Israhel van Meckenem

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Israhel van Meckenem
Israhel van Meckenem le Jeune

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Israhel van Meckenem et sa femme, premier autoportrait connu d'un graveur, entre les années 1480 et 1490, 124 × 171 mm

Naissance vers 1445
Décès 10 novembre 1503
Bocholt
Activités graveur et orfèvre
Maîtres Maître E. S.

Israhel van Meckenem (vers 144510 novembre 1503), aussi connu sous le nom d'Israhel van Meckenem le Jeune, est un graveur et orfèvre allemand, peut-être originaire d'une famille néerlandaise, actif de 1465 jusqu'à sa mort.

Il a été le graveur le plus prolifique du XVe siècle, et, bien qu'une grande partie des œuvres qu'il a signées soient des copies, ou s'inspirent très étroitement de gravures préexistantes, il demeure une figure majeure de l'histoire de la gravure sur cuivre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Filiation et origines[modifier | modifier le code]

Le surnom de « Jeune », que l'on ajoute parfois à son nom, vise à le distinguer de son père, Israhel van Meckenem le Vieux.

Ce dernier est un orfèvre, peut-être d'origine néerlandaise comme le laisserait supposer la particule « van », actif essentiellement en Allemagne dans le troisième quart du XVe siècle. Il déménage en effet en 1464 de Rheinbach vers Clèves où il exécute, en 1470, une commande pour l'église de Bocholt[1]. Il semble également avoir été graveur, et les hypothèses les plus récentes tendent à l'identifier au « Maître de la Passion de Berlin ».

Plusieurs lieux ont été avancés pour localiser « Meckenem », bien qu'aucun ne porte ce nom exact : ainsi, Joachim von Sandrart, qui évoque « Israel von Mecheln[2] », ferait venir la famille de Malines (en néerlandais Mechelen) dans le Brabant et Karel van Mander qui parle d'« Israel van Mentz[3] », de Mayence (en allemand Mainz). La famille semble cependant être plutôt originaire de Meckenheim près de Bonn.

Le prénom très peu courant d'« Israhel », commun au père et au fils, laisse supposer une origine juive, mais Israhel le Jeune a été inhumé dans une église, et la profession d'orfèvre était alors interdite aux personnes de confession juive.

Vie[modifier | modifier le code]

Sa date de naissance reste approximative. Les hypothèses les plus récentes l'évaluent entre le début des années 1430 et 1450.

Israhel van Meckenem a probablement appris l'orfèvrerie et la gravure avec son père, avant de voyager et d'entrer dans l'atelier du Maître E. S., le principal graveur de l'Europe du Nord de son temps. La plus ancienne mention de date sur l'une de ses œuvres indique 1465, et celle-ci précise en outre le lieu de création, Clèves, où sa famille s'était installée. En 1470, une source le donne comme travaillant à Bamberg ; puis il retourne vers 1480 à Bocholt, où il reste jusqu'à sa mort.

Il a toujours continué à travailler comme orfèvre. Certaines pièces actuellement conservées sont largement acceptées comme étant de sa main, et de nombreuses commandes du conseil de Bocholt sont documentées entre 1480 et 1498. Il était selon toute évidence une figure prospère et bien établie de la ville. Pour l'anecdote, on trouve son nom dans plusieurs plaintes contre des voisins, et Ida a été mise à l'amende pour « discours indécent », ainsi que pour « moqueries et menaces à l'égard de personnes détenant l'autorité publique ».

L'une de ses gravures est un double portrait le représentant en personne avec sa femme Ida, avec qui il s'est marié à la fin des années 1480[4] ; une autre pourrait représenter son père.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Couple d'amoureux jouant d'instruments de musique près d'une fontaine, signé « Israhel ». Les gravures circulaires comme celle-ci ont pu être destinées à servir de modèles aux orfèvres

Il a probablement suivi un apprentissage auprès du Maître E. S. dans le sud de l'Allemagne, et a pu rester auprès de lui jusqu'à sa mort vers 1467, à partir de quoi il a acquis et retravaillé quarante et une plaques de cuivre du maître. Deux cents autres gravures de Meckenem sont des copies du Maître E. S. Au total, on lui attribue plus de six cents gravures, principalement des copies ; cela représente environ 20% de la production des gravures de l'ensemble des artistes du Nord de l'Europe pour la période de son activité. Sa carrière a duré assez longtemps pour qu'il copie des gravures d'Albrecht Dürer.

En outre, il a copié des gravures du Maître du Livre de Raison[5], dont certains originaux sont actuellement perdus, de Martin Schongauer et de bien d'autres graveurs allemands. Sa célèbre suite de la Vie de la Vierge a vraisemblablement été inspirée de dessins d'Hans Holbein l'Ancien ou de son atelier, et il a pu entretenir des relations commerciales régulières avec celui-ci[6]

Ses premières œuvres restent assez rigides, mais il développe à partir des années 1480 un style plus personnel et produit des œuvres de plus en plus grandes et raffinées. Ses productions personnelles sont souvent pleines de vie, et sont un témoignage de grande valeur sur la vie quotidienne de son époque. L'une de ses célèbres gravures, supposée illustrer l'histoire de saint Jean-Baptiste et Salomé, repousse la scène principale et caractéristique de l'histoire loin en arrière-plan pour laisser la place, au premier plan, à une scène de danseurs de cour vêtus à la mode contemporaine, qui occupe la majorité de la surface de la plaque[7].

La signature de ses œuvres présente une réelle sophistication en donnant, dans les gravures les plus tardives, son nom et sa ville, et il a produit le premier autoportrait gravé connu — avec sa femme —, qui est également la première gravure d'une personne identifiable. Certaines de ses plaques semblent avoir été retravaillées plus d'une fois par son atelier, ou produites en plusieurs versions, et de nombreuses impressions sont parvenues jusqu'à aujourd'hui, prouvant des capacités évidentes à distribuer aussi bien qu'à vendre le produit de son travail. Il est également le premier à proposer des indulgences gravées (par opposition à celles produites par xylographie), qui, selon toute vraisemblance, n'ont jamais fait l'objet d'autorisations papales ; l'une d'elles promet 20 000 années de pardon pour chaque récitation des trois prières imprimées en avant de l'image, le chiffre montant à 45 000 années dans une seconde version[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]