Château de Colditz

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Château de Colditz
Image illustrative de l'article Château de Colditz
Le château de Colditz
Nom local Schloss Colditz
Période ou style Forteresse
Début construction XIe siècle
Coordonnées 51° 07′ 51″ N 12° 48′ 27″ E / 51.130783, 12.807483 ()51° 07′ 51″ Nord 12° 48′ 27″ Est / 51.130783, 12.807483 ()  
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région historique Drapeau du Land de Saxe Saxe
Commune Colditz

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Château de Colditz

Le Château de Colditz se situe dans la localité de Colditz, à mi-chemin entre Leipzig et Dresde en Saxe. Son origine remonte au XIe siècle, lorsque l'empereur Henri IV permit à Wiprecht, margrave de Groitzschl, de construire un château sur la colline dominant la rive gauche de la Mulde.

Historique[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Utilisé par la suite comme hôpital psychiatrique pendant plus d'un siècle, le régime nazi transforma le château en camp de prisonniers réservé aux officiers alliés (Oflag) pendant la Seconde Guerre mondiale, devenant ainsi l'Oflag IV-C.
C'était une forteresse d'où l'évasion était censée être impossible puisque la sécurité était assurée par des gardiens plus nombreux que les prisonniers eux-mêmes.
Malgré cela, 32 officiers (13 Français, 10 Britanniques, 7 Néerlandais, 1 Polonais, 1 Canadien et 1 Indien) sont parvenus à s'évader de Colditz.
Ces authentiques exploits inspirèrent la série télévisée Colditz entre 1972 et 1974.

Les premiers prisonniers internés à Colditz furent 140 officiers polonais en .
À la fin de l'année 1940, 60 officiers polonais, 12 belges, 50 français et 30 britanniques y sont internés.
En sont amenés 200 officiers français, rejoints plus tard par 68 officiers néerlandais le .
Fin , on compte 250 prisonniers français, 150 polonais, 50 britanniques ou membres du Commonwealth, 68 néerlandais et 2 yougoslaves.
En , le haut commandement de la Wehrmacht décide de réserver prioritairement Colditz aux prisonniers britanniques.
Les officiers français, polonais et néerlandais sont transférés dans d'autres camps et fin , il ne reste qu'une poignée d'officiers français pour 228 officiers britanniques ou membres du Commonwealth.
Le , le premier prisonnier américain arrive à Colditz, rejoint le par six généraux français.
En , 1 200 prisonniers français sont internés à Colditz.

Évasions réussies depuis l'intérieur du Château[modifier | modifier le code]

  1. Le lieutenant français Alain Le Ray s'évade le 11 avril 1941. Il profite d'un match de football dans la cour pour s'évader. Il parvient à rejoindre la Suisse puis la France. Premier évadé de Colditz, il sera ensuite le premier chef militaire du maquis du Vercors.
  2. Le lieutenant français René Collin s'évade le 31 mai 1941. Il rejoint la France.
  3. Le lieutenant français Pierre Mairesse Lebrun s'évade le 2 juillet 1941. Il rejoint la Suisse après huit jours de bicyclette.
  4. Le Lieutenant français Théodore Tatistcheff s'évade le 18 juillet 1941 et rejoint Paris mais recherché par la Gestapo il va se cacher quelques temps en zone libre à Lyon.
  5. Le lieutenant français Roland Regnier s'évade le 3 août 1941 par les égouts. Il rejoint la France par le train.
  6. Le lieutenant néerlandais Francis Steinmetz s'évade le 15 août 1941. Il rejoint la Suisse par le train en trois jours.
  7. Le lieutenant néerlandais E. Hans Larive s'évade le 15 août 1941 avec Steinmetz.
  8. Le major néerlandais C. Giebel s'évade le 20 septembre 1941.
  9. Le lieutenant néerlandais O. L. Drijber s'évade le 20 septembre 1941 avec Giebel.
  10. Le lieutenant britannique Airey M. S. Neave s'évade le 5 janvier 1942. Déguisé en officier allemand, il rejoint la Suisse en deux jours.
  11. Le lieutenant néerlandais Anthony P. Luteyn s'évade le 5 janvier 1942 avec Neave.
  12. Le lieutenant britannique H. N. Fowler s'évade le 9 septembre 1942. Déguisé en officier Allemand, il rejoint la Suisse.
  13. Le lieutenant néerlandais Damiaen Joan van Doorninck s'évade le 9 septembre 1942 avec Fowler.
  14. Le capitaine britannique Patrick R. Reid s'évade le 14 octobre 1942. Il rejoint la Suisse en quatre jours.
  15. Le lieutenant canadien Howard D. Wardle s'évade le 14 octobre 1942 avec Reid.
  16. Le major britannique Ronald B. Littledale s'évade le 14 octobre 1942. Il rejoint la Suisse en cinq jours.
  17. Le lieutenant britannique William E. Stephens s'évade le 14 octobre 1942 avec Littledale.
  18. Le lieutenant britannique William Millar s'évade en janvier 1944, mais ne parvient pas à gagner la Suisse. Il est probablement exécuté par les Allemands.

Évasions réussies depuis l'extérieur du Château[modifier | modifier le code]

  1. Le lieutenant français J. Durand-Hornus s'évade le 17 décembre 1941. Il profite d'une visite chez le dentiste en ville.
  2. Le lieutenant français G. de Frondeville s'évade le 17 décembre 1941 avec Durand-Hornus.
  3. Le lieutenant français J. Prot s'évade le 17 décembre 1941 avec Durand-Hornus.
  4. Le lieutenant polonais Kroner s'évade en sautant par la fenêtre d'un hôpital.
  5. Le lieutenant français Boucheron s'évade depuis l'hôpital de Zeitz. Repris, il s'évade à nouveau d'une prison à Düsseldorf.
  6. Le lieutenant français Odry s'évade depuis l'hôpital d'Ehterhorst.
  7. Le lieutenant français Navelet s'évade depuis l'hôpital d'Ehterhorst.
  8. Le capitaine belge Louis Rémy s'évade depuis l'hôpital de Gnaschwitz.
  9. Le chef d'escadrille britannique Brian Paddon rejoint la Suède.
  10. Le lieutenant français Raymond Bouillez s'évade depuis un hôpital.
  11. Le lieutenant néerlandais J. van Lynden s'évade lors du transfert des prisonniers néerlandais au camp de Stanislau.
  12. Le lieutenant français A. Darthenay s'évade depuis l'hôpital d'Hohnstein-Ernsttal. Il rejoint la Résistance et est tué par la Gestapo le 7 avril 1944 sur le plateau des Glières.
  13. Le lieutenant indien Birendra Nath Mazumdar était le seul prisonnier indien à Colditz. Il fit une grève de la faim pour être transféré dans un camp ne comprenant que des prisonniers indiens. Lors de ce transfert, il s'évada et gagna la Suisse avant de rejoindre la Résistance française.
  14. Le marin britannique W. Hammond demanda son transfert arguant du fait qu'il n'était pas officier. Il s'évade lors du transfert.
  15. Le marin britannique D. Lister s'évade avec Hammond.

Évasions ayant échoué[modifier | modifier le code]

Parmi les évasions ayant échoué, il convient de signaler la tentative d'évasion en masse par le "tunnel français", découvert par les Allemands environ trois semaines avant son achèvement. Ce tunnel fut creusé en plus d'une année (1940-1942) et les Allemands savaient qu'un tunnel était en chantier en raison de bruits suspects quand les Français creusaient. Les Allemands exigèrent que les officiers français payent 12 000 marks afin de réparer les dommages causés par le creusement de ce tunnel.

Les prisonniers construisirent un planeur dans les combles du château, le Colditz Cock. Il n'eut pas le temps de servir, le camp ayant été libéré avant la tentative.

Autres prisonniers du Château de Colditz[modifier | modifier le code]

  1. Georges Mayer, officier français, médecin, professeur de médecine
  2. Tony Rolt, lieutenant à la Rifle Brigade, Britannique, pilote automobile
  3. David Stirling, lieutenant colonel et créateur du Spécial Air Service
  4. Georges Bergé, commandant de l'escadron français du Spécial Air Service
  5. Douglas Bader, commandant, pilote de chasse, Britannique
  6. Emile Le Brigant, doyen des officiers français à Colditz, auteur du livre "Les Indomptables"

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Général Le Brigant, Les Indomptables, Berger-Levrault, 1948
  • P. R. Reid, Colditz : La Grande Évasion, Albin Michel, 1974.
  • Alain Le Ray, Première à Colditz, Arthaud, 1976.
  • André Perrin, Evadé de Guerre via Colditz, La Pensée Universelle, 1975.

Notes et références[modifier | modifier le code]