Falabella

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Falabella
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Falabella
Falabella

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Drapeau de l’Argentine Argentine, ranch de la famille Falabella près de Buenos Aires
Caractéristiques
Morphologie Cheval miniature
Taille Environ 75 cm[1]
Poids de 40 à 80 kg
Robe Toutes sont possibles, avec une préférence pour les couleurs spectaculaires
Tête Encolure et tête parfois un peu lourdes
Caractère Calme et docile[1]
Autre
Utilisation Attelage léger, spectacle

Le Falabella est une race de cheval miniature, résultat de croisements volontaires entre divers chevaux et poneys, dont des Shetlands, des Criollo et des Pur Sang. Il doit son nom à la famille Falabella, qui en dirige le principal élevage depuis la fin du XIXe siècle et l'a fait connaître dans de nombreux pays.

Le Falabella est l'une des plus petites races équines du monde. Comme toutes les races de chevaux miniatures, il est souvent considéré comme un animal de compagnie. Il reste néanmoins un cheval à part entière, qui demande des connaissances équestres minimales et doit vivre en extérieur, jamais dans une habitation humaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le nom de cette race provient de la famille qui l'a développée au milieu du XIXe siècle. Le Falabella est originaire du sud de Buenos Aires, en Argentine. Les indiens Pampa de la région sont connus pour posséder de petits chevaux[2], probable adaptation de la race Criollo aux rudes conditions environnementales[1]. Un Irlandais, Patrick Newtall, parvient à en obtenir un spécimen. Il dirige par la suite un élevage sélectif et, en 1853, obtient une harde entière de chevaux miniature, mesurant moins de 92 cm[2]. Bien que la famille Falabella n'aie jamais livré ses secrets d'élevage, on suppose qu'il s'agit d'un élevage sélectif sur plusieurs génération, par sélection des animaux les plus petits, sachant que la jument conditionne la taille du poulain bien davantage que l'étalon[3]. Une rumeur évoque le croisement entre un étalon Pur Sang et de petites ponettes européennes, mais les origines du Falabella sont imprécises[4]. Son élevage est déplacé en 1879 vers le domaine de son héritier, Juan Falabella[2].

Ce dernier continue l'expérience par croisement de différentes races : Pur Sangs de petite taille, Shetlands (le plus petit poney connu à la fin du XIXe siècle), et chevaux Criollo. La race est considérée comme fixée en 1893, la conformation étant devenue plus harmonieuse[2]. En 1905, le groupe de chevaux miniatures échoit à Émilio Falabella, fils de Juan, qui poursuit le travail de sélection sur la morphologie. En 1927, Julio César Falabella hérite à son tour de l'élevage familial. Il tient un registre d'élevage et fait connaître la race Falabella dans le monde entier, sous le nom de « minihorse »[2].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Sous la houlette de Julio César Falabella, le cheptel atteint les 700 juments reproductrices. En 1937, son étalon Napoléon I, de robe alezan-pie, naît et devient l'un des fondateurs de la race[1]. Dans les années qui suivent, le Falabella s'exporte aux États-Unis, en Europe et en extrême-orient[1]. Au début des années 1960, plusieurs articles paraissent dans le National Geographic, dans Western Horseman et d'autres magazines. Lorsque des journalistes voyagent jusqu'en Argentine pour l'interviewer, Julio César Falabella répond qu'il souhaite faire connaître ces chevaux sous le nom de « Miniature Horses ». Le Falabella atteint une très grande popularité et continue de s'exporter partout dans le monde. Plusieurs personnes célèbres, acteurs, présidents, rois et princes, en font l'acquisition[5]. Dans les années 1970, les exportations aux États-Unis poussent les Américains à créer la Falabella Miniature Horse Association, qui débouche sur la création du premier Stud-book de la race en 1973[6]. Julio César Falabella présente ses chevaux à Paris en mai 1979.

Maria L.B. de Falabella prend la tête de l'entreprise familiale argentine en 1980[1]. Le premier élevage européen, Kilverstone Miniature Horse Stud, s'implante en Angleterre. Ses fondateurs, Lord et Lady Fisher, rendent visite à la famille Falabella pour acquérir quatre étalons et un groupe de juments[1].

Description[modifier | modifier le code]

Jument et poulain Falabella de robe noire.

Le Falabella est considéré comme un cheval miniature et non comme un poney, puisqu'il présente les caractères morphologiques propres aux chevaux[1],[Note 1].

La tête doit montrer les caractéristiques du cheval et être bien proportionnée par rapport au corps[7], mais celle de beaucoup de sujets ressemble à leurs ancêtres Shetlands. Les oreilles sont très petites et bien écartées, les yeux amicaux et calmes, le profil est rectiligne et les naseaux petits et ouverts. L'encolure est longue, les épaules sont bien formées, mais l'arrière-main est faible. Les paturons n'ont pas de fanons et les crins sont abondants[7].

Les sujets les plus recherchés évoquent des Pur Sangs en miniature. Le falabella est calme, amical et docile mais comme tout animal, il est imprévisible et peut s'agiter. La taille recommandée par le standard est de 75 centimètres, et la moyenne varie entre 70 et 80. Cependant les chevaux de moins de 70 cm sont plus recherchés[1]. Les allures sont énergiques[1].

Robe[modifier | modifier le code]

de nombreuses robes se rencontrent, en particulier les robes tachetées très appréciées

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Ce cheval miniature est docile et calme, et peut déployer une force impressionnante en rapport avec sa taille[1]. Il a les mêmes besoins qu'un cheval de taille normale. Il est souvent considéré comme un animal de compagnie[8] mais sa force et ses caractéristiques physiques demandent des connaissances équestres minimales. Il a besoin d'espace, d'un paddock ou d'un abri, d'un box ou d'une stalle, et de travailler pour rester en forme physiquement. Le Falabella est un animal rustique ne demandant pas de soins particuliers. Il résiste aux climats les plus rudes. Il présente aussi une longévité exceptionnellement longue, pouvant atteindre 40 à 45 ans[1]. Il n'a besoin d'aucune alimentation particulière, bien que la quantité soit moindre en comparaison avec les chevaux de taille normale.

Sélection[modifier | modifier le code]

L'étalon alezan-pie Napoléon I est l'ancêtre commun de la majorité des Falabella connus, avec l'étalon alezan Jauncito 168 Falabella, né en 1968[1]. Par rapport aux autres races de chevaux miniatures, il a l'avantage d'avoir fixé le gène codant la petite taille, ce qui permet d'obtenir des sujets correspondant au standard de taille sans avoir à pratiquer de travail de sélection[1].

Il existe plusieurs associations de race. La Falabella Miniature Horse Association américaine enregistre les animaux provenant du cheptel originel argentin. En Argentine, la famille Falabella a développé plus tard la Asociación de criadores de caballos Falabella (ACCF), avec son propre registre de race pour répertorier les chevaux descendants de ceux de la famille Falabella. Le nom de la race fait l'objet d'une protection. Quand un animal est exporté d'Argentine, un document d'enregistrement à l'exportation authentifie son origine[6].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Le Falabella a été testé à l'attelage et sous la selle. Dans les années 1970, un équipage de Falabella est parti d'Ushuaia pour rallier La Quiaca, au nord de l'Argentine, en tractant un attelage chargé de liqueur. Cette opération promotionnelle a fait découvrir l'étonnante résistance de cette race, qui a parcouru des milliers de kilomètres pour l'occasion[1].

Le Falabella apporte beaucoup aux enfants, il est utilisé pour les enfants handicapés comme pour les biens portants, ne serait-ce que pour leur apprendre le respect, la responsabilisation, pour développer la socialisation. C'est un vrai remède contre le stress et pour remettre les enfants, voire les adultes, en confiance. Il est aussi utilisé pour des présentations en main (show), concours de saut d'obstacle en longe (jumping) et parfois dans des cirques. On le fait aussi travailler en longe et aux longues rênes, comme n'importe quel cheval. Le Falabella peut être débourré à la longe, mais, trop petit, ne peut en aucun cas être monté[7].

Controverse de l'animal de compagnie[modifier | modifier le code]

Les Falabella sont appréciés par certains comme animaux de compagnie, toilettés et « bichonnés » à la façon de poupées Barbie. Les professionnels du monde du cheval s'opposent souvent à cet aspect des la détention des Falabella[9]. L'attrait pour les animaux nains est lié à l'engouement pour les animaux de compagnie[10]. D'après Éric Baratay, le Falabella est souvent acquis par des néo-ruraux et des rurbains qui ne pratiquent pas l'équitation, et recherchent un attachement sentimental avec un animal qu'ils gardent dans leur pré. Ce phénomène contribue à une transformation du cheval en animal de compagnie[11]. Jean-Pierre Digard estime toutefois que ce cheval, même miniature, ne peut vivre à l'intérieur d'une habitation humaine, ne serait-ce qu'en raison de son incapacité à contrôler ses sphincter[12].

Croisements[modifier | modifier le code]

Des croisement entre Falabella et miniatures américains ont donné le « Falabella Blend miniature », géré par l'association du même nom aux États-Unis. Dans les années 1980, l'éleveuse Laurie Stevens développe ce croisement et ses chevaux gagnent en popularité sous le nom de Falabella Blends, si bien que dans les années 1990, cette nouvelle race est très renommée. Ces chevaux sont enregistrés à la fois par les associations du Falabella et celles du cheval miniature américain, puis en 2001, un registre séparé est créé par Laurie Stevens. Ce registre est l'unique accepté pour enregistrer tous les Falabella Blend dans le monde[13]. Il demande 25 à 75 % d'origines Falabella dans le pedigree de chaque cheval[14].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Cette race s'est répandue autour du monde et s'élève désormais en dehors de l'Argentine, notamment aux États-Unis et dans toute l'Amérique du Sud[8]. Les Falabellas de race pure sont néanmoins assez rares[6] car il y a peu d'élevages spécialisés. Les croisements avec des Shetlands (pour plus de robustesse à l'attelage, par exemple) ou d'autres races de chevaux miniatures sont plus fréquents. Certains particuliers peuvent aussi vendre frauduleusement des mini-Shetlands en tant que Falabellas.

L'élevage anglais Kilverstone Miniature Horse Stud est le principal producteur de Falabellas en Europe[1]. En France, il est présent sur la plupart des manifestations autour du cheval, comme le Salon international de l'agriculture, le Salon du cheval de Paris et Cheval Passion en Avignon[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En particulier les attributs morphologiques du poney Shetland sont très éloignés

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Hendricks et Dent 2007, p. 184
  2. a, b, c, d et e Hendricks et Dent 2007, p. 183
  3. Jean Jacques Barloy, Lamarck contre Darwin: l'évolution des êtres vivants, Études vivantes,‎ 1980 (ISBN 2731041102 et 9782731041101), p. 59
  4. Emmanuelle Hubrecht (dir.), « Les chevaux miniatures », dans Les plus beaux chevaux du monde, éditions Atlas, coll. « Atlas nature »,‎ 3 mai 2005 (ISBN 9782723451406)
  5. Lynghaug 2009, p. 477
  6. a, b et c Lynghaug 2009, p. 480
  7. a, b et c Collectif, Chevaux et poneys, Éditions Artemis,‎ 2002, 128 p. (ISBN 9782844160256, lire en ligne), p. 35
  8. a, b et c Bernard et al. 2006, p. 36
  9. « Après avoir cherché hier, à modifier [...] aujourd'hui à adapter le cheval à ses loisirs » dans Paris Match, 2003 (à retrouver avec précision), p. 96
  10. Christian Lévêque, La biodiversité au quotidien: le développement durable à l'épreuve des faits, éditions Quae, 2008, (ISBN 2759209644 et 9782759209644), p. 139
  11. Éric Baratay, Et l'homme créa l'animal: histoire d'une condition, coll. Sciences humaines, Odile Jacob, 2003, (ISBN 2738112471 et 9782738112477), p. 327
  12. Jean-Pierre Digard, Une histoire du cheval : art, technique, société, Actes Sud, coll. « Nature »,‎ 1er mars 2007, 296 p. (ISBN 2742764836 et 978-2742764839)
  13. Lynghaug 2009, p. 482
  14. Lynghaug 2009, p. 483

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Hendricks et Dent 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Falabella », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848), p. 183-184 Document utilisé pour la rédaction de l’article — Source universitaire.
  • Isabelle Bernard, Myriam Corn, Pierre Miriski et Françoise Racic, « Falabella », dans Les races de chevaux et de poneys, Editions Artemis, coll. « Les équiguides »,‎ 2006, 127 p. (ISBN 2844163386 et 9782844163387)
  • [Lynghaug 2009] (en) Fran Lynghaug, « Falabella », dans The Official Horse Breeds Standards Guide : The Complete Guide to the Standards of All North American Equine Breed Associations, Voyageur Press,‎ 2009 (ISBN 0-7603-3499-4, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pascal Hardy, Le Cheval argentin falabella: un exemple de nanisme harmonieux chez les mammifères domestiques, École Nationale Véterinaire d'Alfort,‎ 1982, 103 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]