Lorenzo Ricci

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Lorenzo Ricci, dernier Supérieur Général de l'ancienne Compagnie de Jésus

Lorenzo Ricci, né le 2 août 1703 à Florence et mort le 24 novembre 1775 à Rome, était un prêtre jésuite italien du XVIIIe siècle. Élu 18e Supérieur Général de la Compagnie de Jésus le 21 mai 1758, il fut le dernier de l'ancienne Compagnie de Jésus (supprimée en 1773).

Formation[modifier | modifier le code]

Né à Florence, au sein d'une très ancienne et importante famille de Toscane, Lorenzo Ricci fréquenta avec profit le collège jésuite de Prato. Il entra au noviciat de Saint-André du Quirinal (Rome) le 16 novembre 1718, à l'âge de quinze ans. Ricci étudia la philosophie de 1722 à 1725 et la théologie de 1729 à 1734 au Collège romain. Il devint professeur de Sciences sacrées et spécialisé en théologie de 1740 à 1742 tout en étant directeur spirituel au séminaire de Rome, puis au Collège romain. Cette mission de donner les Exercices Spirituels d'Ignace de Loyola lui convenait parfaitement.

Supérieur général[modifier | modifier le code]

Lors de la 19e congrégation générale qui se réunit à la mort de Luigi Centurione, en mai 1758, Lorenzo Ricci fut élu Supérieur général au deuxième tour de scrutin.

Averti des difficultés et des défauts de la Compagnie, il dit lors de son élection : La haine que la Compagnie rencontre en certaines régions vient en partie de l'arrogance des écrits de certains des nôtres.

Mais, la crise avec les Cours royales catholiques des Bourbons parvenait à son paroxysme: expulsion du Portugal l'année de son élection en 1758, de France en 1764, d'Espagne et de Naples en 1767, du Duché de Parme en 1768. Le malheureux Ricci subit tout cela. Tant que Clément XIII était pape, la Compagnie était en quelque sorte protégée. Le pape publia un nouveau soutien public et solennel par sa bulle Apostolicum Pascendi, en 1769.

Par ailleurs le pape conseilla à Ricci de manifester courage, prière et patience. L'homme de spiritualité qu'était le Supérieur général adressa plusieurs lettres circulaires aux jésuites Sur la Persévérance fervente dans la prière (1763), sur la plus grande ferveur dans la prière en 1769, et juste avant la suppression Un nouvel encouragement à prier (février 1773). Manquant d'expérience gouvernementale il était dépassé par les évènements.

Suppression de la Compagnie[modifier | modifier le code]

Mais les pressions s'accrurent encore et, au conclave de 1769, réuni pour élire le successeur de Clément XIII, la Suppression des Jésuites était la question principale. Clément XIV fut élu, sans qu'il soit clair qu'il eut à la promettre. Après son élection, Clément XIV adopta des mesures agressives et humiliantes contre la Compagnie pour donner le change aux ennemis des jésuites mais la pression politique ne fit que croître et le Pape décida finalement la suppression par un simple bref Dominus ac Redemptor, le , sans rendre publiques ses raisons. Les communautés jésuites furent dissoutes et chassées, les bibliothèques confisquées, leurs propriétés pillées. L'attitude de Clément semble d'autant plus lâche qu'ancien élève des jésuites, il avait été fait cardinal (1759) sur recommandation expresse de Lorenzo Ricci...

Dernières années en prison[modifier | modifier le code]

Lorenzo Ricci fut emprisonné au Château Saint-Ange, à Rome, où il souffrit humiliations et mauvais traitements (il lui fut interdit de célébrer la messe). Les charges soulevées publiquement contre les Jésuites ne furent jamais portées devant les tribunaux.

Le successeur de Clément XIV, Pie VI, élu pape en février 1775, est conscient de l'injustice faite au vieillard et tente de le faire libérer. Mais il est trop tard. Lorenzo Ricci meurt dans sa cellule du Château Saint-Ange le 24 novembre 1775. Pie VI insista alors pour qu’il lui soit donné des funérailles publiques et solennelles. Ainsi Ricci est enterré dans la crypte de l'église du Gesù de Rome, auprès de ses prédécesseurs.

Avant de mourir, Ricci déclara solennellement devant témoins: J'ai dit et protesté que la Compagnie n'avait jamais par ses actions donné de motif à sa suppression; pas plus qu'il n'existe de raisons à mon enfermement. Giulio Cordara, un ami proche de Ricci prononça probablement le meilleur jugement: Je l'aurais jugé plus compétent pour guider la Compagnie pendant une période calme et tranquille. Mais, en raison de sa nature affable, il était moins équipé pour être à la barre dans une mer démontée[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier de Ravignan: Clément XIII et Clément XIV, Paris, 1856.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pastor, History of the Popes, vol.XXXV, p.379