Itzá

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Les Itzá sont une population précolombienne de la branche des Mayas, connue notamment pour ses réalisations dans la ville de Chichén Itzá. Ils ont vécu autour de cette cité, dans le nord du Yucatan, avant de migrer vers les Basses-terres mayas autour du lac Petén Itzá.

Itzá et Mayas[modifier | modifier le code]

Les Itzá forment une branche un peu particulière des Mayas. Il parlent une langue Maya, l'itzá, mais leur culture est empreinte d'éléments mexicains, tels que les tzompantli, les Chac Mool, le culte de la décapitation, le culte de Quetzalcoatl, la métallurgie ou encore l'usage des turquoises

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les textes mayas coloniaux appelés Chronique Matichu (compilation d'un même texte publié dans différents livres plus connus sous le nom de Chilam Balam), l'histoire des Itzá commence un Katun 8 Ahau (entre 415 et 435), lorsqu'un groupe itzá se serait établi à Siyan Can Bakhalal (ville actuelle de Bacalar)[1].

Selon le Chilam Balam de Tizimin, ceux-ci auraient fondé Chichén Itzá pendant le katun correspondant à la période comprise entre 672 et 692. Cependant, selon les archéologues, ce ne sont pas les Itzá qui ont fondé la ville de Chichen Itzá, mais un autre groupe maya antérieur, avant que le site ne soit mexicanisé une première fois par l'éphémère population Putun et que les Itzá s'y installent. Toutefois, il est certain que ces derniers y ont apporté de nombreuses améliorations et l'ont en particulier considérablement fortifiée.

Après la victoire de Mayapán sur Chichén Itzá au début du XIIIe siècle, ils se séparèrent en deux groupes : certains émigrèrent vers les Basses-terres mayas autour du lac Petén Itzá, tandis que d'autres restèrent à Chichén Itzá avant de s'installer à Mayapán puis finalement rejoindre les autres Itzá à Tayasal, leur dernière capitale[2].

Les Espagnols ne parvinrent à prendre le contrôle des derniers territoires itzá qu'en 1697[3], soit plus de 170 ans après la chute des premiers royaumes mayas dans les Hautes-terres. Le fait que Tayasal fut donc, avec Zacpeten et quelques autres cités de la région du lac Petén Itzá comme Quexil et Yalain, un des derniers États indépendants mayas à être soumis par les Espagnols, s'explique notamment en raison de sa position stratégique, au milieu du lac Petén Itzá, qui l'a protégée des attaques surprise et a obligé les Espagnols à construire un navire et à le transporter jusqu'au lac pour la conquérir[3], ainsi que de l'isolement géographique de la région du Petén, au milieu de la forêt tropicale.

Économie et échanges[modifier | modifier le code]

Les Itzá ont constitué un vaste réseau d'échanges, qui s'étend depuis le Honduras jusqu'au nord-ouest mexicain. Des similitudes culturelles peuvent d'ailleurs être trouvés avec Tula, la capitale toltèque. Dès le début du IIe millénaire, on remarque dans la région du Yucatan et plus généralement en Mésoamérique de nombreux mouvements de populations, notamment de la part des Itzá. Ceux-ci ont évidemment favorisé des échanges économiques et culturels, et permis fort mélange de cultures dans toutes l'aire mésoaméricaine.

Conquête[modifier | modifier le code]

Ils auraient été le dernier peuple conquis par les Espagnols en 1697 à Tayasal, et sont maintenant en déclin, ayant perdu une partie de leur culture, notamment leur langue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anonyme 2008, p. 25 de la Nota introductoria.
  2. Tsubasa Okoshi Harada, Tiempo de los Itzáes y de los Cocom : una interpretación de la historia del Posclásico, p. 183 de Simbológicas, coord. par Marie-Odile Marion, Plaza y Valdés, 1997, (ISBN 9688565334).
  3. a et b Foster 2005, page 154.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Anonyme (trad. , commentaire et compilation des textes mayas coloniaux par Alfredo Barrera Vásquez et Silvia Rendón), El libro de los libros de Chilam Balam, Fondo de Cultura Económica,‎ 2008 (réimpr. 1° édition 1963, édition originale 1948) (ISBN 9789681609771).
  • Eric Taladoire et Brigitte Faugère-Kalfont, Archéologie et art précolombiens: la Mésoamérique, Manuels de l'école du Louvre,‎ 1995 (ISBN 2110034475).
  • (en) Lynn V. Foster, Handbook to life in the ancient Maya world, Oxford University Press,‎ 2005 (ISBN 0195183630).
  • (en) Susan Kepecs, Rani T. Alexander et al., The postclassic to Spanish-era transition in Mesoamerica: archaeological perspectives, University of Mexico Press,‎ 2005 (ISBN 0826337392).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]