Henriette de France (1727-1752)

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Henriette de France

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Madame Henriette par Nattier (1751)

Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Anne-Henriette de France
Surnom Madame Seconde
Madame Henriette
Madame
Naissance 14 août 1727
Versailles (France)
Décès 10 février 1752 (à 24 ans)
Versailles (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Louis XV
Mère Marie Leszczyńska

Signature

Signature de Henriette de France

Anne-Henriette de France (née le 14 août 1727 à Versailles, morte le 10 février 1752 à Versailles), est la sœur jumelle d'Élisabeth (1727-1759), future duchesse de Parme. Elle se signala par sa douceur et ses qualités de cœur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une naissance attendue[modifier | modifier le code]

Le roi Louis XV a été marié précocement dès l'âge de 15 ans par son oncle et premier ministre, le duc de Bourbon, avec Marie Leszczyńska, une obscure princesse polonaise en exil, de 7 ans son aînée. Le but était de donner une descendance à la branche française de la Maison de Bourbon décimée par les maladies et les accidents entre 1711 et 1714 ; et accessoirement d'éviter l'avènement du jeune duc d'Orléans que le duc de Bourbon craignait. Le premier accouchement de la reine était donc très attendu. Mais à la place du dauphin espéré, ce fut deux princesses qui virent le jour. La surprise et la déception furent grandes et les ragôts commençaient à fuser quand le roi, heureux père de 17 ans, s'exclama joyeusement « on me disait impuissant et j'ai fait coup double » et il demanda à haute voix à la reine de donner rendez-vous à son accoucheur pour l'année suivante.

Venue au jour après sa sœur, Madame Henriette fut considérée comme fille puinée nommée Madame Seconde avant son baptême[1] à Versailles le 27 avril 1737 puis Madame Henriette puis uniquement Madame pour souligner le fait qu'après le mariage de sa sœur jumelle, elle était l'aînée des filles du roi (1739) encore célibataire. Son parrain fut le prince de Condé et sa marraine mademoiselle de Charolais.

D'un caractère réservé et doux, elle fut la fille préférée du couple royal.

Une famille nombreuse[modifier | modifier le code]

L'année suivante une autre fille vint au monde (qui ne vécut que 5 ans) mais en 1729 naquit enfin le dauphin tant espéré. En 1730, un petit duc d'Anjou prit le second rang dans la succession royale mais le rendit après trois ans d'existence. De 1732 à 1737 cinq filles se succèdérent.

En 1738, une fausse-couche obligea les médecins à déclarer à la reine qu'une onzième grossesse lui serait fatale. Sans rien dire, la reine ferma sa porte au roi qui, devenu jeune homme tandis que la reine devenait une vieille femme, commença la carrière d'adultère qui le rendit si impopulaire.

Le budget de l'état[modifier | modifier le code]

N'ayant plus à craindre d'autres naissances royales, le cardinal de Fleury qui tenait les fonctions de premier ministre convainquit alors le roi qui l'aimait comme un père de faire de sérieuses économies en confiant l'éducation de ses filles au plus prestigieux couvent de France, l'abbaye de Fontevrault dont l'abbesse était toujours une dame de la plus haute noblesse : si les jumelles étaient dispensées du voyage (on songeait déjà à marier l'aînée), la pétillante Madame Adélaïde, du haut de ses six ans, sut au dernier moment attendrir son père et resta à Versailles avec ses aînées et son frère tandis que les cadettes, Victoire, Sophie-Philippine, Thérèse et Louise quittèrent la cour pour un lieu moins corrompu.

Madame Henriette passa les dernières années de son enfance à la cour de Versailles avec sa sœur jumelle Élisabeth, leur cadette Adélaïde et leur unique frère, le dauphin Louis-Ferdinand.

L'ombre de l'Espagne[modifier | modifier le code]

L'année suivante, Élisabeth fut mariée à l'infant Philippe d'Espagne, troisième fils du roi Philippe V d'Espagne. Le mariage n'était guère brillant pour la fille aînée de plus puissant roi d'Europe mais celui-ci voulait consolider l'union entre les branches Française et Espagnole de la Maison de Bourbon dont les relations s'étaient distendues pendant la minorité du roi Louis XV. Par ailleurs le dauphin était fiancé à l'infante Marie-Thérèse, sœur de l'infant Philippe.

La séparation des deux sœurs qui n'avaient pas 12 ans, fut déchirante.

Histoires de famille[modifier | modifier le code]

Devenue la fille aînée du roi résidant à la cour, Madame Henriette ne fut plus appelée désormais selon le protocole que "Madame".

À la différence de sa sœur, elle ne fut jamais mariée, ni même fiancée.

L' amour impossible[modifier | modifier le code]

On lui prêta une idylle avec son cousin le duc de Chartres. Le roi, qui posa d'abord sur cette idylle un regard bienveillant, dut finalement, pour des raisons diplomatiques, s'opposer à ce mariage qui aurait trop élevé le futur chef de la branche cadette de la Maison de France et aurait indisposé le roi d'Espagne, plus proche successeur du roi au cas où le dauphin Louis-Ferdinand mourût sans descendance mâle survivante (1743).


Maman Putain[modifier | modifier le code]

Madame forma avec sa sœur cadette Madame Adélaïde et son frère le dauphin Louis-Ferdinand un groupe uni qui, par amour pour leur mère, s'opposa à Madame de Pompadour, la favorite royale qu'ils appelaient en privé « Maman Putain ».

La grande sœur et la triste Pepa[modifier | modifier le code]

Marié à 16 ans, père et veuf à 17, Le dauphin, inconsolable de la mort de sa première épouse morte en couches à l'âge de 20 ans en 1746, fut pourtant remarié au plus tôt.

Après une espagnole, on choisit pour des raisons toutes diplomatiques une princesse de la lointaine Allemagne de l'Est dont le père régnait sur la Pologne, Marie-Josèphe de Saxe. Le dauphin fut si contristé de cette union qui lui était imposé que l'on compara la nuit de noce à un sacrifice. Il battit froid à sa jeune épouse qui faisait tout son possible pour lui plaire et se morfondait dans son impuissance.

En 1748 mourut la petite princesse que le dauphin avait eu de sa première épouse et Marie-Josèphe pleura sincèrement la fille de sa rivale d'outre-tombe.

Madame, qui ne se consolait pas de son histoire d'amour avortée, se prit d'affection pour cette jeune belle-sœur intelligente et pleine de tact et, avec succès, s'employa à faire changer les sentiments de son frère. Le couple delphinal fut un des couples princiers les plus unis de l'histoire de France et eut une nombreuse descendance.

La musique avant tout[modifier | modifier le code]

Madame Henriette jouant de la basse viole par Nattier (1754)

Comme ses frères et ses sœurs (qui revinrent à la cour entre 1748 et 1750, une fois leur éducation terminée), elle se passionna pour la musique. En témoigne le portrait de Jean-Marc Nattier, Madame Henriette jouant de la basse de viole, instrument qu'elle étudia avec Jean-Baptiste Forqueray.

Le châtiment divin[modifier | modifier le code]

Madame décéda prématurément le 10 février 1752, à seulement 24 ans : la petite vérole emporta la fille favorite de Louis XV, après une existence solitaire et effacée.

Le roi commençait à être impopulaire et le peuple prétendit que la mort de sa fille préférée était un châtiment que le Ciel envoyait au roi adultère.

Références[modifier | modifier le code]

  1. AD 78, registre des baptêmes de la paroisse Notre-Dame de Versailles, année 1737, vue 27/76

L'an mil sept cent trente sept le vingt septieme d'avril Anne Henriette fille de très haut et très excellent et très puissant Prince Louis quinze par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre et de très haute très excellente et très puissante Dame Marie Princesse de Pologne son épouse, née et ondoyée le quatorze du mois d'aout mil sept cent vingt sept par messire Henry Hubert de Couravel de Pesé conseiller aumonier du Roy abbé de Beaupré, a reçu les ceremonies du bapteme par haut et puissant Prince de Strasbourg monseigneur Armand Gaston de Rohan cardinal et grand aumonier de France, en presence de nous curé soussigné, le parrain a été très haut et puissant Prince monseigneur Louis Henry de Bourbon Prince de Condé duc de Bourbon Prince du sang, et la marraine très haute et puissante Princesse mademoiselle Louise Anne de Bourbon, Princesse du sang, qui ont signé. Le Roy et la Reine présents qui ont bien voulu signer.

Article connexe[modifier | modifier le code]

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