Sainte Ligue (1538)

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La Sainte Ligue de 1538 fut une alliance éphémère entre États chrétiens, organisée par le pape Paul III à la demande de la République de Venise.

L'attaque de Barberousse[modifier | modifier le code]

En mai 1537, deux cents navires de la flotte ottomane, commandée par Khayr ad-Din Barberousse, son Capitan Pacha (amiral), quittèrent Constantinople. L'objectif était l'Italie. Soliman devait le rejoindre avec l'armée en Albanie pour traverser l'Adriatique. Le gouverneur de Brindisi, passé du côté ottoman, devait favoriser le débarquement. En parallèle, le roi de France François Ier, allié alors de Soliman, devait attaquer les Habsbourg en Italie par le nord. Mais, François Ier changea d'avis et renonça à attaquer et la trahison du gouverneur de Brindisi fut découverte. Soliman tourna alors la flotte de Barberousse contre Corfou[1]. Plus de 50 000 hommes et trente canons assiégèrent la forteresse fin août, début septembre mais ne purent la prendre[2]. Les autres Îles ioniennes furent ravagées, puis Cythère et Égine[1].

La flotte ottomane se tourna vers les Cyclades et le Duché de Naxos. Paros fut assiégée et ravagée. La flotte ottomane aurait fait 6 000 victimes sur l'île (morts, esclaves et janissaires)[3]. Barberousse envoya alors un émissaire au duc Giovanni IV Crispo sur Naxos. Le marché était simple : subir le sort de Paros ou payer un tribut et se reconnaître vassal de l'Empire ottoman. Les troupes turques débarquèrent dans le port de Naxos et pillèrent l'île en attendant la réponse du Duc. Giovanni préféra accepter le marché. Il versa 5 000 ou 6 000 (selon les sources) ducats et s'engagea à verser un tribut annuel de 5 000 ducats. Les Ottomans se retirèrent[4]. Cette somme représentait la moitié du revenu annuel du duché[5].

Une partie de la flotte fit cependant le tour des autres îles du duché et des Cyclades : Amorgos, Anafi, Astypalée, Ios, Kéa, Kythnos et Mykonos pour y exiger des tributs[4]. Le 1er décembre 1537, Giovanni IV écrivit une lettre au pape Paul III et aux autres souverains chrétiens. Il y racontait l'attaque qu'il venait de subir. Il prévenait que l'inaction et les divisions seraient fatales à l'ensemble de la Chrétienté. Il suggérait enfin une nouvelle croisade qui repousserait d'abord les Ottomans de l'Égée avant d'aller libérer le tombeau du Christ à Jérusalem. Il semble que cette lettre ait été un des éléments qui amenèrent à la création de la Sainte Ligue entre le Pape, les Habsbourg et Venise[5].

L'alliance[modifier | modifier le code]

En février 1538, le Pape réussit à convaincre la République de Venise, l'Ordre de Malte, l'Espagne (avec Naples et la Sicile) à rejoindre les États pontificaux dans une Sainte Ligue contre les Ottomans.

La Ligue réunit trois cents navires dont 162 galères en septembre 1538 à Corfou. Son commandant était le Génois Andrea Doria alors au service de Charles Quint.

La flotte de la Ligue rencontra la flotte de Barberousse le 28 septembre 1538 lors de la Bataille de Prévéza où elle fut écrasée par la flotte ottomane. Doria fut personnellement blâmé pour cette défaite. On lui reprocha son hésitation à engager ses propres navires.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles A. Frazee, The Island Princes of Greece. The Dukes of the Archipelago., Adolf M. Hakkert, Amsterdam, 1988. (ISBN 9025609481)
  • (en) Paul Hetherington, The Greek Islands. Guide to the Byzantine and Medieval Buildings and their Art, Londres, 2001. (ISBN 1-899163-68-9)
  • (en) Wolf, John B., The Barbary Coast: Algeria under the Turks. W. W. Norton, 1979. ISBN 978-0-393-01205-7
  • (en) Cook, M.A. (ed.), A History of the Ottoman Empire to 1730. Cambridge University Press, 1976. ISBN 978-0-521-20891-8
  • (en) Currey, E. Hamilton, Sea-Wolves of the Mediterranean. John Murrey, 1910.
  • (en) Norwich, John Julius, A History of Venice. Vintage, 1982. ISBN 0-679-72197-5

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b C. Frazee, op. cit., p. 82.
  2. Joseph von Hammer-Purgstall, Histoire de l'Empire ottoman., tome V, p. 270-272.
  3. Paul Hetherington, The Greek Islands., p. 233.
  4. a et b C. Frazee, op. cit., p. 83.
  5. a et b C. Frazee, op. cit., p. 84.