Diego de Landa

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Diego de Landa, Évêque du Yucatán

Frère Diego de Landa, ou Fray Diego de Landa Calderón en espagnol, est un moine franciscain (né le 12 novembre 1524[1], mort en 1579), connu pour être le premier et l'un des meilleurs chroniqueurs du monde maya. Paradoxalement, il s'acharna par ailleurs à détruire les vestiges de cette civilisation.

Les historiens le décrivent comme un prêtre cruel et fanatique qui mena une violente campagne contre l'idolâtrie. Il fit notamment brûler presque tous les précieux manuscrits mayas (codex).

Page extraite de Relación de las Cosas de Yucatán, dans laquelle Diego de Landa explique l'alphabet maya.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Cifuentes de la Alcarria (Guadalajara, Espagne) le 12 novembre 1524[2], Diego de Landa devient moine franciscain en 1541, au monastère de San Juan de los Reyes de Tolède. Il fut parmi les premiers moines de son ordre à être envoyé au Yucatán pour apporter la religion catholique aux peuples mayas, après la conquête espagnole de ce territoire. Sa première affectation fut la mission de San Antonio à Izamal, où il établit sa résidence. Le 12 juillet 1562, avec l'aide de Diego Quijada, il organisa un autodafé à Mani où furent brûlés 27 codex hiéroglyphiques et 5.000 idoles[3].

Il est renvoyé en Espagne en 1563 par l'évêque Francisco de Toral, devant un tribunal ecclésiastique pour avoir outrepassé ses droits. Ses actions sont fermement condamnées devant le Conseil des Indes. On estime qu'il fit détruire environ 70 tonnes de documents mayas. Mais, l'évêque Toral meurt au Mexique en 1571. Diego de Landa est alors disculpé après un interminable procès ; il est nommé évêque et renvoyé par le roi Philippe II d'Espagne à Mérida, où il meurt en 1579.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de Relación de las Cosas de Yucatán, ouvrage dans lequel il décrit précisément la langue, la religion, la culture et l'écriture mayas. Le manuscrit original, écrit en 1566 lors de son retour en Espagne a été perdu depuis. De nombreuses copies plus ou moins fidèles ont été produites par la suite. Une version complète réalisée vers 1660 fut redécouverte en 1862 par le clerc français Charles Étienne Brasseur de Bourbourg. Brasseur de Bourbourg publia le manuscrit deux ans plus tard dans une édition bilingue franco-espagnole intitulée Relation des choses de Yucatán de Diego de Landa.

Références dans des oeuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rosario Acota & a. Guide bleu du Mexique, Hachette Tourisme, édition 2004, page 593.
  • Clendinnen, Inga. Ambivalent Conquests: Maya and Spaniard in Yucatan, 1517-1570. 2 ed. 2003. Cambridge: Cambridge UP.
  • Marshall E. Durbin, 1969. An Interpretation of Bishop Diego De Landa's Maya Alphabet (Philological and Documentary Studies, 2/4)
  • (Diego de Landa) William Gates, translator, (1937) 1978. Yucatan Before and After the Conquest An English translation of Landa's Relación
  • —, 2002. Relacion de las cosas de Yucatan/The relationship of the things of the Yucatan (in series Cronicas De America)
  • —, (Alfred M. Tozze, tr.) 1941. Relación de las cosas de Yucatán: A translation, (Papers of the Peabody Museum of American Archaeology and Ethnology, Harvard University, v. 18).
  • Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa: texte espagnol et français

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Brian M. Fagan, Precursores de la arqueología en América, Fondo de Cultura Económica, 1984, p.39.
  2. (es) Dante Liano, Literatura y funcionalidad cultural en Fray Diego de Landa, Bulzoni, 1988, p.27.
  3. La découverte de l'écriture maya par les chroniqueurs et religieux espagnols du XVIe au XVIIIe siècle