Ex-libris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ex-libris (homonymie).
Ex-libris du peintre américain Francis Davis Millet.

Un ex-libris (du latin ex libris meis, « faisant partie de mes livres ») désigne en bibliophilie une gravure personnalisée qu'un collectionneur colle sur le contreplat (l'intérieur de la couverture) ou sur la page de garde de ses livres, comme marque d'appartenance. L'ex-libris existe aussi sous forme manuscrite, de tampons, de cachets, etc.[1]

Description[modifier | modifier le code]

L'élément graphique principal en est généralement un dessin allégorique ou symbolique, ou encore un blason. L'ex-libris comporte aussi, le plus souvent, le nom ou, parfois, les initiales du propriétaire ; il peut aussi être signé par l'auteur du dessin et/ou de la gravure.

Un ex-libris peut comporter une devise ou une citation chère au propriétaire du livre, ou sa fonction, ou ses titres. On trouve par exemple :

  • Bordier, avocat en parlement
  • Séminaire de Lisieux
  • De la bibliothèque de François Valentin
  • Ce livre appartient à Jean Dupont
  • Ex-libris Frédéric Dufal
  • Félix Ayat
  • Mente libera (devise d'Ernest Stroehlin)
  • Never failing friends
  • Du Cabinet de Monsieur le Président des Orgeries Escuier, Chevalier Seigneur des Courtillotes, St Rigomer, Monlieu, Vaubezon, &c.

Historique[modifier | modifier le code]

Ex-libris de Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti (1696-1750), « Mademoiselle de la Roche-sur-Yon », princesse du sang de France.

Le British Museum possède une des tablettes bleues en argile vernissée qui habillaient les boîtes de cèdre dans lesquelles le pharaon Aménophis III conservait ses papyrus. Cette tablette constitue l'une des premières formes d'ex-libris et remonte à environ 1400 av. J.-C.

Les manuscrits enluminés du Moyen Âge portaient aussi la liste de leurs propriétaires successifs. Il s'agissait d'ex-libris rédigés à la main, très souvent richement ornés et armoriés. Les anciens talmuds portent parfois sur le plat intérieur de la reliure la liste des propriétaires successifs, permettant ainsi d'inscrire le livre dans la transmission.

La naissance de l'imprimerie permet de fabriquer l'ex-libris à un certain nombre d'exemplaires. Le format vignette apparaît à Nuremberg aux environs de 1511, gravé sur bois et souvent enluminé. Dürer aurait gravé la marque du célèbre humaniste Willibald Pirckheimer. La technique de l'ex-libris passe alors en Suisse et arrive en France au début du XVIe siècle. Le plus ancien ex-libris gravé en français est celui de Jean-Bertrand de La Tour Blanche, en Périgord (1529).

Les ex-libris ont connu un nouvel essor au XIXe siècle, alors que la diffusion du livre s'amplifie fortement avec l'industrialisation de la production de papier et le développement de la bibliophilie.

Collections[modifier | modifier le code]

Les ex-libris peuvent faire l'objet de collections. Ils sont recherchés aussi bien collés dans le livre que séparément. Certains bibliophiles attachent plus de valeur à un livre porteur d'un ex-libris rare, tout particulièrement si celui-ci désigne un ancien propriétaire célèbre ou ayant eu une collection remarquable de livres, soit pris isolément, détachés des livres : dans ce cas, c'est plus leur qualité esthétique qui est valorisée, comme par exemple l'auteur de la gravure. Au XXe, de nombreux graveurs s'exercent à cet art, produisant des centaines d'ex-libris parfois très recherchés. L'un des plus grands collectionneurs modernes est l'entomologiste belge Albert Collart (1899-1993).

En France, l'association française des collectionneurs d'ex-libris a déposé sa documentation et ses riches collections à la Bibliothèque municipale de Nancy.

Graveurs d'ex-libris célèbres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian Galantaris, Manuel de bibliophilie, préf. de Michel Déon, Paris, Éd. des Cendres, 1997.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]