Francisco Morazán

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Francisco Morazán
Image illustrative de l'article Francisco Morazán
Fonctions
Président de la République fédérale d'Amérique centrale
18301834
18351839
Chef d'État du Honduras
26 novembre 18277 mars 1829
2 décembre 182928 juillet 1830
Chef provisoire du Salvador
3 avril 183213 mai 1832
Chef suprême du Salvador
18391840
Chef suprême du Costa Rica
12 avril 184211 septembre 1842
Prédécesseur Braulio Carrillo Colina
Biographie
Nom de naissance José Francisco Morazán Quezada
Date de naissance 3 octobre 1792
Lieu de naissance Tegucigalpa, capitainerie générale du Guatemala
Date de décès 15 septembre 1842 (à 49 ans)
Lieu de décès San José, Costa Rica
Parti politique Parti libéral centraméricain
Profession Militaire, homme politique, écrivain, poète
Religion Catholique

Signature

Le Général José Francisco Morazán Quezada (né à Tegucigalpa, 3 octobre 1792 - mort à San José, 15 septembre 1842) est un caudillo d'Amérique centrale.

Il fut Président de la République Fédérale d'Amérique centrale (1830-1834 ; 1835-1839) ainsi que chef d'État du Honduras (1827-1830), du Guatemala (1829), du Salvador (1839-1840) et du Costa Rica (1840).

Il est considéré comme étant l'un des plus grands chefs militaires d'Amérique centrale et un personnage central de la vie politique centre-américaine du début du XIXe siècle en tant que leader du mouvement libéral.

Né à Tegucigalpa (Honduras) en 1792, d'un père créole venant des Antilles et originaire de Corse, il reçut une éducation visant une carrière politique et militaire. Il apprit le français et se familiarisa avec la pensée des Lumières et la Révolution française ; il s'intéressa aussi à l'histoire de l'Europe, à la guerre d'indépendance d'Espagne et à l'Antiquité grecque et romaine. Sa formation militaire théorique s'appuya sur les guerres napoléoniennes.

Ses débuts militaires et politiques (1821-1827)[modifier | modifier le code]

Lorsque fut déclarée l'indépendance de l'Amérique centrale vis-vis de l'Espagne, Morazán était un assistant du maire de Tegucigalpa. Cette municipalité était contre l'annexion de l'Amérique centrale à l'Empire mexicain alors que la municipalité voisine de Comayagua y était favorable. Le gouverneur de Comayagua prit des actions répressives contre Tegucigalpa qui y répondit par la formation d'une armée de volontaires. C'est ainsi que Morazán devint capitaine d'un bataillon, mais Tegucigalpa ne put empêcher l'annexion de l'Amérique centrale au Mexique.

En 1823, après la sécession de l'Amérique centrale du Mexique, Francisco Morazán participa à la commission sur le pouvoir électoral de l'assemblée constituante centre-américaine, en vue d'une constitution fédérale pour les Provinces unies d'Amérique centrale.

En 1824, il fut nommé secrétaire général du premier gouvernement de l'État du Honduras et présidé par son oncle Dionisio de Herrera.

Le premier président de la République fédérale d'Amérique Centrale était Manuel José Arce, issu du parti libéral mais obligé par la majorité conservatrice du parlement de ne pas suivre son programme politique. En 1827, la guerre civile éclata entre les libéraux, trahis par Arce, et les conservateurs. Les troupes fédérales envahirent le Honduras et le Capitaine Morazán fut fait prisonnier et envoyé au Guatemala. Il arriva à s'échapper et rejoignit le Nicaragua pour prendre la tête d'une armée ayant pour but de renverser le nouveau gouvernement conservateur du Honduras. Le 27 novembre 1827, Morazán entra à Comayagua et prit le poste de chef d'État du Honduras.

C'est ainsi que Francisco Morazán devint le leader des libéraux centre-américains qui lui demandèrent son aide pour libérer les différentes régions occupées par les conservateurs.

L'invasion du Salvador et du Guatemala (1828-1829)[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 1828, Morazán démissionna de son poste de chef d'État du Honduras et prit la tête de l'Armée protectrice de la loi composée de 600 hommes d'origines hondurienne, nicaraguayenne et salvadorienne. Il partit libérer le Salvador des troupes fédérales avec cette armée hétéroclite composée de libéraux, de mercenaires et d'indiens. À San Miguel, Morazán perdit une partie de ses troupes car il interdit aux soldats de piller la ville, préférant les payer en réquisitionnant les commerçants. Malgré ces désertions et après quelques escarmouches, il entra à San Salvador en tant que libérateur en octobre de la même année.

En 1829, fort d'une armée de plus de 2 000 soldats, Morazán pénétra au Guatemala dans l'intention de prendre la capitale fédérale et d'en finir avec le gouvernement conservateur. En mars, et après une bataille dont l'armée de Morazán sortit victorieuse, une conférence de paix à Ballesteros échoua malgré l'évidente supériorité de Morazán. Il pénétra dans la capitale fédérale, Ciudad de Guatemala, le 13 avril 1829 et fit arrêter les conservateurs du gouvernement de la fédération et du gouvernement de l'État du Guatemala (ainsi que les religieux réticents aux réformes libérales). Morazán n'accepta aucun compromis avec les conservateurs, il fit exiler ses opposants politiques et confisqua leurs biens et leurs terres qui devinrent propriété de la Fédération. La guerre civile était terminée, le mouvement conservateur était affaibli alors que les libéraux dominaient la région grâce à Morazán, qui prit le titre de Gouverneur provisoire du Guatemala.

Présidence de la République fédérale (1829-1838)[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République fédérale d'Amérique centrale (1824-1839)

En 1829 Francisco Morazán fut élu Président de la République fédérale. Il tenta pendant son mandat de maintenir l'union de la région et de faire appliquer ses réformes libérales. Les réformes voulues par les libéraux étaient inspirées par les Lumières et le système politique américain et britannique : libre-échangisme au sein du pays, développement des exportations et protection de l'industrie du textile, liberté de culte, éducation pour tous, etc.

En 1832, José María Cornejo, chef conservateur de l'État d'El Salvador, déclare son pays indépendant. Pour garder l'unité de la fédération, Morazán envahit le Salvador et fit nommer le libéral Mariano Prado comme chef d'État.

Cette même année fut élu à la tête de la République fédérale le modéré José Cecilio del Valle, rédacteur de l'acte d'indépendance et respecté par les deux camps. Mais il mourut avant de prendre ses fonctions et Morazán fut réélu président de la fédération.

En 1834, le Salvador se proclama une nouvelle fois indépendant et Morazán envahit de nouveau le Salvador et décida d'installer la capitale fédérale à San Salvador pour mieux contrôler la région.

En 1838, le Guatemala devait faire face au caudillo conservateur Rafael Carrera. Morazán fut appelé à l'aide et battit plusieurs fois les troupes de Carrera sans pouvoir le capturer. Entre temps, le Costa Rica et le Nicaragua s'étaient déclarés indépendants et l'assemblée fédérale avait décidé de laisser aux États la liberté de s'auto-administrer. Lorsque Morazán revint à San Salvador son mandat de président était terminé et la session parlementaire aussi, empêchant l'organisation d'élections. La République Fédérale d'Amérique centrale était morte.

Présidence du Salvador (1839-1840)[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1839, Morazán fut élu chef de l'État d'El Salvador mais les pays voisins, dirigés par des conservateurs, ne voulaient pas que le symbole du fédéralisme exerçat une fonction de chef d'État dans la région. Le Honduras, le Nicaragua et le Guatemala s'allièrent et Morazán dut fuir et s'exiler au Panama en 1840, où il écrivit ses mémoires et le Manifeste de David (un recueil de ses réflexions sur son rôle politique et militaire dans la région et sur ses ennemis, en particulier Rafael Carrera). Morazán continua son exil au Pérou où il refusa de commander une armée.

Présidence du Costa Rica (1840-1842)[modifier | modifier le code]

Parc Morazán au Costa Rica.

Dans les années 1840 les britanniques occupaient la côte pacifique du Nicaragua, Morazán ne pouvait l'accepter et décida de retourner en Amérique centrale pour les chasser. Il retourna au Salvador où il réussit à enrôler assez de personnes pour faire tomber le dictateur costaricien Braulio Carrillo. Il entre ainsi à San José en avril 1842 en tant que libérateur. Morazán fut élu Président du Costa Rica et il fit intégrer le pays à la défunte République fédérale d'Amérique centrale et instaura le service militaire obligatoire. Les menaces de guerre et la présence de troupes salvadoriennes fit perdre à Morazán tout soutien populaire. Une révolte anti-Morazán éclata et le président dut fuir chez son ami Pedro Mayorga. Celui-ci le trahit et le livra à ses ennemis.

Francisco Morazán fut jugé et condamné à mort. Il fut fusillé le 15 septembre 1842, jour du 21e anniversaire de l'indépendance de l'Amérique centrale.

Hommages et monuments[modifier | modifier le code]

Par son importance dans l'histoire de l'Amérique centrale et des différents pays qui la composent, Francisco Morazán est un personnage important dans l'imaginaire de la région. Il donna son nom à des départements au Salvador et au Honduras.

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