Dispositifs tactiques en football

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mise en place tactique de football.

Les dispositifs tactiques en football recouvrent le placement des joueurs de football les uns par rapport aux autres et leurs actions de déplacements, qui peuvent être « orchestrées » à partir du banc de touche par l'entraîneur ou le sélectionneur ; et ce que l'on peut appeler la mise en place initiale d'un plan de jeu.

Le gain ou la perte d'un match de football ne dépend pas seulement de l'habileté des joueurs à manier le ballon. Le football étant un sport d'équipe, les questions d'intelligence collective sont primordiales. L'issue d'un match est aussi et surtout liée à son aspect tactique. Le positionnement des joueurs sur le terrain, les phases de jeu répétées à l'entraînement, et, d'une manière générale, la capacité des onze joueurs à pratiquer un football homogène et cohérent entrent pour une très grande part dans les résultats d'une équipe. C'est peut-être parce que le football ne requiert pas seulement de l'habileté, de la force ou de la résistance, mais aussi une compréhension subtile des options stratégiques favorables à l'équipe, parfois appelée « intelligence de jeu » ou « lucidité », qu'il est devenu le sport le plus populaire de la planète[réf. souhaitée].

La coordination (synchronisation, permutations dans l'espace de jeu…), et plus précisément, « la distribution momentanée des joueurs » est, selon René Deleplace, observateur avisé du rugby, le résultat de l'activité selon laquelle ceux-ci occupent le terrain. Ces différents vocables illustrent sous l'appellation de dispositif tactique le double aspect spatial et opératoire de l'adaptation des équipes aux jeux sportifs collectifs.

Positionnement des joueurs[modifier | modifier le code]

Tactique de l'Inter Milan, analysée par son adversaire du soir le Milan AC

Très rapidement, dès le début du jeu, il s'est avéré que la tactique consistant pour tous les joueurs à se diriger vers le ballon était une stratégie perdante : puisqu'un seul joueur peut avoir la maîtrise de la balle, les autres ne servent à rien ou même le gênent. Les partenaires du porteur de balle doivent se répartir sur le terrain de manière à lui offrir le maximum de possibilités de passes, tout en restant aptes à défendre leur camp en cas de perte de balle.

Certains joueurs, de par leurs qualités physiques ou intellectuelles, sont plus aptes à aller marquer des buts, ou au contraire montrent une grande efficacité de récupération de balle. Il est donc logique d'affecter les premiers aux tâches offensives, et les seconds aux tâches défensives. Nécessairement, les attaquants vont se placer à proximité du but adverse, et les défenseurs à proximité de leur propre but, de manière à en empêcher l'accès aux attaquants adverses. Cependant, la règle du hors-jeu, en évitant de créer deux groupes de joueurs, chacun devant un but, impose aux uns et aux autres de se déplacer sur le terrain en fonction des actions de jeu. Un joueur ne pouvant pas assurer des allers-retours permanents pendant 90 minutes, la liaison entre les lignes d'attaque et de défense est assurée par les milieux de terrain. Défense, milieu de terrain et attaque sont des concepts constants au cours de l'évolution des dispositifs tactiques, qui sont tous basés sur ce modèle en trois lignes. On appelle tactique l'ensemble des choix de jeu pris par le joueur au cours des trois moments principaux du jeu : la possession du ballon, la possession du ballon par l'adversaire, le changement de possession. La tactique implique l'alternative ; la longueur des séquences de jeu en football amène le joueur à rencontrer une grande variété de situation d'enchaînements offensifs/défensifs.

Numéro[modifier | modifier le code]

Dans un football du milieu du XXe siècle les modèles généraux du jeu sont passés du WM, première organisation stratégique globale en 4 lignes (carré magique au milieu), au jeu en 3 lignes, 424 puis 433 et 442 durant les années 1970-80. Les numéros des joueurs sont associés à une vue d'ensemble, distributions de ceux-ci selon ces formes d'ensemble à 11, de leur zone de jeu, attribuée aussi en rapport au terrain et/ou à l'ensemble de leur équipe (avant, milieu, arrière). Dans une répartition simplifiée : 1, gardien de but (cible) ; 2, arrière droit ; 3, arrière gauche ; 4, arrière central ; 5 arrière central (dans le jargon : reculé, décroché de couverture, libéro dans le catenaccio, verrouilleur dans l'appellation suisse du verrou, …) ; 6, milieu 'défensif' ; 7, milieu latéral ou ailier droit selon les dispositif spatiaux (voire joueur de couloir comme le 2 arrière latéral droit) ; 8, milieu (relayeur, intermédiaire… ; 9, avant-centre ; 10, attaquant meneur (avancé, libre, meneur de jeu…) ; 11, ailier gauche ou milieu latéral gauche ou couloir.

Dans le football moderne et l'élargissement du banc à un grand nombre de joueurs, les numéros ne sont plus significatifs de la fonction occupée ou de la zone. Toutefois, en référence à des joueurs de classe mondiale ayant arboré tel ou tel numéro (Kopa 9 ; Di Stéfano, Platini, Zidane 10 ; Cruyff 9, 10 ou 14…) ces numéros (1, 9 et 10 surtout) sont souvent utilisés par des joueurs qui tiennent effectivement une fonction renommée et souhaitent également se montrer en digne successeur. Dans le langage stratégique et de l'analyse des jeux sportifs collectifs pour la théorie des jeux, on parle d'assignation pour signifier qu'un numéro est attribué à un joueur et qu'il peut être associé à des fonctions répondant de près ou de loin à des fonctions ou des utilités dans le jeu.

La disposition des joueurs peut aussi se considérer suivant que l'équipe est à l'initiative du jeu où si elle s'adapte à celui de son adversaire. Le dispositif est alors imposé ou redéfini.

Gardien de but[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gardien de but (football).

Au football, le gardien de but (appelé aussi goal ou portier) est le joueur chargé de protéger le but de son équipe, de manière à ce que le ballon n'en franchisse pas la ligne. Il peut pour ce faire utiliser dans sa surface de réparation tout son corps, y compris ses bras et ses mains, contrairement aux autres joueurs.

Le rôle du gardien de but a évolué récemment dans le sens d'une participation accrue au jeu (notamment dans la relance et dans les interventions en dehors de la surface). Le gardien est donc, du fait de son positionnement sur le terrain, un élément déterminant sur l'aspect tactique du jeu de son équipe (couverture en phase défensive, choix des relances en phase offensive). Il peut même lors d'actions désespérées venir tirer un coup franc, voire monter dans la surface de réparation adverse pour un ultime coup de pied arrêté.

Défenseurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Défenseur (football).

Les défenseurs (ou arrières) sont les joueurs dont la tâche principale consiste à perturber, ou idéalement empêcher, le jeu de l'attaque adverse.

Le ballon peut être récupéré à la suite d'un duel gagné par un défenseur (action individuelle) ou par une déstabilisation des adversaires par une stratégie collective (interception, provocation d'un hors-jeu, pressings collectifs, etc.). Outre sa solidité et sa rigueur physique, les qualités requises pour un bon défenseur sont donc le sang-froid, la concentration et l'intelligence de jeu, notamment dans le placement. Pendant longtemps, on a pu estimer que les défenseurs étant des « destructeurs » de jeu, qu'ils n'avaient pas à montrer de capacités techniques particulières. Ce n'est plus le cas actuellement, car ils sont amenés à participer à des tâches offensives.

Une ligne de défense est habituellement constituée de quatre joueurs, plus rarement trois ou cinq. La défense à quatre « typique » comprend deux arrières latéraux, qui évoluent chacun sur un côté, et deux arrières centraux.

Milieu de terrain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Milieu de terrain.

Le rôle du milieu de terrain est de réaliser la liaison entre la défense et l'attaque. Après la récupération de la balle, les milieux doivent la transmettre aux attaquants dans les meilleures conditions possibles. Inversement, ils doivent gêner le développement du jeu adverse pour faciliter la tâche des défenseurs. Il est fréquent d'entendre des grands tacticiens affirmer qu'un match se gagne ou se perd au milieu de terrain[réf. nécessaire].

Le milieu de terrain est peut-être la ligne de jeu qui propose le plus d'options tactiques différentes. On peut avoir deux, trois, quatre voire cinq milieux de terrain, selon le dispositif choisi et selon la possession du ballon et de l'adversaire. Traditionnellement, un milieu de terrain doit être endurant, c'est le joueur qui parcourt le plus de chemin au cours d'une partie. C'est peut-être d'ailleurs la seule caractéristique commune aux milieux, qui peuvent montrer par ailleurs des aptitudes totalement différentes.

Si le milieu forme un bloc, on différencie bien souvent les milieux défensifs des milieux offensifs, même si ceux-ci se doivent d'être complémentaires, et de ne surtout pas « couper l'équipe en deux » (les uns derrière, les autres devant).

Attaquants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attaquant (football).

Le rôle d'un attaquant (ou avant) est de concrétiser le jeu offensif de son équipe. Il est positionné à proximité des buts adverses et donc a plus de possibilités pour marquer des buts que ses coéquipiers plus défensifs. Lorsque l'attaquant joue sur un côté, il est appelé ailier. Lorsqu'il est particulièrement efficace dans cet exercice, il est appelé buteur. Néanmoins, tous les attaquants axiaux ne sont pas des buteurs, et leur rôle peut varier en fonction de leurs caractéristiques et de l'organisation tactique et du jeu de leur équipe.

Le buteur est un des rôles les plus médiatisés au football de par leur rôle décisif : ces joueurs sont chargés de marquer des buts et ainsi de faire gagner leur équipe.

Libéro et « poste 6 - poste 8 - poste 9 - poste 10 »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Libéro (football).

Les termes libéro et « poste 6 - poste 8 - poste 9 - poste 10 » tendent à disparaître dans le football moderne.

Le libéro, dernier joueur de l'équipe avant le gardien de but, est aujourd'hui remplacé par deux défenseurs centraux qui pratiquent une tactique de défense en ligne, hors-jeu ou pressing, c'est-à-dire une défense placée plus haut sur le terrain, un peu plus loin du portier. On trouve quelquefois des libéros dans les niveaux régionaux mais surtout au niveau départemental, où bien souvent le manque de culture tactique requis pour appliquer une défense en ligne oblige l'entraîneur à mettre un libéro pour réduire les mésententes entre les deux défenseurs axiaux.

Le « poste 6 » est occupé par un joueur juste devant la défense centrale, mais est également archaïque, on le remplace par des milieux défensifs dont le nombre varie selon la tactique adoptée.

Le « poste 8 » est occupé par un joueur en milieu de terrain plus précisément en milieu central devant des milieux défensifs {le « poste 6 »} ou derrière des milieux offensifs {le « poste 10 »} , mais est également archaïque, on le remplace par des milieux centraux ou par des milieux relayeurs plus utilisé dans le football Moderne dont le nombre varie selon le nombre des milieux défensifs ou offensifs dans le schéma tactique. C'est dans ce rôle qu'évoluent beaucoup de grands joueurs comme Lampard ou Gerrard.

Le « poste 10 » est occupé par un autre joueur évoluant dans l'axe devant le « poste 8 ». Il est parfois juste derrière les deux avants-centres, au milieu. Il est maintenant remplacé par le terme de milieu offensif et leur nombre varie selon la tactique adoptée (par exemple l'équipe du Brésil (Seleção) jouait avec deux milieux offensifs Kaká et Ronaldinho). En fusion de ces deux derniers termes, on parle de joueurs qui épousent deux rôles, à la fois offensif et défensif, que l'on appelle également relayeur-récupérateur. Ce terme a été créé car c'est de cet axe que dépend le relais entre les attaquants et les défenseurs. C'est également le lieu de beaucoup de récupérations de balles. Le numéro 10 n'est pas forcément le " meilleur " joueur de l'équipe.

Le « poste 9 » est occupé par un joueur évoluant dans l'axe juste devant le « poste 10 ». Il est maintenant remplacé par le terme d'avant-centre ou encore Buteur. Il est placé à proximité des buts adverses et il a plus de possibilités pour marquer des buts que ses coéquipiers plus défensifs. Le buteur est un des rôles les plus médiatisés au football de par leur rôle décisif : ces joueurs sont chargés de marquer des buts et ainsi de faire gagner leur équipe et leur nombre varie selon la tactique adoptée. C'est dans ce rôle qu'ont évolué beaucoup de grands joueurs comme Shearer ou Ronaldo.

Mélange des rôles[modifier | modifier le code]

Actuellement, chaque joueur présent sur le terrain se doit de participer au collectif quelle que soit la phase de jeu (offensive - défensive ; ou de possession ou non de la balle : cas des utilisateurs ou opposants). Ainsi, un avant doit tenter de perturber le jeu adverse quand il n'a pas la balle, par un pressing qui est d'autant plus efficace qu'il est collectif. Inversement, un arrière peut venir apporter le surnombre au cours des phases offensives ou de montée de balle. Les milieux de terrain peuvent s'intégrer aux lignes avant ou arrière en fonction des circonstances, si bien que le dispositif tactique peut radicalement changer au cours de la partie. La capacité d'adaptation du dispositif tactique, selon les circonstances (but marqué ou encaissé, changement de joueur dans l'équipe adverse, expulsion ou blessure, état de la domination ou de l'initiative…) est aujourd'hui souvent déterminante. Par conséquent, la polyvalence d'un joueur est un atout appréciable qu'un bon entraîneur pourra utiliser quand il le jugera nécessaire. Ainsi, de nombreux joueurs professionnels sont capables de jouer à plusieurs postes et sont particulièrement recherchés par les grands clubs.

Les noms d'attaquants ou de défenseurs que l'on peut attribuer temporairement aux joueurs et/ou aux équipes, selon la menace que leurs actions opèrent, ne sont ni fixes, ni statués (attributions, distribution momentanée ou assignation, plutôt que rôle, conviennent mieux pour invoquer ce « mélange »). La polyvalence et l'adaptation priment dans le jeu moderne sur le jeu au poste. Toutefois les conceptions des observateurs (spectateurs, journalistes…) ne sont pas encore en accord avec cette évolution du jeu. En effet, le langage n'est pas toujours adapté à l'idée de description concernant la possession du ballon confondue avec le danger porté ou tenté par l'action tactique, voire avec la zone dans laquelle opère le joueur. Ce chapitre de réflexion mérite que l'on s'y arrête et que l'analyse du jeu se poursuive dans le sens du respect de la plus grande intelligence adaptatrice, celle de la possibilité de création et d'inspiration du joueur à l'intérieur du système de référence que constitue le dispositif. Cela demande un rapport « souple » à la notion de dispositif ou la révision du vocable (en termes de distribution initiale, momentanée, référence spatiale, etc.).

Évolution tactique[modifier | modifier le code]

« Au début, le football se jouait à 10 devant, aujourd'hui, il se joue à 10 derrière ». On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950. Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés.

La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense. L'amélioration continue de la qualité des ballons et des terrains va contribuer à ancrer la passe dans la culture du football. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribble afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéros 9 ».

WM

Après la réforme du hors-jeu des années 1920 (2 joueurs pour le hors-jeu, et non plus 3), les données du problème changent, et Herbert Chapman met au point une tactique révolutionnaire, dite en « WM », qui lui permet de collectionner les trophées à Portsmouth puis à Arsenal. L'AS Cannes fut l'un des premiers clubs français à adopter cette tactique dès 1931. Le WM régna en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois. En effet de nombreux entraîneurs ont tenté de trouver une parade au WM, et la solution viendra de Hongrie et du Budapest Honvéd avec Gusztáv Sebes. Ce dernier appliquait une tactique basée sur les permutations pendant le jeu — ce qui ne se faisait pas à l'époque. En effet l'avant-centre reculait en proposant une course d'appui et laissait place à la montée des deux milieux offensifs ce qui entraînait un surnombre par rapport à l'adversaire. Les Hongrois furent les premiers à estimer qu'un joueur pouvait dépasser son rôle. Ces principes novateurs pour l'époque favorisèrent le passage au 4-2-4. Les Brésiliens adoptèrent cette formule du 4-2-4 et la firent évoluer progressivement en 4-3-3 durant les années 1960 ; ce positionnement restera majoritaire jusqu'aux années 1970.

En parallèle de cette histoire des tactiques offensives, il existe également une école défensive. Le « Verrou suisse » mis en place dès les années 1930 est le modèle de tous les bétons (français) et autres Catenaccio (italien) qui prennent le relais après la Seconde Guerre mondiale. En France, les formations qui appliquent quasi religieusement ces stratégies sont Lyon, Strasbourg et surtout Bordeaux, « la forteresse imprenable ».

La montée en puissance de milieux de terrain créatifs à la manière de Cruyff, Platini et autres Maradona exigea une nouvelle adaptation défensive, mais dans ce domaine, tout, ou presque, avait déjà été essayé. De fait, les tacticiens ne trouvèrent jamais vraiment de parade pour maîtriser de tels joueurs. Depuis les années 1980, pourtant, la tendance est nettement à la défensive, et le vieux débat qui opposa longtemps les tenants du jeu ouvert (Nantes ou Monaco, par exemple) à ceux du réalisme défensif (Bordeaux ou Lyon, notamment) est obsolète. Le jeu à la nantaise n'est plus qu'une chimère, tandis que les Girondins de Bordeaux et autres Lyon ne pratiquent plus le jeu fermé de leurs aïeux. Avec la rapidité des transferts de joueurs, les cultures tactiques sont moins le fait de clubs que d'entraîneurs, dont les plus connus et les plus durables au haut niveau développent des préférences pour tel ou tel schéma. On note en fait un certain nivellement tactique, principalement en raison du développement d'une nouvelle arme terriblement efficace en tactique : les images vidéo.

En Angleterre, la culture tactique n'a jamais vraiment été de mise, et il faudra attendre les années 1960 pour voir les Anglais abandonner définitivement le vieux WM. Aujourd'hui, de nombreux clubs professionnels anglais n'ont toujours pas de séances tactiques au programme de leur préparation d'avant-match… Mais l'arrivée d'entraîneurs étrangers est en train de changer la donne.

L'évolution vers toujours plus de joueurs défensifs semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. Les défenses à cinq n'ont jamais eu la cote, et descendre en dessous de trois ou quatre joueurs à vocation offensive (milieux et attaquants), comme dans un grand nombre d'équipes actuelles, semble contre-productif. L'accent est mis sur la polyvalence et le resserrement des lignes, souvent résumés dans l'expression de « bloc-équipe », qui aboutit à une contraction du temps et de l'espace disponibles pour l'adversaire. L'animation défensive se standardise autour de fondamentaux invariables (participation des dix joueurs de champ, replacement, pressing raisonné des attaquants, défense en zone et en ligne). L'animation offensive est le terrain de plus d'expérimentations, de créativité (un, deux ou trois attaquants ? meneurs de jeu excentrés ou un meneur central ?), donnant aux stratèges du football du fil à retordre pour les années à venir.

4-4-2[modifier | modifier le code]

4-4-2 losange
4-4-2 carré

Le 4-4-2 (quatre défenseurs, quatre milieux de terrain, deux attaquants) est l'un des schémas classiques du football actuel. Il existe sous deux formes : le 4-4-2 classique, à plat, ou carré (à gauche), et le 4-4-2 losange ou diamant (à droite). Au niveau de la défense et de l'attaque ces deux formes sont identiques (deux arrières centraux, deux arrières latéraux, et deux avants). C'est au milieu de terrain que la différence est notable.

  • Dans le 4-4-2 classique Le milieu de terrain est composé de deux milieux défensifs : généralement un relayeur et un récupérateur. Il y a également deux milieux offensifs latéraux, un à gauche et un à droite, qui sont chargés de construire le jeu et de combiner avec les autres joueurs offensifs, sur leur aile comme dans l'axe. Les deux milieux offensifs peuvent tout à fait être des ailiers. Seulement, ils auront des consignes défensives (qu'ils respectent ou pas). Manchester United, qui effectua le triplé en 1999, jouait dans cette configuration. C'est l'une des tactiques les plus offensives du football moderne, avec 4 joueurs offensifs, contrairement aux autres configurations.
  • Dans le 4-4-2 losange (ou 4-3-1-2 et 4-1-3-2 selon le profil de base des joueurs utilisés) Qui se joue soit avec un milieu défensif, deux milieux latéraux ou relayeurs, et un milieu offensif (10). Soit avec trois milieux défensifs : un milieu récupérateur dans une position axiale et deux milieux relayeurs occupant les couloirs. Mais ceux-ci ont un profil beaucoup plus défensif que des milieux latéraux. En effet, ils doivent épauler le récupérateur dans sa tâche défensive, sans quoi il se retrouverait bien seul. Devant ces trois milieux défensifs se tient un milieu offensif axial (un meneur de jeu, même si cette appellation indique un rôle, et non un placement sur le terrain). Il est le métronome de son équipe et doit se montrer particulièrement décisif dans ses passes pour les deux attaquants afin de compenser l'absence de véritables milieux de débordement. Cette formation est appelée en anglais diamond (diamant). L'équipe du Milan AC de Carlo Ancelloti l'utilisait, tout comme Laurent Blanc aux Girondins de Bordeaux lors du titre de champion de France en 2009.

4-3-3[modifier | modifier le code]

4-3-3

Le 4-3-3 (quatre défenseurs, trois milieux de terrain et trois attaquants) possède une défense qui évolue souvent en ligne comme pour le 4-4-2, mais le milieu de terrain change de fonction. Il est souvent à vocation plus défensive, et doit faire parvenir la balle rapidement à l'attaque. Celle-ci est composée d'un attaquant de pointe et de deux ailiers. Le profil des joueurs la composant est le suivant : une défense classique avec de préférence des latéraux offensifs, trois milieux de terrains (deux relayeurs, et un récupérateur qui fonctionnent comme dans un 4-4-2 losange) avec un important volume de jeu (pour pallier l'absence du quatrième élément), deux ailiers rapides et bons frappeurs et un attaquant de pointe de préférence athlétique et doté d'un bon jeu de tête. C'est cette organisation qui permit à l'Angleterre d'être championne du monde en 1966, et au FC Barcelone de remporter la Ligue des Champions lors de la saison 2008-2009 ainsi que le Championnat d'Espagne de football et la Coupe du Roi cette année-là. Le 4-3-3 a permis à José Mourinho et Chelsea FC de devenir champions d'Angleterre 2 fois de suite avec 91 et 95 points (record en Premier League). Ce dispositif, utilisé par Raymond Goethals dans les années 1990, a permis à l'OM de remporter la Ligue des Champions en 1993, tout comme il a également permis à Luis Fernandez de remporter la coupe d'Europe des vainqueurs de coupes avec le PSG en 1996.

À noter que le 4-1-4-1, comme l'intitule certains entraîneurs, n'est autre qu'une version défensive du 4-3-3. Dans un 4-1-4-1, il y a toujours un récupérateur et deux relayeurs. Seulement, les deux ailiers sont des milieux offensifs à la charge défensive plus importante.

4-2-4[modifier | modifier le code]

Cette formation (quatre défenseurs, deux milieux de terrain et quatre attaquants) est assez peu répandue comme formation de base de par la faiblesse de son milieu de terrain. Elle est le plus souvent une version du 4-4-2 en phase d'attaque, ou formation utilisée notamment en fin de partie (par remplacement de milieux de terrains par des attaquants) par une équipe qui doit absolument marquer.

La plupart du temps, elle se résume à un 4-4-2 offensif, avec deux attaquants prenant en charge les couloirs et épaulant les deux avants-centres. Cette formation fut popularisée à la suite de l'exploit de l'équipe nationale de Hongrie qui choisit ce 4-2-4 pour contrer le fameux WM des Anglais. Ce choix tactique leur permit de faire chuter l'Angleterre pour la première fois de son histoire à Wembley. Aujourd'hui elle est devenue complètement désuète, et a presque disparu du football professionnel ! À noter, tout de même, qu'il s'agit plus d'une formation intermédiaire entre le 4-3-3 à deux récupérateur et le 4-4-2, qu'un pur 4-2-4 à deux pointes centrales et deux ailiers.

Néanmoins le Milan AC, par le biais de son ancien entraineur Leonardo, l'a remise au gout du jour et plus récemment, Louis Van Gaal, lors de son passage au Bayern de Munich, a réussi à atteindre la finale de la Ligue des champions (2009-2010, perdue contre l'Inter Milan) et a décroché un titre de champion d'Allemagne (2009-2010), s'appuyant sur la technique, la vivacité, et la capacité d'élimination en un contre un de ses ailiers Arjen Robben et Franck Ribéry, tandis que les deux attaquants de pointe se chargent de créer des espaces.

Plus récemment encore, le nouvel entraîneur de la Juve, Antonio Conte, utilise cette formation lorsqu'il reprend l'équipe en septembre 2011.

4-2-3-1[modifier | modifier le code]

4-5-1

Le 4-2-3-1 (4 défenseurs, 5 milieux, 1 attaquant) est un système qui vise, comme le 4-3-3, à étouffer son adversaire au milieu de terrain par l'utilisation de deux milieux défensifs, généralement un relayeur doté d'une bonne relance et un récupérateur (qui, par son activité, récupère un grand nombre de ballon). Le milieu est celui d'un 4-4-2 carré auquel on ajoute un milieu offensif axial, chargé d'animer le jeu et d'avoir la vista et la technique nécessaires pour créer à lui seul des opportunités de but. L'attaque n'est elle plus animée que par un seul buteur ou finisseur, ce qui permet stratégiquement de libérer un joueur supplémentaire dans la construction du jeu ; il sera néanmoins épaulé par trois milieux offensifs. Cette formation met en valeur les capacités d'un meneur de jeu. Ce fut la tactique principalement utilisée par Raymond Domenech lors de la coupe du monde 2006 (dans le schéma exact expliqué auparavant, Patrick Vieira étant un vrai milieu axial à l'anglaise, avec une grosse activité verticale, aux côtés d'un Claude Makelele plus limité au travail de récupération). C'est aussi l'un des dispositifs les plus utilisés par Roberto Mancini à Manchester City ou José Mourinho au Real Madrid et par la majorité des entraîneurs de Ligue 1. Roger Lemerre a opté pour cette configuration lors de l'Euro 2000 afin de mettre Zinédine Zidane dans les meilleures dispositions. Aimé Jacquet l'a employé à de nombreuses reprises, notamment lors des matches de poule de la Coupe du monde 1998, avant de finir la compétition dans un 4-3-2-1 particulièrement défensif. Jacques Santini, lors de l'Euro 2004, avait finalement opté pour un 4-4-2 losange avec Zidane en numéro 10 et Robert Pirès et Patrick Vieira en relayeurs. À noter que le système dit de 4-4-1-1 peut être clairement considéré comme un 4-2-3-1.

5-3-2[modifier | modifier le code]

5-3-2

Cette formation à vocation défensive se base normalement sur trois arrières centraux, dont l'un des joueurs peut prendre le rôle de libéro. Les arrières latéraux supplémentaires viennent soutenir le milieu de terrain. Cette formation est très comparable au 3-5-2 mais elle utilise des latéraux plus défensifs. Au contraire du 3-5-2 elle est en général utilisée par des équipes faibles qui refusent le jeu.

Il existe néanmoins des variantes au sein même de ce système. Si le principe demeure le même (gagner la bataille du milieu et ainsi s'assurer la maîtrise du ballon), il en existe deux principales versions : la version offensive, avec deux milieux défensifs évoluant devant la défense et un trio d'animation en soutien des deux attaquants ; et la version défensive, constituée d'une ligne de quatre récupérateurs devant la défense et d'un seul meneur axial derrière les deux attaquants. Ces formations sont principalement utilisées par des équipes sud-américaines.

3-5-2[modifier | modifier le code]

3-5-2

Cette formation est légèrement plus offensive que le 5-3-2. Au lieu de renforcer la défense par deux joueurs qui viennent soutenir le milieu de terrain, on essaye de créer le surnombre au milieu de terrain avec deux joueurs à vocation plus offensive. C'est notamment le schéma tactique de la Juventus de Turin. Trois défenseurs ayant une grosse qualité de relance (Chiellini, Bonucci et Barzagli) et un milieux de terrain servant de relais aux défenseurs centraux (Pirlo). Cette formation permet clairement d'étouffer l'équipe adverse au milieu de terrain et forcer celle-ci, n'ayant aucune relance courte, de chercher un jeu long qui est plus compliqué à négocier.

5-4-1[modifier | modifier le code]

5-4-1

Cette formation absolument défensive, parfois appelée Catenaccio, est généralement développée durant le cours du match par des équipes ayant déjà marqué suffisamment de buts ou voulant à tout prix éviter la défaite et opérant en contre-attaque. Dans le cas du 5-4-1, on retrouve souvent une défense à quatre avec un libéro, destiné à bloquer les espaces et intercepter d'éventuels ballons en profondeur. Le milieu est lui disposé comme celui d'un 4-4-2 carré. Il s'agit notamment de la tactique utilisée par José Mourinho avec l'Inter Milan lors du match retour au Nou Camp qui lui permet d'arracher la qualification pour la finale de la Ligue des Champions (même si défaite au match retour 1-0, victoire au match aller 3-1).

3-4-3[modifier | modifier le code]

Quasi-identique au 5-4-1 dans le placement des joueurs, mais en plus offensif dans le comportement, cette formation comprend une ligne de trois défenseurs axiaux, une ligne au centre de deux milieux récupérateurs/relayeurs et deux arrières latéraux capables de dédoubler et lancer en profondeur les deux ailiers en attaque qui suppléent l'avant centre. Bien qu'elle puisse offrir une grande polyvalence et permette un surnombre lors des phases de possession, cette tactique mise avant tout sur les contres et les percées par les ailes. Elle peut aussi être utilisée en losange.

Les arrières très offensifs envoient les ailiers dans la profondeur ou parfois quand les ailiers sont sur le côté du pied faible (un gaucher jouant ailier droit, comme Lionel Messi par exemple) dédoublent. Cette tactique est utilisée par de plus en plus de clubs, on peut citer comme équipes utilisant ce dispositif depuis plusieurs saisons le Genoa ou son ami historique le SSC Napoli qui maîtrise actuellement ce dispositif avec beaucoup de savoir-faire. Il a aussi été appliqué par Diego Maradona avec l'Argentine lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, avant d'imposer un 4-2-3-1 plus classique lors de la compétition en Afrique du Sud. On a pu récemment voir le FC Barcelone adopter cette tactique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benigni, A. et al. - Football. - Paris : Éditions De Vecchi, 1999. - 403 p. - (ISBN 2-7328-6739-X). - Cote Dewey : 796.334 F687 1999. - (Les schémas de jeu depuis les origines, pages 271-278).
  • Jean-Francis Gréhaigne, L'organisation du jeu en football, Actio, Paris, 1992, (ISBN 2906411086)