Ferdinand Ier de Naples

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Monnaie de Ferrante
Buste, musée du Louvre

Ferdinand Ier de Naples, également appelé Ferrante d’Aragon, né en 1423, mort le 25 janvier[1] 1494, roi de Sicile péninsulaire (roi de Naples) (1458-1494), fils illégitime d'Alphonse V, roi d'Aragon et de Sicile, et de Giraldona Carlino.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il eut longtemps à combattre les prétentions de Jean de Calabre, fils de René d'Anjou : vaincu d'abord à Sarno (1460), il resta vainqueur à Troia (1462). Cette victoire fut en partie obtenue grâce au renfort de mercenaires albanais, les Arbëresh, qui depuis se sont installés dans le sud de l’Italie.

Ferdinand va engager dès 1472 une politique de rapprochement avec le Saint-Siège, en mariant une de ses filles illégitimes avec le neveu du pape Sixte IV. En 1475, il se rend à Rome pour se concerter avec le pape suite à la conclusion d’une alliance défensive entre le duché de Milan, la République florentine et la République de Venise. En 1478 il s’allie avec Sixte IV et la République de Sienne contre Laurent de Médicis, mais celui-ci se rend personnellement à Naples où il parvient à négocier une paix honorable avec Ferdinand qui accepte d’abandonner ses alliés.

En 1480, les forces de l’Empire ottoman, aux ordres de Mehmed II s’emparent d’Otrante et massacrent la majorité des habitants, mais la ville est reprise l’année suivante par le fils de Ferdinand, Alphonse, duc de Calabre.

En 1482, se déclenche la Guerre de Ferrare où le Royaume de Naples est opposé à Venise et au pape.

En 1484, profitant de la faiblesse relative des États pontificaux, Ferdinand exige l’apurement d’un contentieux territorial : il demande que soient annexées à son royaume les enclaves pontificales de Bénévent, Terracina et Pontecorvo. Le nouveau pape Innocent VIII tente de gagner du temps. Profitant d’une révolte d’une partie de la noblesse du royaume napolitain, exaspérée par le gouvernement autoritaire de Ferdinand, le pape se porte solidaire des révoltés et déclare la guerre aux Napolitains le 14 octobre 1485. Milan, Florence et le roi de Hongrie, Mathias Corvin, beau-fils du roi Ferdinand se rangent de son côté. Alors que les opérations tournent en faveur de Naples, le pape fait appel au roi de France Charles VIII qui peut être intéressé à revendiquer les droits angevins sur la couronne de Naples, droits qu’il a hérités par testament. Pour parer à ce danger, Ferdinand se montre accommodant et accepte de signer la paix le 11 août 1486. Cependant celui-ci ne respecte pas les termes du traité de paix qui prévoyait une amnistie générale des nobles s’étant révoltés, et il fait assassiner traîtreusement une grande partie des conjurés. Très rapidement Ferdinand récuse les autres clauses du traité de paix dont le versement du tribut dû au pape, son suzerain, et la nomination par le pape aux bénéfices ecclésiastiques du royaume napolitain. Cependant en janvier 1492, les deux parties parviennent à un accord : Ferdinand accepte de verser le tribut annuel et de reconnaître sa dépendance féodale en échange de quoi le pape promulgue une bulle reconnaissant au détriment du roi de France Charles VIII la légitimité de la dynastie aragonaise sur le royaume napolitain. L’accord est scellé par le mariage du petit-fils de Ferdinand avec la nièce du pape.

À la mort d’Innocent VIII, le nouveau pape Alexandre VI est élu contre le candidat poussé par Ferdinand. Pour acquérir les bonnes grâces de celui-ci et son soutien contre Charles VIII qui se prépare, dès 1493, avec les encouragements du duc de Milan, Ludovic Sforza, à envahir l’Italie pour récupérer le royaume de Naples, Ferdinand négocie le mariage de sa petite fille Sancha avec le fils du pape, Geoffroi Borgia.

Il décède le 25 janvier 1494 rongé de soucis peu de temps avant le déclenchement des Guerres d'Italie qui aboutiront bientôt à l’événement qu’il avait redouté tout au long de son règne : la déposition de son fils et successeur Alphonse II

Ferdinand Ier laissa l’image d'un prince faux et cruel ; son peuple se souleva plusieurs fois contre lui ; mais il parvint à maintenir son autorité par la terreur.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épousa en premières noces en 1444 Isabel de Chiaramonte († 1465) d'où sont issus :

Il se remaria en 1476 avec l'infante Jeanne d'Aragon (1454 † 1517), sa cousine germaine, fille de Jean II d'Aragon et de Jeanne Enríquez, d'où :

Ferdinand eut également un certain nombre d’enfants illégitimes de ses maîtresses :

  • Jeanne d’Aragon (1455 † 1501), fille de de Diana Guardato et mariée en 1472 à Leonardo della Rovere, préfet de Rome, duc de Sora neveu du pape Sixte IV et frère du pape Jules II.
  • Marie d’Aragon (1473 † 1513), fille de Eulalia Ravignano et mariée en 1487 à Gian Giordano Orsini
  • Arrigo d’Aragon († 1478), fils de Giovanna Caracciola et marquis de Gerace

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Henry Lemonnier, Charles VIII, Louis XII, François Ier et les guerres d'Italie, Paris, Tallendier, 1982, (ISBN 2-235-01343-0), page 36


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