Gonzalve de Cordoue

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Gonzalo Fernández
de Córdoba y Aguilar
Statue du Gran Capitán à Cordoue
Statue du Gran Capitán à Cordoue

Surnom El Gran Capitán
Naissance 1453
Montilla, Espagne
Décès 1515 (à 62 ans)
La Loja
Origine Royaume de Castille
Arme Infanterie et artillerie
Grade Général
Années de service 14751504
Conflits Guerres d'Italie
Faits d'armes Siège de Grenade
Prise de Naples
Bataille du Garigliano
Distinctions Vice-roi de Naples

Gonzalve de Cordoue (son nom complet en espagnol est Gonzalo Fernández de Córdoba y Aguilar à ne pas confondre avec Gonzalo Fernández de Córdoba), né à Montilla le 1er septembre 1453 et mort à Grenade le 2 décembre 1515, est un militaire espagnol au service des rois catholiques, dont la carrière se déroule essentiellement pendant les guerres d'Italie. Ses succès militaires lui ont valu très tôt le surnom de Gran Capitán (Grand Capitaine en espagnol).

Premiers faits d'armes en Espagne[modifier | modifier le code]

Tout d'abord attaché à la suite de la princesse Isabelle, il embrasse la carrière des armes comme tout bon cadet espagnol de l'époque. Son baptême du feu a lieu pendant la Guerre de Succession de Castille, qui oppose l'infante Isabelle à Jeanne de Castille, fille d'Henri IV de Castille dont on doute fort qu'il fut réellement son père. En 1492, il négocie avec Boabdil la reddition de Grenade qui met fin à la Reconquista.

En récompense de ses exploits, il se voit octroyer une commanderie de l'ordre de Santiago.

Première expédition en Italie (1495-1498)[modifier | modifier le code]

À la mort de Ferdinand Ier de Naples, le roi Charles VIII de France, héritier de la maison d'Anjou entend reconquérir le royaume de René Ier de Naples. Il envahit le royaume de Naples et pousse Alphonse II de Naples à l'abdication en faveur du fils illégitime de ce dernier Ferdinand II de Naples. Le roi catholique Ferdinand II d'Aragon décide de venir en aide à son cousin de Naples.

Gonzalve de Cordoue s'appuie sur le soulèvement de la population napolitaine pour prendre la ville et deux ans plus tard quitte le royaume de Naples dont les Français ont été évacués. C'est à l'issue de cette campagne qu'il reçoit le surnom de Gran Capitán.

Avant de quitter l'Italie, le Gran Capitán libère la ville d'Ostie d'un corsaire basque et reçoit pour cela une Rose d'or des mains du pape Alexandre VI.

Deuxième expédition en Italie (1501-1507)[modifier | modifier le code]

El Gran Capitan

Malgré le traité de Grenade, les heurts se multiplient entre Français et Espagnols qui se sont partagé le royaume de Naples. Cette même année, Gonzalve de Cordoue est envoyé par les rois catholiques à Céphalonie pour aider la république de Venise à en chasser les Ottomans. La compagne est victorieuse mais se révèle peu productive en termes de butin.

Il conduit la répression de la rébellion des Alpujarras, du nom d'une région située dans les environs de Grenade, en Andalousie. Cette rébellion est le fait de Maures de l'ancien Royaume de Grenade, dont un cardinal, Francisco Jiménez de Cisneros, tente d'accélérer la conversion au christianisme, au rebours des accords signés lors de la reddition de Grenade.

Renvoyé en Italie, le Gran Capitán affronte victorieusement les troupes que Louis XII envoie à l'assaut de l'Italie. Il remporte tout d'abord la victoire à Cerignola (1503), puis celle du Garigliano (1503).

Les Français doivent quitter la région et Gonzalve de Cordoue est nommé vice-roi de Naples. Il occupe cette fonction durant mais, après la mort en 1504 de la reine Isabelle la catholique, le roi Ferdinand d'Aragon devient sensible aux jalousies nées de la faveur du vice-roi et, dans la crainte de possible velléités d'indépendance, le rappelle en Espagne.

Bien qu'ayant produit les comptes justifiant sa gestion durant ses années de vice-roi, coupant cours aux rumeurs de détournement à la cour, il ne retrouve jamais la faveur du roi et se retire à Loja, où il meurt en 1515.

Organisation des troupes[modifier | modifier le code]

Statue de Gonzalve de Cordoue à Madrid (M. Oms, 1883).

Tirant parti de son expérience sur les champs de bataille, et en particulier des formations militaires des Suisses, Gonzalve de Cordoue est à l'origine de la réorganisation des troupes espagnoles, qui donne naissance, plus tard aux fameux tercios.

Le Gran Capitán met en place la coronelía, composée de 6 000 hommes, sous les ordres d'un colonel, dont 3 000 piquiers, 2 000 fantassins armés d'une épée et d'une targe, et 1 000 arquebusiers. La coronelía peut être décomposée en 12 batailles de 500 hommes, chacune commandée par un capitaine. Selon Gonzalve de Cordoue, une armée doit être composée de deux coronelías auxquelles s'ajoutent deux escadrons de cavaliers lourds et deux escadrons de cavaliers légers. À la tête de l'armée, on trouve un Capitaine Général, dotée d'une troupe supplémentaire de 150 soldats.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Article es:Gonzalo Fernández de Córdoba sur Wikipédia hispanophone.
  • Nouveau dictionnaire encyclopédique universel illustré : répertoire des connaissances humaines. Troisième volume, FRAN-MECO. sous la direction de Jules Trousset, 1886
  • Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'histoire de France. Tome XIV [-XV], 1786

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) José Antonio Vaca de Osma, El Gran Capitán, 1998, ISBN 84-239-9920-3.
  • (es) Martín Gómez, Antonio L., El Gran Capitán. Las Campañas del Duque de Terranova y Santángelo, 2000, ISBN 84-930713-1-5.
  • (es) José Enrique Ruiz-Domènec, El Gran Capitán. Retrato de una época, 2002, ISBN 84-8307-460-5.
  • (es) Fernández Duro, Cesáreo, Armada Española, desde la unión de los reinos de Castilla y Aragón. Museo Naval, Madrid, 1972.