Jacques de Flesselles

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Jacques de Flesselles

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Portrait de Jacques de Flesselles par Donat Nonnotte, Musée Carnavalet, Paris.

Naissance 11 novembre 1730
Paris
Décès 14 juillet 1789 (à 58 ans)
Place de Grève, Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Formation

Jacques de Flesselles, né à Paris le 11 novembre 1730 d'une famille de robe picarde[1] et abattu devant Hôtel de ville à Paris le 14 juillet 1789, est un administrateur français.

Il avait soutenu la fermeté de Maupou contre les jansénistes lors de la révolte des Parlements.

Intendant en Normandie, en Auvergne et à Lyon, avant de devenir maire de Paris, il fut tué d'un coup de pistolet, puis décapité et sa tête promenée au bout d'une pique, juste après la prise de la Bastille, ce qui en fait une des toutes premières victimes de la Révolution française.

Famille[modifier | modifier le code]

Jacques de Flesselles ou Flécelles, seigneur de Champgueffier en Brie, de La Chapelle-Iger, est issu du famille de robe et de finance, récemment anoblie. Il est le fils de Jacques II de Flesselles, trésorier-receveur et payeur des gages des officiers de la Chancellerie près le parlement de Rouen puis conseiller du roi (1735-1758), seigneur de Champgueffier, Veaux-sous-Vallière, Châteaufort, et de Elisabeth Robinet, fille de Pierre-Germain, riche marchand de vin d'Auxerre, secrétaire du roi et de Gabrielle Robert.

Il est le petit-fils de Jacques Ier, marchand, échevin puis consul d'Amiens, et il pourrait être l'arrière-petit-fils de Jean de Flécelles, médecin ordinaire du roi, inhumé à Saint-Gervais à Paris en 1561.

Sa sœur, Jacqueline, épouse en 1755 Louis-Guillaume de Blair de Boisemont (1716 - 1778), conseiller au Parlement, maître des requêtes, intendant de La Rochelle, puis de Hainaut, d'Alsace et conseiller d'État.

Jacques de Flesselles a épousé en 1759 Marie-Geneviève-Ursule Pajot, fille de Pierre Pajot, seigneur de Noizeau, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes, intendant de Limoges puis de Montauban et de Genevière de Versoris[2],[3],[4].

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Jacques de Flesselles est conseiller au parlement de Paris en 1752 (25 janvier), puis maître des requêtes en 1755 (30 janvier) et président au grand-conseil en 1761 (16 juin).

Les intendances[modifier | modifier le code]

Il devient ensuite intendant de Moulins en 1762 (3 septembre), de Rennes en 1765 (31 mai)[3], puis intendant de Lyon le 11 novembre 1767. Il est conseiller d’État en 1784 avant de devenir le dernier prévôt des marchands de Paris en 1789. Il poursuit avec le duc d'Aiguillon et le comte de Saint Florentin La Chalotais et en fut récompensé par sa nomination à l'intendance de Lyon[1].

Intendant de Lyon (1768-1784)[modifier | modifier le code]

Nommé intendant de Lyon, il est aimé pour sa douceur, sa bienséance et son zèle pour les intérêts de cette grande cité. Hostile aux structures administratives périmées (consulat lyonnais, « élus » chargés de la répartition de la taille), il empiète sur leurs responsabilités pour améliorer la répartition de l'impôt, notamment la corvée. Il favorise la liberté du commerce, l'installation de manufactures, l'amélioration de l'agriculture et contribue au développement de l'école de vétérinaire de Lyon.

Il donne de fastueuses réceptions à l'hôtel de l'intendance pour conquérir la haute société lyonnaise, non sans recevoir pour ses dépenses de sévères reproches du contrôleur général des finances. Il encourage les travaux de l'Académie de Lyon, dont il devient directeur en 1771 : il y fonde plusieurs prix, dont un pour le perfectionnement de la teinture des soies en noir. Il s'intéresse aussi aux découvertes techniques : en 1783 et 1784 ont lieu à Lyon les essais du bateau à vapeur ou « pyroscaphe » de Jouffroy d'Abbans et du ballon des frères Montgolfier. Alors que la montgolfière baptisée Le Flesselles s'élève dans les airs, on apprend sa nomination à Paris[5].

Prévôt des marchands de Paris (21 avril-14 juillet 1789)[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative marquant l'emplacement de l'hôtel où résidait Jacques de Flesselles au no 52 de la rue de Sévigné.

Le 21 avril 1789, il est appelé à succéder à Louis le Peletier comme prévôt des marchands de Paris, fonction équivalente à celle de maire de nos jours. Le 27 mai, les électeurs des trois ordres de la ville demandent à siéger à l'hôtel de ville et à participer à la gestion de la cité, ce que Jacques de Flesselles refuse comme illégal, soutenu par le ministère de Jacques Necker. Le 25 juin, cette demande est renouvelée et, sous la pression publique, Jacques de Flesselles autorise douze de ces électeurs à se joindre à la municipalité en place. La première session de cette « assemblée générale » se tient le 13 juillet. Jacques de Flesselles en est élu président. Sous la pression de la foule, il doit accepter la création d’une garde bourgeoise et annonce que 12 000 fusils vont arriver de Charleville pour équiper la troupe. Mais celle-ci n'arrive pas et il est accusé d'avoir caché au peuple l'existence de cinq milliers de livres de poudre découverts sur un bateau au port Saint-Nicolas, d'être l'auteur de toutes les fausses espérances qui portent au comble l'irritation des esprits[6].

Assassinat le 14 juillet 1789[modifier | modifier le code]

« C'est ainsi que l'on se venge des traîtres. »
Gravure de 1789 dépeignant des soldats ou des miliciens portant les têtes de Jacques de Flesselles et du marquis de Launay sur des piques
.

Jacques de Flesselles avait joué un rôle actif dans la lutte du pouvoir royal contre le parti janséniste de la fronde parlementaire où il s'était fait des ennemis mortels. Il se trouve que Bailly, qui fut aussitôt nommé maire à sa place, appartenait avec son ami Armand-Gaston Camus, à ce mouvement du jansénisme parlementaire qui avait donné le Club breton qui deviendra celui des Jacobins. Cet événement est fondateur de la Commune de Paris.

Le 14 juillet, alors que commence la prise de la Bastille, le comité insurrectionnel installé au Palais-Royal envoie un délégué demander des armes à l'hôtel de ville. N’ayant pas trouvé d'armes mais un billet compromettant envoyé par le prévôt au gouverneur de cette forteresse« J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses ; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort » —, le comité insurrectionnel accuse Jacques de Flesselles de connivence avec la cour et il est invité à venir se justifier. On lit en sa présence le billet au comité des électeurs. Un des membres du comité lui dit : « Sortez, M. de Flesselles, vous êtes un traître, vous avez trahi la patrie ; la patrie vous abandonne. »

Les membres décident de le conduire au Palais-Royal pour qu’il y soit jugé. Jacques de Flesselles sort sans chercher à se défendre, entouré par la foule, qui ne lui fait néanmoins pas de violence ; il s'apprête à descendre l'escalier de l'Hôtel de Ville pour traverser la place de Grève, lorsqu’au coin du quai, un inconnu le tue d’un coup de pistolet. Comme Bernard-René de Launay, le gouverneur de la Bastille, il est ensuite décapité et sa tête, placée au bout d’une pique, est promenée dans les rues.

Blason[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la famille de Flesselles se blasonnent ainsi :

D'azur à une flèche d'argent, puis, par suite d'une reconnaissance (1750) de parenté avec la branche des marquis de Brégy,

D’argent au lion d’azur, la tête courbée en avant ; au chef de gueules chargé de trois besants d’or.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Annuaire de la noblesse de France et des Maison souveraines d'Europe, 1909 disponible sur Gallica
  2. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, Vol. 16, p.229-230 Paris, 1819
  3. a et b Gazette de France disponible sur Google Livres
  4. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye, Dictionnaire de la noblesse, Vol. 6, p.414, Paris, 1773
  5. Article de Marc du Pouget, conservateur aux Archives du Rhône
  6. Philippe Le Bas, Dictionnaire encyclopédique, 1842, t. 8, Firmin Didot frères, Gallica