Gustave Lefèvre

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Victor Gustave Lefèvreou Gustave Lefèvre-Niedermeyer

Description de cette image, également commentée ci-après

Gustave Lefèvre par Berthaud en 1889

Naissance 2 juin 1831
Provins, Drapeau français Royaume de France
Décès 17 mars 1910 (à 78 ans)
Boulogne-Billancourt, Drapeau français France
Activité principale Compositeur et Pédagogue
Activités annexes Directeur de l'École Niedermeyer
Lieux d'activité Paris, Auteuil, Issy
Années d'activité 1865 - 1910
Élèves Gabriel Fauré

André Messager
Alexandre Georges
Albert Périlhou
Henri Letocart
Henri Busser
Maurice Le Boucher
Aloÿs Claussmann

Claude Terrasse
Famille Edouard Lefèvre son frère

Eugène Gigout son beau-frère
Louis Niedermeyer son beau-père

Léon Boëllmann son gendre
Gustave Lefevre (au centre) entouré des élèves de l'École Niedermeyer dont GIgout, Fauré et Messager, Bibliothèque nationale de France.

Victor Gustave Lefèvre est un compositeur et pédagogue français né à Provins (Seine-et-Marne) le 2 juin 1831 et mort à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 17 mars 1910. Il est inhumé au cimetière de la Ville Haute de Provins.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aîné de douze enfants, il commence ses études au collège de Provins. Son frère Edouard Lefèvre est peintre. Sa famille étant venue habiter à Paris en 1842 (tout en gardant leur propriété de Provins, la Villa des Courtils, où se réunira la famille élargie, les Lefèvre, Gigout, Boëllmann), il les poursuit au collège Sainte-Barbe.

Il fut l'élève de Foulon, directeur de l'Orphéon. Auguste Mathieu Panseron, professeur d'harmonie au conservatoire de Paris le recommanda à Auber, directeur, qui le fit entrer dans la classe de Colet. Il est ensuite l'élève de Michele Carafa de Colobrano et étudie pendant une dizaine d'années auprès de Pierre Maleden où il entreprend ses travaux sur la contexture des périodes musicales, sur le rythme et la modulation. Durant ces années, il a pour collègue d'études Camille Saint-Saëns qui demeurera son ami et deviendra professeur à l'École Niedermeyer.

En 1855, il fonde la Société du progrès artistique qui fait entendre les chœurs des pèlerins de Tannhaüser de Richard Wagner le 2 juin 1861, soit quatre mois seulement après sa création à Bayreuth.

En 1865, il épouse Suzanne "Eulalie", la fille aînée de Louis Niedermeyer et est nommé directeur de l'École Niedermeyer. Sa première fille, Louise, épouse Léon Boëllmann. La seconde, Marguerite, épouse Henri Heurtel, qui prendra sa succession à la tête de l'école. Il a trois autres enfants: Louis, Eulalie et Mathilde. Il est également le beau frère d'Eugène Gigout et le grand-père de Marie-Louise Gigout-Boëllmann.

Il héberge pendant un temps, à son domicile parisien, le jeune Charles Huot, peintre canadien. Il ira même jusqu'à régler sa pension aux beaux-arts.

Le 17 février 1868, il est nommé par décret "Membre de la commission de réception des grandes orgues de Notre-Dame de Paris", construites par Cavaillé-Coll.

En 1870, Gustave Lefèvre quitte Paris avant l'invasion, en emmenant les enfants près de Lausanne, dans une propriété louée. Gabriel Fauré l'y rejoint. "Pendant la guerre, notre Directeur, avait transporté l'École en Suisse... Il écrivit de droite et de gauche à ses anciens élèves et ses anciens professeurs. Après avoir servi à Paris dans un régiment de ligne, je me rendis à son appel. J'étais tout fraîchement émoulu de l'École et un peu anxieux de mes débuts comme professeur. Le premier élève qui me fut présenté dès que j'arrivais, ce fut... André Messager. Les premiers entretiens, je n'ose pas dire les premières leçons, suffirent à nous convaincre que nous étions faits pour être des amis ; et depuis ce temps, cette amitié, j'en suis très fier et très heureux, ne s'est jamais démentie." Gabriel Fauré.

En 1872, il crée la Société des concerts de l'École qui entend renouer avec la Société des concerts de musicale vocale religieuse et classique fondée par le prince de la Moskowa et il la dirige jusqu'à sa dissolution en 1884.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Symphonies

  • La première (exécutée en 1851 au Gymnase militaire et dont Carafa dira "c'est aussi ennuyeux que du Berlioz")
  • La seconde "Grande" en Si bémol (1856)

Musique de Chambre

  • Quatuor à Cordes en Sib
  • Quatuor à Cordes en Mib
  • Quintette pour hautbois, violon, alto, violoncelle et piano

Musique religieuse

  • Messe en Fa pour voix mixtes (chantée en 1850 au Panthéon)
  • Messe solennelle à sa sainteté Pie IX pour trois voix: Sopranos, Ténors et Basses + Ténor solo et orchestration variable (orgue ou orchestre à cordes ou orchestre d'harmonie)exécutée à la Sorbonne (Tondu Simon Éditeurs): Kyrie - Gloria - O Salutaris - Sanctus - Agnus Dei
  • Psaume de la Pénitence (1877)
  • O salutaris, pour voix et orgue (certainement extrait de la messe solennelle, éditée en numéros dont ténor solo et orgue pour le O Salutaris)
  • Berceuse miniature, pour harmonium (Costallat &Cie)
  • Motets

Scène

  • Opéra: La Vendetta (1877)

"M. Lefèvre-Niedermeyera fait entendre chez lui, jeudi dernier, à un auditoire d'artistes, un opéra en trois actes de sa composition, la Vendetta.Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans une analyse détaillée de cette partition, mais nous pouvons en mentionner sommairement les principaux caractères : manière d'écrire correcte et soignée, sentiment tantôt gracieux, tantôt véhément, généralement très-juste, style un peu composite, s'inspirant de Meyerbeer, de Weber et de Gounod. Une œuvre fort estimable en somme, et qui serait à sa place sur une de nos scènes lyriques. L'exécution qui a été très-satisfaisante, était confiée à Mlles de Miramont et Chauvot, MM. Nivart, Vurdert, de Franqueville et Alexandre Georges (ce dernier réduisant l'orchestre au piano, en parfait musicien)."

REVUE ET GAZETTE MUSICALE DE PARIS. QUARANTE -QUATRIÈME ANNÉE. 1877 PARIS AU BUREAU DU JOURNAL, 1, BOULEVARD DES ITALIENS

  • Musique de Scène pour le Roméo et Juliette d'Emile Deschamps représentée à l'Odéon en 1861

Chœurs à quatre voix pour les concours de musique

  • La Plage
  • L'Espoir
  • La France immortelle
  • Les Artisans réunis
  • La Légende bretonne

Mélodies

  • Azélie, Rêverie pour soprano et piano (Éditions Gavinet)
  • La Diva (Éditions Gavinet)
  • Mourir pour vous (Éditions Gavinet)
  • Méditerranée (Éditions Gavinet)
  • Le Pecheur (Éditions Gavinet)
  • Vous, toujours VousBluette (Éditions Gavinet)
  • La Mère d'Amalfi (Éditions Paul Dupont)
  • Fragment de Simonide (Éditions Paul Dupont)
  • Yvonne, sur des paroles de Charles-Jean Grandmougin (Chantée par Mme Portelette dimanche 23 décembre 1860 dans la grande salle du lycée Louis-le-Grand)
  • La Bouquetière, (Chantée par Mme Adam-Boisgontier dimanche 23 décembre 1860 dans la grande salle du lycée Louis-le-Grand)
  • Sourire de Mai, mélodie sur un texte de S.Blondel lien

Arrangements, transcriptions et réductions[modifier | modifier le code]

Mélodie populaire

  • La Romanesca

Signalons enfin l'orchestre bien dirigé par M. Molier dans l'ouverture des Aveugles de Tolède de Méhul et la Romanesca fort bien instrumentée par M. Gustave Lefevre.

dans la collection "Chefs-d'œuvre de l'opéra français"

de Niccolò Vito Piccinni

  • Didon, opéra en trois actes, réduction pour voix et piano: Partition avec préface de Lefèvre
  • Roland, tragédie lyrique en trois actes, réduction pour voix et piano: Partition avec préface de Pougin
  • Atys, tragédie lyrique en trois actes et un prologue, réduction pour voix et piano
  • Pénélope, tragédie lyrique en trois actes et un prologue, réduction pour voix et piano
  • La bonne Fille, opéra-bouffe en trois actes, réduction pour voix et piano

d'Antonio Salieri

  • Les Danaïdes, tragédie lyrique en cinq actes, réduction pour voix et piano
  • Tarare, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue, réduction pour voix et piano
  • Axur Re Dormus, tragédie lyrique, réduction pour voix et piano

Ses écrits[modifier | modifier le code]

  • traité de contrepoint et du rythme (inédit),
  • traité d'harmonie (1889) qui jette les bases d'une tonalité élargie,

Il crée en 1900 La Nouvelle Maîtrise, une reprise de la revue fondée jadis par Niedermeyer,

Tombe de Gustave Lefèvre au cimetière de Provins

Pièces dédiées[modifier | modifier le code]

  • Trio pour orgue de Adhémar Decq, organiste de Saint-Honoré d'Eylau

"à mon très honoré maître monsieur G.Lefèvre-Niedermeyer directeur de l'École de Musique Classique"
in Six Pièces pour grand orgue ou harmonium chez E.Demets, Éditeur Partition

  • La Villa des Courtils d'Émile Génisson, Quadrille pour piano (Elie Haye, Éditeur à Provins)
  • Da pacem, Domine pour trois voix d'hommes et accompagnement d'orgue, de C.A. Collin

(Échos du Sanctuaire no 70 - Procure générale de musique religieuse à Arras)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Louis Niedermeyer Abraham Louis, Baron de Niedermeyer d'Altenbourg (1802-1861) 
Directeur de l'École Niedermeyer (1852-1861)  
x  Jeanne Suzanne Charlotte des Vignes de Givrins (1803-)
│                           
│
├──> Suzanne Louise Eulalie de Niedermeyer d'Altenbourg(1832-1897)
│    x  Gustave Lefèvre (1831-1910) 
│    │  Directeur de l'École Niedermeyer (1865-1910)
│    │
│    ├──> Louise Lefèvre (1866-1898)
│    │    x Léon Boëllmann(1862-1897)
│    │    │
│    │    ├──> Marie-Louise Gigout-Boëllmann (1891-1977)
│    │    │    Organiste et professeur
│    │    │
│    │    ├──> Jean Boëllmann
│    │    │    ├──> Jean Boëllmann
│    │    │
│    │    ├──> Jeanne Boëllmann
│    │     
│    ├──> Marguerite Victoire Lefèvre (1867-1942)
│    │    Administrateur de l'École Niedermeyer
│    │    x  Henri Heurtel (1852-1928)
│    │    │  Directeur de l'École Niedermeyer (1910-1928) avec Albert Périlhou (jusqu'en 1914) puis Busser
│    │    │
│    │    ├──> Hélène Heurtel (1898-)
│    │    │    x Louis Crombé
│    │    │    │
│    │    │    ├──> Suzanne Crombé
│    │    │
│    │    ├──> Madeleine Heurtel (1899-1971)
│    │    │    Organiste Notre-Dame de Versailles
│    │    │    x Raymond Petit (1904-1992)
│    │    │    │
│    │    │    ├──> Geneviève Petit
│    │    │    ├──> Jacques Petit
│    │    │
│    │    ├──> Henriette Heurtel (1900-1975)
│    │    │    Organiste Saint-Louis de Garches
│    │    │
│    │    ├──> Henri Heurtel (1900-1981) 
│    │    │    Organiste Basilique Saint-Denis (1936-1977) et Saint-Aspais de Melun (1925-1936)
│    │    │
│    │    ├──> Sonia Heurtel (1903-)
│    │    │
│    │    ├──> Gaston Heurtel (1904-)
│    │    │    Directeur de l'École Niedermeyer (1928-1939) avec Henri Busser
│    │    │
│    │    ├──> Marie Heurtel (1905-1986) 
│    │    │    Organiste Saint-Aspais de Melun (1936-1981) 
│    │    │
│    │    ├──> Marguerite Heurtel (1907-1963)
│    │         x XXX More
│    │
│    │
│    ├──> Louis Gustave Henri Lefèvre (1868-1946)
│    │    x Eugénie Césarine Brisson(1862-1897)
│    │    │
│    │    ├──> Victor Lefèvre
│    │
│    ├──> Eulalie Eugénie Cécile Lefèvre (1869-1892)
│    ├──> Mathilde Lefèvre (1871-1892)
│
├──> Caroline Mathilde de Niedermeyer d'Altenbourg (1836-1904)
│    x Eugène Gigout (1844-1925)
│    adoptent leur neveu Léon Boëllmann
│
├──> Louis Alfred de Niedermeyer d'Altenbourg(1838-1904)
     Directeur de l'École Niedermeyer (1861-1865)
     x Jeanne Marie Catherine Soret de Boisbrunet (1831-1910)
     │
     ├──> Jeanne Marie Thérèse Armande de Niedermeyer d'Altenbourg (1883-1976)
     │    x le comte Ferdinand du Port de Pontcharra(1878-1978)
     │    dont postérité
     │  
     ├──> Marie Madeleine Jacqueline de Niedermeyer d'Altenbourg (1885-1961)
          x Fernand Mandosse(1880-1964)
          dont postérité 

Liens externes[modifier | modifier le code]

Partitions libres de droits dans IMSLP

Site internet: "Gustave Lefèvre, le Provinois oublié"

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle sous la direction de Joël-Marie Fauquet (Fayard)
  • L'École Niedermeyer, sa création, son but, son développement par Maurice Galerne (Éditions Margueritat)
  • Dictionnaire national des contemporains Tome II, de C.E. Curinier, à Paris (Office général d'édition)
  • Dossier Niedermeyer Rés. Dos 19, BNF
  • Documents légués à la ville de Provins Fonds ancien de la Ville de Provins