Isabelle de Bourbon-Parme

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Isabelle de Bourbon-Parme
Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier
Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier

Titre Princesse de Parme
Biographie
Naissance
Madrid
Décès (à 21 ans)
Vienne
Père Philippe Ier de Parme
Mère Marie-Louise-Élisabeth
Conjoint Joseph II

Isabelle de Bourbon-Parme, princesse de Parme, (née le à Madrid et morte le (à 21 ans) à Vienne) est la fille de Philippe Ier, duc de Parme, Plaisance et Guastalla et de Marie-Louise-Élisabeth, fille aînée du roi de France Louis XV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une princesse de Bourbon entre Espagne et France[modifier | modifier le code]

Isabelle de Parme et sa mère par Nattier

Infante d'Espagne, Isabelle est élevée à la cour de son grand-père Philippe V d'Espagne à Madrid, auprès de sa terrible grand-mère dont elle porte le prénom, Élisabeth Farnèse.

À la faveur du traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, son père, troisième fils du roi d'Espagne, devient duc de Parme, Plaisance et Guastalla. Il rejoint son duché (et ses trois cent mille sujets) tandis que la nouvelle duchesse fait un détour par Versailles, afin de remercier son père le roi Louis XV de France, et de s'assurer de son appui et de ses subsides.

La duchesse emmène avec elle la jeune Isabelle âgée de 7 ans, son unique enfant qui fera rapidement la conquête du roi, de sa famille et de la cour.

La duchesse de Parme, que la cour de France nomme « Madame Infante », prolongera autant que possible son séjour, allant jusqu'à faire portraiturer sa fille par le peintre Nattier pour faire durer le temps, et n'entrera à Parme qu'à la fin de 1749.

Cependant la duchesse de Parme s'ennuie auprès de son mari quand, après lui avoir donné deux autres enfants en janvier et décembre 1751 dont l'héritier attendu, elle apprend en février 1752 la mort de sa sœur jumelle Madame Henriette. Elle décide de repartir pour Versailles en septembre afin, dit-elle, de se recueillir sur la tombe de la défunte. Encore une fois, elle restera près d'un an à Versailles, s'alliant par politique aux puissants du jour, notamment la favorite de son père, la Marquise de Pompadour, au grand dam de son frère le dauphin, de sa mère et de ses sœurs.

De retour à Parme fin 1753, elle fera encore le voyage de Versailles en 1757 à la faveur de la guerre de Sept Ans. La duchesse aimerait une principauté plus avantageuse pour son mari et aussi plus proche de Versailles comme le Duché de Luxembourg. Elle espère aussi l'appui de son père dans les projets de mariage qu'elle a formés pour ses deux filles, l'aînée avec le futur empereur Joseph II du Saint-Empire, la cadette avec le duc de Bourgogne, fils aîné du dauphin.

Mais comme sa sœur, la duchesse de Parme sera victime de la variole : elle meurt en 1759 à l'âge de 32 ans et va rejoindre sa sœur jumelle dans la crypte de la Basilique Saint-Denis.

Une éducation princière[modifier | modifier le code]

La famille ducale de Parme (vers 1755)

Isabelle apprend le violon et est une lectrice de livres philosophiques, historiques et de théologie. Elle apprécie notamment Bossuet et Law.

À la mort de leur mère qu'ils n'ont pas revue, Isabelle, 16 ans, prend soin de ses cadets ; son frère Ferdinand, héritier du duché de Parme et sa sœur Marie-Louise, mais la fragile adolescente souffre de dépression. Elle est fréquemment hantée par des pensées morbides, ce que personne dans son entourage ne soupçonne.

L'union des deux dynasties catholiques[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse

Dans le cadre du rapprochement des maisons de Bourbon et de Habsbourg-Lorraine, elle épouse, le , à l'âge de 18 ans, celui qui deviendra l'empereur Joseph II.

Elle lui donnera deux filles :

  • Marie-Thérèse (1762-1770)
  • Marie-Christine (1763-1763)

Elle fascine la cour de Vienne par sa beauté et son intelligence. Dotée d'un grand sens politique, elle fait rapidement la conquête du couple impérial et de son mari. Mais si ce dernier l'appelle familièrement « Tya-Tya », pour elle, il reste « l'archiduc », l'homme envers qui elle remplit ses devoirs d'épouse.

En fait, si elle fait bonne figure, elle s'ennuie à Vienne. Elle s'occupe en écrivant différents ouvrages historiques ou philosophiques, et même un ouvrage de piété.

Marie-Christine[modifier | modifier le code]

Isabelle et sa belle-sœur, l'archiduchesse Marie-Christine deviennent très rapidement amies, même si elles se rencontrent tous les jours la vie de cour les sépare et elles s'écrivent beaucoup. Dans une des lettres enflammées, Isabelle manifeste son amour pour Marie-Christine :

« Je vous écris encore, sœur cruelle, bien que je sois à peine partie, je ne peux supporter d'attendre de connaître mon destin, et de savoir si vous me considérez digne de votre amour, ou bien si vous voulez que je me jette dans le fleuve ... Je ne réussis à penser à rien, seulement que je suis très amoureuse. »

Dans une autre lettre, elle écrivit :

« D'habitude je dis que le jour commence en pensant à Dieu. Cependant je débute le jour en pensant à l'objet de mon amour, c'est pour cela que je pense continuellement à elle. »

Élisabeth Badinter, qui a édité les 194 lettres enflammées qu'Isabelle adressa à Marie-Christine, estime qu'il s'agit d'un amour lesbien, mais il s'agit d'une interprétation contestable, car elle est la seule à affirmer, et sans éléments explicites, l'existence de relations physiques. Pour l'ensemble des historiens qui ont étudié le cas (Antonia Fraser, Simone Bertière, Edgarda Ferri...), éléments à l'appui, il s'agit de sentiments amoureux ardents de la part d'Isabelle, combattus mais sans succès, et non partagés par Marie-Christine, et par définition platoniques.

Toujours obsédée par la mort, elle donne naissance à deux filles, Marie-Thérèse en 1762 et Marie-Christine en 1763. La petite Marie-Christine meurt lors de l'accouchement et Isabelle meurt peu de jours après de variole. La petite Marie-Thérèse meurt en janvier 1770 de pneumonie.

Isabelle est enterrée dans la Crypte des Capucins à Vienne, nécropole des Habsbourg-Lorraine.

L'archiduc restera inconsolable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernest Sanger, Isabelle de Bourbon-Parme : La Princesse et la Mort, Bruxelles, Racine, 2002.
  • Isabelle de Bourbon-Parme : "Je meurs d'amour pour toi" -Lettres à l'archiduchesse Marie-Christine 1760-1763, éditées par Elisabeth Badinter, Paris, Tallandier, 2008.
  • Eurydice Vial, De la vie des marionnettistes, roman, Paris, Bouquineo pour Chemins de tr@verse, 2010. Roman inspiré de la vie d'Isabelle de Bourbon-Parme.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]