Georges Courteline

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Georges Courteline

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Georges Courteline vers 1890

Nom de naissance Georges Victor Marcel Moinaux
Activités Dramaturge, romancier
Naissance 25 juin 1858
Tours
Décès 25 juin 1929 (à 71 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Théâtre
Distinctions Membre de l'Académie Goncourt

Œuvres principales

Le commissaire est bon enfant (1900), L'article 330 (1900), La paix chez soi (1903), Les balances (1901)

Georges Courteline, nom de plume de Georges Victor Marcel Moinaux ou Moineau[1], est un romancier et dramaturge français, né le 25 juin 1858 à Tours, mort le 25 juin 1929 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Courteline est le fils de l'écrivain et auteur de théâtre Joseph Moineaux, connu sous le nom de plume de Jules Moinaux.

Georges Courteline, né à Tours en 1858, fut, cependant, un authentique enfant de la Butte Montmartre. Fidèle à Montmartre, il alla jusqu'à renier sa déclaration de naissance qui le faisait naître à Tours. Il n'avait que 5 ans, lorsque ses parents, qui l'avaient abandonné à ses grands-parents, à Tours, le firent revenir à Paris. Tous les étés, la famille s'installait dans une villa à Montmartre rue de la Fontenelle puis rue du Chevalier-de-la-Barre. C'est là que se rendaient en visite toutes les célébrités du théâtre du Second Empire et Courteline en garda toute sa vie un souvenir impérissable.

Après ses études au collège de Meaux, il fait son service militaire à Bar-le-Duc en 1879 au 13e régiment de chasseurs à cheval qui lui inspirera quelques-unes de ses célèbres satires. En 1880, il entre au Ministère de l'Intérieur, à la Direction générale des cultes, et se met à écrire sous le pseudonyme de Courteline pour ne pas être confondu avec son père, Jules Moinaux[2]. Dans ses écrits, il prend notamment pour cible les fonctionnaires. Marié, il s'installe au 89 de la rue Lepic.

Georges Courteline vers 1900

Petit homme sec, ronchonnant et rouspétant, il descend, tous les jours et à la même heure, la rue Lepic pour se rendre Avenue Trudaine à l'Auberge du Clou qu'il fréquente régulièrement de 1888 à 1893. Là il commande un « précipité », mélange de Pernod et d'anisette. Il corrige des articles destinés à L'Écho de Paris ou joue aux cartes tempêtant, enguirlandant ses partenaires. Mais il se livre aussi à de sacrés canulars…

Ainsi il crée le conomètre, un tube de verre gradué de 10 à 50 rempli d'alcool coloré en rouge et communiquant par un long tuyau en caoutchouc avec le sous-sol. Selon un langage convenu avec Courteline, un compère soufflait plus ou moins fort pour faire monter l'alcool dans le tube. De la sorte chacun, en prenant en main le tube, pouvait connaître son degré de stupidité. Le patron, qui n'était pas au courant de cette supercherie, dut lui aussi passer l'épreuve. Bien entendu l'alcool monta au maximum aspergeant le patron et les clients les plus proches.

Courteline revient quelques années plus tard, mais il y joue au bridge et y consomme des boissons plus légères. Le bistrot fut pendant longtemps son laboratoire, dans lequel il rencontre ses « échantillons de la bêtise humaine ». En 1896, il est, avec Paul Delmet, Millanvoye et Albert Michaut un des quatre fondateurs de la goguette du Cornet[3].

Tombe de Georges Courteline au cimetière du Père-Lachaise (89e division), à Paris.

Georges Courteline se définit lui-même comme un observateur avisé de la vie quotidienne. S’inspirant de ses expériences de militaire, d’employé au ministère des Cultes, d’habitué des cafés parisiens, ou de promeneur solitaire, il s’efforce de retranscrire les petites comédies humaines qui l’entourent en pièces d’un acte, contes ou romans. Il met ainsi en scène des personnages comiques par le contraste qui existe entre leur modeste condition et leur ego très développé. Des fonctionnaires grisés par leur statut, des employés revendicatifs, des maris pleutres ou des dandys fêlés se retrouvent pêle-mêle dans une œuvre magistrale.

Tout le génie de Courteline est de faire rire le public tout en attirant la sympathie et l’indulgence pour ces personnages si vrais et si humains. Il touche ainsi aux sources vives de la comédie en suivant sa définition dépeindre les mœurs en riant.

La plume de Courteline a la simplicité et la pureté des grands classiques. Elle lui vaut une reconnaissance rapide. André Antoine lui demande d’écrire pour son Théâtre-Libre, Boubouroche entre au répertoire de la Comédie-Française en 1910, et Courteline est élu à l'Académie Goncourt en 1926.

De 1907 à 1923, il a habité au no 43 avenue de Saint-Mandé et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sur sa tombe est inscrit cette épitaphe « J'étais né pour rester jeune et j'ai eu l'avantage de m'en apercevoir le jour où j'ai cessé de l'être. »

Le pseudonyme « Courteline »[modifier | modifier le code]

Courteline vers 1921

On lit parfois que Georges Moinaux a choisi le pseudonyme « Courteline » car c'était le nom du moineau[4] dans le Roman de Renart ; ce ne peut être la bonne raison, car le moineau du Roman de Renart ne s'appelle pas Courteline mais Drouin[5] ou Drouineau. Il semble que Georges Moinaux ait opté pour « Courteline » « parce que cela sonnait bien. Ainsi, un musicien assemble des sons au caprice de son inspiration[6] ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Illustration de Steinlen pour Les Femmes d'amis
Courteline s'amusant avec son théâtre de marionnettes, par Charles Léandre.
La plaque de rue de l’avenue Courteline à Paris.

Hommage[modifier | modifier le code]

En 1930, dans le 12e arrondissement de Paris, une avenue Courteline a été nommée d'après l'écrivain. Il existe aussi dans ce même arrondissement un square Courteline où se trouve un buste de l’écrivain.

A Tours, sa ville natale, une rue porte son nom.

L'un des bâtiments du lycée de Meaux où il étudia porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Moinaux ou Moineau ? Le patronyme semble n'avoir jamais été fixé définitivement. Le père de Joseph-Désiré inscrit son fils sous le nom de Moineau mais signe Moinaux. Un oncle, né en 1826, est enregistré sous le nom de Morinaux et opte plus tard pour Moineaux... Les générations suivantes utiliseront Moinaux ou Moineau indifféremment, sans que jamais le choix soit signifiant. » Emmanuel Haymann, Courteline, 1990
  2. Roger Le Brun, Georges Courteline, les célébrités d'aujourd'hui, E. Sansot éditeur, 1906, sur Google livres
  3. Brigitte Level, À travers deux siècles, le Caveau, société bachique et chantante, 1726-1939, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, Paris 1988, page 196.
  4. Aperghis mitonne des «Boulingrin» de folie par Éric Aeschimann, le 15 mai 2010 sur www.liberation.fr
  5. Renard et Drouin le moineau
  6. « Pourquoi Courteline? Tout simplement, m'avoue-t-il, parce que cela sonnait bien. Ainsi, un musicien assemble des sons au caprice de son inspiration : et c'est encore la pure fantaisie qui a guidé Courteline dans le choix de son pseudonyme. Je n'affirmerais pas qu'à certains jours Courteline, obsédé par le masque qu'il a mis sur son nom, ne rêve d'en changer. Oui, mais succès oblige ; et Courteline trainera son pseudonyme comme un boulet triomphal. » Le Théâtre (revue), numéro 133 à 144, p. 54, Manzi, Joyant et cie éditeurs, 1904, sur Google livres »
  7. Cf. Georges Courteline, Ombres parisienne, Paris, E. Flammarion, 1894.
  8. Cette œuvre contient une boutade célèbre : « Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole. »
  9. Synopsis de Godefroy. C'est dans cette pièce que se trouve la citation suivante : « Il pleut des vérités premières. Tendons nos rouges tabliers. » La formule renvoie à un vers de Victor Hugo : « Enfants, cachez vos rouges tabliers » (Odes et Ballades).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Courteline, Théâtre, Paris, Flammarion, 1929
  • Roland Dorgelès, Quand j'étais Montmartrois, Albin Michel, 1936 (tout le chapitre VIII (« Le jardin de Courteline », p. 275 sq)
  • « Montmartre », Le Crapouillot, juillet 1959
  • Emmanuel Haymann, Courteline, Paris, Flammarion, 1990 (ISBN 208066252X et 9782080662521)

Liens externes[modifier | modifier le code]