Claudio Acquaviva

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Claudio Acquaviva (né le à Atri, dans la province de Teramo, Abruzzes - mort le à Rome) était un Jésuite italien élu en 1581 le cinquième Supérieur général de la Compagnie de Jésus qu'il dirigea jusqu’à sa mort. Il est le premier supérieur général italien. Pendant son mandat, les effectifs de la Compagnie passèrent de 5 000 à 13 000.

Claudio Acquaviva,
5e Supérieur Général des jésuites

Claudio Acquaviva est à l'origine du Ratio atque institutio studiorum dit le Ratio Studiorum, une somme pédagogique qui est fruit d'une vaste consultation (1586) faite dans tous les collèges jésuites de l'époque et qui devint le manuel de la pédagogie jésuite pour plusieurs siècles.

Formation et entrée chez les Jésuites[modifier | modifier le code]

Claudio Acquaviva est le plus jeune fils d'un noble, Giovanni Antonio Donato d'Aragona, duc d'Atri. Après ses humanités (Latin, Grec et Hébreu) et des études de mathématiques, il étudia la jurisprudence à Pérouse (Italie). Il fut ensuite nommé par le Pape Pie IV comme Chamberlan papal.

En contact avec François Borgia et Juan de Polanco il entendit parler de la Compagnie de Jésus. Il fut particulièrement impressionné par les œuvres des premiers compagnons pendant la peste de 1566 et décida de rejoindre l'Ordre en 1567. Avec la bénédiction de Pie V, il demanda au Supérieur général, François Borgia, d'être admis au noviciat. Après avoir terminé ses études, il se vit rapidement conférer d'importantes responsabilités, ses talents d'administrateur le distinguant pour les plus hautes fonctions. Il devint Provincial de Naples, puis de Rome ; durant son mandat, il proposa de rejoindre la Mission jésuite en Angleterre qui fut créée avec Robert Persons au printemps 1580.

Supérieur général[modifier | modifier le code]

La quatrième Congrégation générale[modifier | modifier le code]

À la mort d'Everard Mercurian le 1er août 1580, la quatrième Congrégation générale fut convoquée pour le 7 février 1581. Acquaviva fut élu, au jeune âge de trente-sept ans, à la grande surprise de Grégoire XIII. Mais le sens extraordinaire de gouvernance qu'il montra -en particulier quand son commandement fut mis en cause - la vitalité apostolique des jésuites comme la croissance régulière de leur nombre pendant son long mandat de 24 ans, justifièrent abondamment le vote des électeurs.

Ses réalisations de Général[modifier | modifier le code]

Dans sa première lettre Sur la croissance heureuse de la Compagnie du 25 juillet 1581, il traitait des qualifications nécessaires pour les supérieurs, et édictait que le gouvernement ne devrait pas être inspiré par les maximes de la sagesse humaine mais par celles de la prudence surnaturelle (fortiter in re, suaviter in modo).

La Ve (1593) et la VIe (1608) Congrégation générales furent imposées à Acquaviva, la première par le pape Clément VIII et la seconde par la Congrégation des Procureurs: deux cas très rares de Congrégations générales non convoquées directement par un Supérieur général. C'est que les méthodes de travail et le gouvernement même d'Acquaviva étaient gravement mis en cause par un groupe de jésuites espagnols soutenus par Philippe II. Cependant, son ouverture d'esprit et sa réelle humilité lui acquirent les délégués qui le lavèrent de tout soupçon et renouvelèrent la confiance de la Compagnie en son mode de gouvernement.

Une tâche plus difficile était la gestion de Sixte V, qui était hostile à la Compagnie. Avec un grand sens tactique et une réelle vision, Acquaviva réussit à jouer le roi contre le pape, et Sixte contre Philippe. Par prudence, il réduisit au silence Juan de Mariana, dont la doctrine sur le tyrannicide avait déclenché une indignation profonde en France ; il semble aussi avoir désapprouvé l'action des jésuites français en faveur de la Ligue, et fut ainsi capable d'assurer un solide avantage en faveur d'Henri IV.

Durant son mandat, les missions jésuites furent établies au Paraguay, et il encouragea les missions partout en Europe.

Le Ratio Studiorum[modifier | modifier le code]

Page de titre du Ratio Studiorum
Article détaillé : Ratio Studiorum.

La promulgation du Ratio atque institutio studiorum en 1586 lui incombe, synthétisant des années d'expérience dans le champ éducatif et les organisant dans un 'système jésuite d'éducation'. Mais les Dominicains le dénoncèrent à l'Inquisition et il fut condamné en Espagne et à Rome, en raison d'opinions questionnant les doctrines thomistes sur la présence physique divine et la prédestination. Les chapitres incriminés furent retirés de l'édition de 1591. Dans la féroce discussion qui surgit entre théologiens jésuites et dominicains au sujet de la grâce, Acquaviva réussit, sous les papes Clément VIII et Paul V, à sauver son parti d'une condamnation qui semblait inéluctable.

Claudio Acquaviva mourut à Rome en 1615, laissant la Compagnie avec 13 000 membres dans 550 maisons et 15 provinces. L'influence considérable qu'exercèrent les jésuites, dans leur âge d'or, tint largement à la vision politique à long terme d'Acquaviva, qui fut certainement l'un des plus grands Supérieurs généraux de l'Ordre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Les ducs d'Atri[modifier | modifier le code]

Antonio Aquaviva(†1395), 1e duc d'Atri, épouse
Ceccarella Cantelmo ; │ └─> Andrea Matteo I(†1407), 2e duc d'Atri, épouse
Caterina Tomacelli, fille de Giovannello Tomacelli, marquis d'Ancona ; │ ├─> Antonio, 3e duc d'Atri, épouse
Maria Orsini del Balzo, fille de Raimondello Orsini, prince de Taranto ; │ └─> Pierbonifacio(†1418), 4e duc d'Atri, épouse
Caterina Riccardi ; │ │ │ └─>Andrea Matteo II(†1443), 5e duc d'Atri, épouse
Isotta Sforza, fille de Francesco I, duc de Milan; │ └─> Giosia(†1462), 6e duc d'Atri, épouse en 3e noces
Antonella Migliorati di Fermo; │ └─>Giulio Antonio(1430-1481), 7e duc d'Atri, épouse en 2e noces
Caterina Orsini del Balzo; │ ├─>Giovanni Antonio(1457-1479), marquis de Bitonto; │ └─>Andrea Matteo III(1458-1529), 8e duc d'Atri, épouse
Isabella Todeschini Piccolomini, fille de Antonio, 1e du d'Amalfi; │ ├─> ... │ └─>Giannantonio Donato(1490-1554), 9e duc d'Atri, épouse
Isabella Spinelli(°1500), fille de Giambattista, comte de Cariati ; │ └─>Claudio

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]