Franciszek Ksawery Branicki

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Franciszek Ksawery Branicki
Franciszek Ksawery Branicki
Franciszek Ksawery Branicki

Naissance 1730
inconnu
Décès avril 1819
Biała Cerkiew Pologne
(actuellement Ukraine)
Famille Père : Piotr Branicki
Mère : Melania Teresa née Szembek

Enfants: avec Alexandra von Engelhardt:
Catherine Branicka
Alexandre Branicki
Vladislav Grigorievitch Branicki
Sophie Branicka
Élisabeth Branicka

Emblème

Franciszek Ksawery Branicki de Korczak (plus connu en français comme François-Xavier de Korczak-Branicki) (1730-1819), est un général polonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de sa carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille de la noblesse de Pologne, les Korczak, de la branche des Branicki, castellans de Cracovie. Son père, castellan de Braclaw, lui laisse une grande fortune qu'il dilapide dans sa jeunesse. Il voyage pour son Grand Tour, où il s'engage comme officier dans l'armée du roi de France contre la Prusse, puis chez le jeune duc de Courlande, Charles-Christian de Saxe, qu'il accompagne dans la Guerre de Sept Ans. Ensuite il tente sa chance à nouveau en retournant en France, où il se rend à Versailles pour chercher un nouvel office militaire, mais finalement le duc de Courlande le rappelle pour le nommer à son ambassade de Saint-Pétersbourg, dont par ailleurs l'ambassadeur de Pologne est à l'époque le prince Stanislas Poniatowski. Il se fait apprécier du futur roi de Pologne et son ascension débute. Il parle plusieurs langues et il est à la mode auprès de la jeunesse aristocratique et à la cour. Il est nommé colonel. Il est aussi proche de la grande-duchesse Catherine future impératrice, alors dans un relatif isolement.

Branicki voit son heure arriver, lorsque le prince Poniatowski est élu roi de Pologne en 1764. Celui-ci le nomme dès le lendemain adjudant-général, puis lieutenant-général, et ensuite général d'artillerie de l'armée de Lituanie. Le roi l’envoie à Berlin en 1765 le représenter, puis en mai 1765 le nomme chevalier de l'Ordre de Saint-Stanislas, en décembre chevalier de l'Ordre de l'Aigle blanc et en mai 1766 envoyé extraordinaire du roi.

Branicki devait sa faveur à sa défense jalouse du roi, contre l'influence des Czartoryski, que Stanislas-Auguste craignait. Il se rapproche de la Russie vers les années 1767-1768, approuvant la nouvelle loi du 19 novembre 1767 en faveur des dissidents religieux prise par la Diète.

Branicki est nommé ensuite à la tête du corps d'armée poursuivant les confédérés de Bar, à côté des généraux russes Apraxine et Kretchetnikov. C'est cette date que les historiens polonais modernes retiennent pour estimer qu'il se vendit ainsi à la Russie.

Il est envoyé par Stanislas en mission à Versailles auprès de Louis XV en 1772 pour demander son intercession, après que la question de la partition de la Pologne commence à être soulevée en Europe, mais l'ambassade polonaise n'atteint pas son but. Le roi de France toutefois le reçoit aimablement. La Prusse prend les territoires polonais peuplés d'Allemands, l'Autriche une partie de la Galicie et la Russie l'est du Dniepr. En 1774, il est nommé hetman.

Après 1774[modifier | modifier le code]

Portrait de Franciszek Branicki

C'est alors que Branicki réalise que les marges de manœuvre du roi Stanislas sont limitées. Par opportunisme, il se sépare du roi et se range au parti de ses adversaires, les Czartoryski et les Potocki, tout en évoquant la renaissance de la patrie. En même temps il rêve paradoxalement d'un retour à un hetmanat indépendant. Il est à la tête du parti d'opposition et établit une correspondance avec le prince Potemkine. Il se marie en 1781 avec sa nièce, Alexandra von Engelhardt, et à cette époque rompt officiellement avec le roi, son ancien ami. Il prend le parti d'une opposition dure à la Diète en 1782, provoquant des discussions houleuses et des désordres. Jusqu'à la Diète de 1788, l'opposition se partage en deux mouvements, celui des Czartorycki, des Potocki et des Sapieha qui est plutôt favorable à l'influence prussienne et celui du comte Stanislas Potocki et des Rzewuski qu se tourne vers la Russie. C'est à ce second mouvement qu'il adhère et en devient l'un des porte-voix.

Cette partie de l'opposition se caractérise par le conservatisme de ses membres, grands seigneurs terriens dans leur majorité, qui ne veulent pas de changements de la part de la Diète. Ils s'opposent en particulier à la petite noblesse sans terre et contre toute tentative de mettre fin au liberum veto.

Il est cependant surprenant de constater que Branicki accepte dans un premier temps la constitution du 3 mai 1791 et lui prête même serment. Il reçoit même la charge de réorganiser le ministère de la Guerre. En qualité d'hetman, il décide de ne pas affronter directement le nouveau pouvoir, mais reprend les contacts avec la Russie. Là-bas, on a vite fait de considérer que les confédérés de Targowica (Targowitz), qui se réunissent en mars 1792 pour au départ défendre leurs anciens droits, doivent servir les intérêts de l'Empire qui ne peut laisser agir seules l'Autriche et la Prusse. Les confédérés avec le comte Stanislas Potocki à leur tête n'attendent que Branicki pour commencer à diriger les troupes insurgées. L'impératrice de Russie déclare le 18 mai 1792 qu'elle prend la confédération de Targowica sous sa protection et le jour même des colonnes stationnées en Bessarabie font irruption en Pologne. Le second démembrement du royaume commence... Les troupes polonaises sont défaites et le roi Stanislas accepte le fait accompli, la constitution de 1791 étant déclarée par lui abolie. L'ancien amant de l'impératrice se retrouvera à Saint-Pétersbourg à partir de 1795, appelé par son fils Paul Ier.

Franciszek Branicki sur ces entrefaites se retrouve à la Diète de Grodno, rassemblée du 17 juin au 23 novembre 1793, qui ratifie la seconde partition de la Pologne. Les domaines des Branicki se situent désormais en territoire russe. On lui donne le rang de général-en-chef de l'armée russe. Il se retire sur ses terres (aujourd'hui Bila Tserkva en Ukraine[1]). Cité devant la Diète en 1794, pendant l'insurrection de Kościuszko, il refusa de comparaître et fut déclaré traître.

Il n'apparaît pas à Saint-Pétersbourg, sans doute de peur de rencontrer Stanislas[2]. Il ne quitte plus ses terres à partir de 1798, s'occupant de leur gestion et de sa famille. Il meurt dans son château en 1819, et il est enterré dans l'église du bourg.

Famille[modifier | modifier le code]

Portrait de la comtesse Branicka épouse du comte, avec portrait de Catherine II sur la la poitrine, et ruban de l'ordre de Sainte-Catherine

De son épouse, née Alexandra von Engelhardt, nièce de Potemkine, Branicki a cinq descendants, deux fils et trois filles. L'une d'elle, Élisabeth (secret amour de Pouchkine), épouse le comte puis prince Vorontsov, et l'un de ses fils, Ladislas (1782-1843) devient sénateur de l'Empire et son titre de comte est confirmé par oukaze, le 18 juin 1839.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui signifie Église Blanche, anciennement Iouriev, puis Bielaïa Tserkov jusqu'en 1991.
  2. Il abdique le 25 novembre 1795 et se retire à Saint-Pétersbourg au palais de Marbre