Induction électromagnétique

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L'induction électromagnétique, aussi appelée induction magnétique, est un phénomène physique produisant une différence de potentiel électrique dans un conducteur électrique soumis à un champ magnétique variable. Cette différence de potentiel peut engendrer un courant électrique dans le conducteur.

Ce phénomène est notamment utilisé dans les transformateurs électriques, les bobines, ou encore les plaques à induction grâce aux courants de Foucault.

Origine physique[modifier | modifier le code]

Ce phénomène a pour origine la force de Lorentz, notée {\vec F} appliquée aux électrons libres dans le conducteur électrique, et dont l'équation est :

 \vec F \ = \ q \, \vec E \ + \ q \, \vec v \wedge \vec B \,

Ces grandeurs sont toutes mesurées dans le même référentiel galiléen au point où se trouve la particule. La notion de référentiel est ici très importante car suivant le référentiel dans lequel on se place, il y a deux manières d'interpréter le même phénomène. Dans ces deux points de vue, cela se modélise par la loi de Lenz-Faraday, ou bien une des quatre équations de Maxwell.

Compréhension du phénomène[modifier | modifier le code]

On considère l'expérience suivante : un conducteur électrique se déplace dans un champ magnétique fixe. Suivant le référentiel dans lequel on choisit de se placer, on va observer deux types d'inductions, qui représentent le même phénomène :

  • L'induction de Lorentz : on parle de l'induction de Lorentz lorsqu'on considère le champ magnétique constant et qu'on déplace ou déforme le conducteur électrique. Dans ce référentiel les électrons ont alors une vitesse, et subissent une force, utilisée dans des machines à courant continu, qui correspond à la partie magnétique de la force de Lorentz :
 \vec F \ =  \ q \, \vec v \wedge \vec B \,

Lois de l'induction[modifier | modifier le code]

Il existe deux formes, intégrale et locale, qui sont équivalentes.

Loi locale[modifier | modifier le code]

La loi d'Ohm s'écrit localement :

\vec{j}=\sigma (-\vec{\nabla} V + \vec{E}_{em})

\sigma est la conductivité électrique du conducteur, \vec{j} est la densité volumique du courant électrique. En l'absence de générateur électrochimique (qui crée un gradient de potentiel \vec{\nabla}V), seuls les phénomènes d'induction peuvent expliquer la naissance de courant, via le champ électromoteur

\vec{E}_{em}= - \frac{\partial \vec{A}}{\partial t} + \vec{v} \wedge \vec{B}.

Loi de Faraday[modifier | modifier le code]

La forme intégrale, ou loi de Faraday, est la suivante : un circuit soumis à un flux magnétique variable Φ (issu d'un champ magnétique variable B) subit une force électromotrice e (en volts, en orientant e selon une convention générateur, voir l'article Flux du champ magnétique) telle que :

e = - \frac{\mathrm d \Phi}{\mathrm dt}

où Φ est le flux de B à travers le circuit.

Dans un schéma électrique, cette force électromotrice est toujours fléchée avec la convention générateur. Ainsi, lorsqu'on utilise la convention récepteur, la tension u \, aux bornes de ce circuit est égale à la somme des chutes de tension liées à l'intensité i \, qui le parcourt, retranchées de cette force électromotrice.

En régime de courant continu, on peut alors écrire ce qu'on appelle la loi d'Ohm généralisée :

U=R.I-e \,

R \, est la résistance électrique du conducteur.

Auto-induction[modifier | modifier le code]

On parle d’auto-induction lorsque la source du champ magnétique à l'origine d'une force électromotrice dans un circuit est le courant électrique parcourant ce même circuit. Le champ magnétique établit une rétroaction des variations du courant dans le circuit sur elles-mêmes.

L'auto-induction est la propriété électromagnétique remarquable qu'a un conducteur parcouru par un courant électrique, de s'opposer aux variations de celui-ci.

En effet, un conducteur parcouru par un courant électrique génère un champ magnétique (cf. loi de Biot et Savart). La loi de Lenz-Faraday décrit le phénomène suivant : lorsque le flux du champ magnétique qui traverse un circuit conducteur varie au cours du temps, il apparaît dans ce circuit une tension appelée force électromotrice. La f.e.m. ainsi créée est orientée de façon à générer des courants s'opposant à la variation du flux :

 e  = - \frac{d\phi}{dt}

Toute variation du courant produit une variation de ce champ induit, ce qui a pour effet de produire une tension qui s'oppose à la variation du champ donc qui s'oppose à la variation du courant :

 u  = - L \frac{di}{dt}

L \, s'appelle le coefficient d'auto-inductance du circuit ou inductance propre du circuit. Il ne dépend que de la configuration géométrique du circuit, et est toujours strictement positif.

Applications[modifier | modifier le code]

On peut citer :

L'induction électromagnétique entre en jeu dans de nombreuses machines électriques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John David Jackson, Électrodynamique classique [« trad. de (en) Classical Electrodynamics »] [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]