci, pourtant, en montant sur le trône, les rétablit de suite dans leur train de maison, et les fit héritiers de la couronne portugaise, comme ses neveux légitimes.

Mariage[modifier | modifier le code]

Ayant échoué dans son projet de mariage en 1625 avec Mademoiselle de Nevers, une princesse franco-italienne qui deviendra reine de Pologne, de par l'opposition castillane à ce projet, Jean II de Bragance épousa le 12 janvier 1633, à la frontière d'Elvas, Louise-Françoise de Guzmán (1613-1666), fille de Jean de Guzmán (1579-1638), huitième duc de Medina Sidonia, et de la duchesse Jeanne de Sandoval (1579-?), de la maison ducale de Lerma. La reine Louise était sa cousine au troisième degré, ayant du sang portugais car petite fille de Ana da Silva e Mendonça, fille de Rui Gomes da Silva, prince d'Eboli, duc de Pastrana, et comme arrière-arrière-arrière-petite-fille de Ferdinand II de Bragance. Elle était aussi cousine au troisième degré du valido du roi Philippe, le comte-duc d'Olivarès, un Guzmán lui aussi, dont elle et son frère, le duc de Medina Sidonia, aideront pourtant a ruiner le pouvoir et l'influence.

Révolution portugaise de 1640[modifier | modifier le code]

Le premier-ministre castillan, Olivarès, à défaut d'argent, décida d'un plan pour unifier la monarchie des Habsbourg sur le plan de la centralisation opérée par Richelieu et Mazarin en France. Cela signifierait la fin de l'indépendance juridique, économique, et sociale des différents royaumes des Habsbourg de Madrid, unis seulement en union personnelle, à la faveur de la Castille toute seule - et ce projet fit soulever, avec l'appui français, la Catalogne.

Voyant définitivement menacés la séparation politique et administrative de l'État portugais garantie en 1580, et oubliés les compromis d'union seulement personnelle des différentes couronnes des Habsbourg avec celle du Portugal, qui gardait toujours son indépendance, ses privilèges, sa justice, sa monnaie, son empire fermé, et même parfois ses ambassadeurs particuliers, la noblesse portugaise, tout à coup appelée a combattre en Catalogne contre les autres couronnes des Habsbourg soulevées, décida de détrôner le roi Philippe III. Ce droit lui était reconnu par la constitution portugaise, au cas où les souverains devenaient tyrans, c'est-à-dire, régnaient contre la volonté de Dieu, et du Peuple qui les avait acclamés rois pour les défendre. Ce droit qui avait été exercé auparavant, pensait-on, quand Alphonse Ier déposa sa mère, la reine Thérèse de Portugal, quand Sanche II fut déposé a la faveur d'Alphonse III, et quand Jean Ier déposa la reine régnante Béatrice, parce qu'elle était mariée à Jean Ier de Castille.

En outre, les Portugais n'acceptaient pas les nouveaux impôts, qui pour la première fois ne seraient pas appliqués au Portugal ou dans son empire, mais iraient payer les interminables guerres européennes de la Castille ; la noblesse n'acceptait pas de combattre en Europe avec son épée, quand elle était tant nécessaire pour récupérer et défendre l'empire portugais menacé, dont la nouvelle richesse du sucre brésilien, le nouvel or, était menacée à cette même époque par les Hollandais et les Français.

Le 1er décembre 1640, Jean II de Bragance accepta la couronne portugaise, et permit la révolution aristocratique qui déposa au Portugal et son empire tricontinental, sans coup férir, le roi Philippe III, aussi Philippe IV de Castille, d'Aragon, de Naples, etc., dit Philippe IV d'Espagne. Il convoqua le parlement portugais le mois de janvier 1641, qui ratifia son élection à la couronne de ses ancêtres, et vota l'argent nécessaire pour la guerre contre les Pays-Bas au Brésil, en Inde et en Afrique, et contre la Castille, en Europe, en Asie, et en Amérique du Sud. En effet, son accession au trône portugais marque l'entrée du Portugal dans la Guerre de Trente Ans, qu'il dut mener tant chez lui comme outre-mer, pour récupérer ses possessions attaquées par la Hollande, l'Angleterre et la France, durant la période de la dynastie des Habsbourg dépossédés.

Droits de succession au trône portugais[modifier | modifier le code]

Le roi Jean IV s'était vu offrir le trône par les fidalgos portugais en sa qualité de petit-fils héritier de la princesse Catherine de Portugal, duchesse de Bragance par son mariage, qui était elle la fille du prince Édouard, duc de Guimarães, et de sa femme la princesse Isabelle de Bragance, petite-fille du roi Manuel Ier de Portugal.

Elle précédait sur la liste des héritiers du cardinal-roi Henri de Portugal, à sa mort en 1580, les droits de succession de Philippe Ier de Portugal (Philippe II d'Espagne), étant fille de prince portugais, Philippe n'étant que fils d'une princesse portugaise, l'impératrice d'Allemagne Isabelle de Portugal. Le mari de la princesse Catherine de Portugal, Jean Ier de Bragance, était lui aussi un prince descendant par les mâles du roi Jean Ier de Portugal mais par une ligne bâtarde.

Pourtant, son grand-père a lui, Jacques Ier de Bragance, avait auparavant déjà été désigné par Manuel Ier comme héritier de la couronne portugaise en 1496, en sa qualité de fils de sa sœur, la princesse Isabelle de Portugal, marié elle aussi à un autre duc de Bragance, Ferdinand II.

Règne[modifier | modifier le code]

Jean IV fut un grand roi : il régna de 1640 à 1656, et son règne assista aux premières victoires des armes portugaises contre les castillanes, considérées invincibles jusque-là, et réussit l'expulsion des Hollandais du nord du Brésil, de l'Angola, et de Sao Tomé-et-Principe. Il lutta aussi en Inde, signa la paix en Europe avec la Hollande, et établit l'alliance avec la France contre la Castille, tant que dura le consulat de Cromwell en Angleterre, et jusqu'à la Paix des Pyrénées, moment où Mazarin abandonna son allié portugais, qui se tourna vers l'alliance anglaise, avec le mariage de la princesse Catherine. Mais à ce moment-là, Jean IV était déjà mort, et ce fut la reine sa femme, régente, qui continua son œuvre.

Jean IV pris aussi d'importantes mesures de modernité à l'armée, et a l'administration portugaises. Il divisa le gouvernement en secrétariats d'État différenciés, plus tard appelés ministères. Il fit créer le Conselho Ultramarino (Conseil d'Outremer) pour décider toutes les questions administrative et coloniales d'une manière centralisée.

Comme tous les Bragance, de tout temps, Jean IV fut aussi un passionné amateur de musique, dont il ne pouvait se passer, spécialement la musique religieuse. Les maîtres de chapelle, tant au palais de Vila Viçosa que plus tard au Paço da Ribeira, le palais royal de Lisbonne, demeurèrent fameux. Les compositeurs de son temps lui soumettaient leurs œuvres pour qu'il les corrige. Jean IV de Portugal reste connu lui-même comme compositeur musical anonyme[réf. nécessaire], dont la pièce la plus connue est l'Adeste Fideles, d'origine incertaine, mais qu'on croit passée du Portugal à l'Angleterre avec les musiciens de sa fille, la reine Catherine de Bragance, femme de Charles II, et adoptée par son beau-frère Jacques II d'Angleterre.

Descendance[modifier | modifier le code]

Titre complet[modifier | modifier le code]

Roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique, duc de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d'Éthiopie, d'Arabie, de Perse et d'Inde par la grâce de dieu

Annexe[modifier | modifier le code]

Succède à :
Philippe III
roi de Portugal
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suivi par :
Alphonse VI
Succède à :
Philippe III
roi des Algarves suivi par :
Alphonse IV