Jacques Hogard (colonel)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jacques Hogard)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hogard.
Jacques Hogard
Naissance 1955
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Colonel
Années de service 19742000
Conflits Tchad
Djibouti
Somalie
Rwanda
Kosovo
Commandement Groupement interarmées des forces spéciales
Faits d'armes Opération Turquoise Opération Oryx Opération Trident
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre national du Mérite
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Croix de la Valeur militaire
Autres fonctions Président directeur général d'E.P.E.E

Jacques Hogard (né le 16 décembre 1955) est un colonel, officier parachutiste de la Légion étrangère[1], de nationalité française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une vieille famille lorraine, il est le fils du général Jacques Hogard, officier d'infanterie de marine, combattant de la Seconde Guerre mondiale et des guerres d'Indochine et d'Algérie, et le neveu du général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et Compagnon de la Libération[2].

Il effectue sa formation d'officier à l'École militaire interarmes de Saint Cyr Coëtquidan (Promotion Général Laurier, 1978-79), puis, ayant choisi l'infanterie, rejoint la Légion étrangère, où il sert comme lieutenant puis comme capitaine, notamment au 2e régiment étranger de parachutistes dont il commande la 3ème compagnie (1986/1988), puis sera promu par la suite colonel[2]. Il participe à plusieurs missions extérieures dans les années 1980 et 1990, en Afrique notamment.

En 1992, il est nommé chef de bataillon au bureau opérations de l'état-major des troupes françaises stationnées à Djibouti. Il dirige le « bureau opérations » de l'opération Oryx en Somalie (1992-1993), de l'opération Iskoutir en République de Djibouti, de l'opération Diapason au Yémen[2]. Nommé lieutenant-colonel en 1993 à l'âge de 37 ans, il est commandant du groupement de Légion Étrangère lors de l'opération Turquoise au Rwanda, en 1994[1].

À ce titre, il est membre fondateur de l'association France-Turquoise, dont l'objet principal est le rétablissement de la vérité sur l'action de l'armée française et des militaires français au Rwanda suite aux allégations concernant ceux-ci durant le génocide au Rwanda[3]. Il écrira plus tard en 2005 son témoignage sur sa participation à l'opération Turquoise, Les larmes de l'honneur, 60 jours dans la tourmente du Rwanda paru aux éditions Hugo. Il soutient que le principal responsable de l'attentat du 6 avril 1994 au Rwanda au cours duquel sont morts Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira est Paul Kagame et accuse Madeleine Albright d'avoir retardé l'envoi d'une force internationale pour mettre fin aux massacres[4].

Il rejoint ensuite l'état-major de la Légion étrangère, puis celui de l'armée de terre française et enfin le commandement des opérations spéciales (COS). Il commande le groupement interarmées des forces spéciales qui ouvre la voie à la Brigade Leclerc en Macédoine, puis au Kosovo, en 1999 lors de la guerre du Kosovo[2]. Sa décision de porter secours aux communautés monastiques en danger et de protéger les monastères orthodoxes, notamment celui de Devič victime en juin 1999 des pires exactions de la part des rebelles albanais de l'UCK, lui vaudra la remise de la plus haute distinction de l'Église serbe orthodoxe, l'ordre de Saint Sava. Revenant sur ces événements dans son ouvrage L'Europe est morte à Pristina (2014), il dénoncera la politique occidentale qui aura pour conséquence de créer « un État musulman intolérant et corrompu au cœur de l'Europe »[5].

Le colonel Hogard prend sa retraite anticipée en 2000. Il fonde[1] et dirige depuis une entreprise de conseil spécialisée en intelligence stratégique et en diplomatie d'entreprises à l'international. Jacques Hogard est diplômé du CPA (Centre de Perfectionnement aux Affaires), Executive MBA d'HEC[1].

Le 13 mai 2009, avec un certain nombre d'autres anciens officiers de l'armée française ayant servi au Rwanda entre 1990 et 1994, il est distingué par un décret du Président de la République et promu au grade d'officier de la Légion d'honneur[6].

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Officier ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg
Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg

Intitulés[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son grand-père : le général Emile-Louis Hogard (1894-1990), officier de l'armée d'Afrique, proche collaborateur du Maréchal Lyautey au Maroc, commandant les Goumiers marocains (1944-45)
  • Son père : le général Jacques Hogard
  • Son frère : le général Jean-François Hogard, directeur de la DPSD, commandant supérieur des force françaises du Sud de l'Océan Indien (FAZSOI) de 2011 à 2014, commandant de la 9ème Brigade Légère Blindée d'Infanterie de Marine (basée à Poitiers), commandant de la Force Licorne en Côte d'Ivoire en 2009, et de la Brigade La Fayette en Afghanistan (2010-2011), conseiller Afrique du Ministre de la Défense (2007-2009), chef de corps du 3e RPIMa (2002-04)).
  • Son oncle : le général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et compagnon de la Libération, ancien député d'Ille-et-Vilaine et ancien député de Paris.
  • Son cousin : François Guillaume, ancien Ministre, ancien président de la FNSEA, ancien député de Meurthe-et-Moselle, conseiller régional de Lorraine.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les larmes de l'honneur : 60 jours dans la tourmente du Rwanda, Jacques Hogard, Hugo et Compagnie, 2005, ISBN 2-7556-0054-3
  • Désinformation : le cas rwandais in Cahiers du CESAT (Collège d'Enseignement Supérieur de l'Armée de terre), n°13, septembre 2008
  • À propos du Rwanda, des Grands Lacs et de la politique française en Afrique in Revue Diplomatie, numéro 37 (mars-avril 2009), voir www.areion.fr
  • La Russie, ce marché qui vous tend la main ! in Revue Constructif, publication trimestrielle de la Fédération Française du Bâtiment, numéro 32 (Juin 2012).
  • L'Europe est morte à Pristina, Guerre au Kosovo (Printemps-Été 1999), Hugo et Compagnie, 2014, ISBN 9-7827-5561-4961

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]