Claude Bourguignon

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Lydia et Claude Bourguignon en avril 2010.

Claude Bourguignon, né en 1951, est un ingénieur agronome français, ancien collaborateur de l'INRA. Fondateur du LAMS (Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols)[1], il travaille en France, mais aussi en Europe, en Amérique et en Afrique.

Il est parmi les premiers, dans les années 1970, à avoir alerté sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes (bactéries et champignons microscopiques), ainsi que sur la perte d'humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens, ou des sols auxquels on appliquait les mêmes méthodes en climat tropical ou subtropical. Il a contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces, mais qui demandent une bonne technicité et connaissance du fonctionnement écologique des sols.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Bourguignon est un ingénieur agronome formé à l'Institut national agronomique Paris-Grignon (INA P-G). Il a d'abord travaillé à l'INRA où ses travaux (méthode de mesure de l’activité biologique des sols) ont suscité peu d'intérêt. Voyant par ses relevés d’activité biologique que les sols cultivés en labour avec des apports d'engrais chimiques et de pesticides perdaient leurs populations microbiennes et fongiques, et « mouraient » en perdant aussi leurs nutriments et en s'érodant de manière accélérée, il est devenu un des promoteurs, développeurs et spécialistes des techniques de restauration et préservation des sols agricoles par des techniques respectueuses de la vie du sol et de son fonctionnement en tant qu'agro-écosystème complexe.

Claude Bourguignon est par ailleurs conférencier et formateur, membre de la Société d’écologie, de la Société américaine de microbiologie, enseignant à l'ancienne école d'agrobiologie de Beaujeu. Il a déploré l'absence de chaire officielle de microbiologie des sols en France (depuis que le secteur microbiologie des sols de l’Institut Pasteur a été fermé), ce qui s'est traduit par le manque de formation en microbiologie chez les pédologues et agronomes.

Dans les années 1980, il met au point une méthode de mesure de l'activité micro-biologique des sols et constate qu'en Europe, 90 % de l'activité micro-biologique des sols a été détruite. [réf. nécessaire]

Avec sa femme Lydia Gabucci-Bourguignon, maître es sciences, ils fondent en 1989 Le LAMS (Laboratoire d’analyse microbiologique des sols) qui analyse sur le plan physique chimique et biologique les sols agricoles, viticoles (ou autres, golfs par exemple), afin d’aider les agriculteurs ou leurs gestionnaires à obtenir de meilleurs rendements, par une meilleure connaissance et prise en compte du fonctionnement des sols.

Il est le fils du psychiatre André Bourguignon et le frère cadet de l'actrice Anémone, de son vrai nom Anne Bourguignon.

Théorie et recommandations[modifier | modifier le code]

Les outils et concepts qu'ils ont développés sont souvent utilisés par les agriculteurs biologiques ou biodynamiques qui ont des sols beaucoup plus actifs et riches en organismes vivants et en biodiversité que ceux de l'agriculture dite « conventionnelle »parfois on ne trouve presque plus trace de vie[réf. nécessaire].

Le labour et les techniques d'agriculture intensive continuent néanmoins à être utilisés. Claude Bourguignon estime qu'on perd aujourd’hui sur un sol agricole d'agriculture conventionnelle en moyenne « 10 tonnes de sol par hectare et par an » (dans certains cas, on atteint 100 tonnes par an et par ha dans les zones où le sol est plus fragile (ex : bassin de la Canche dans le Pas-de-Calais, au nord de la France[2]).

Il estime que l'agriculture européenne va obligatoirement devoir changer car elle n'est plus compétitive (79 % des agriculteurs ont disparu en 50 ans[3]), ne survit que grâce aux subventions, et génère des produits de mauvaise qualité[réf. nécessaire].

Il souhaite que les pratiques agricoles changent et qu'on apprenne à cultiver un sol sans l'éroder. Il conteste le dogme[réf. nécessaire] qui consiste à croire que le sol est un support inerte qui nécessite qu'on y ajoute de l'engrais (rendant ainsi les plantes malades et obligeant à utiliser des pesticides pour les soigner). Il indique que le sol, loin d'être inerte, contient 80 % de la biomasse de la Terre et ne nécessite aucun engrais et donc aucun pesticide. Il recommande également de changer les habitudes relatives aux espèces cultivées en remplaçant par exemple la culture du maïs (trop consommatrice d'eau et peu adaptée au climat européen) par celle du sorgho.

Il prône le retour aux haies et à une agriculture agro-sylvo-pastorale et considère que le moyen le plus rapide et efficace de faire renaître un sol mort est l'utilisation massive du bois raméal fragmenté.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le sol, la terre et les champs, Paris, La Manufacture Sang de la Terre, (Les dossiers de l'écologie), 1989, 190 p. (ISBN 273770166X)
  • Le sol, la terre et les champs, Paris, Sang de la Terre, (Les dossiers de l'écologie), 2002, 190 p., nouvelle édition revue et augmentée (ISBN 2869851499)
  • avec Lydia Bourguignon, Le sol, la terre et les champs : pour retrouver une agriculture saine, Paris, Sang de la Terre, (Les dossiers de l'écologie), 2008 et 2010, 223 p. (ISBN 9782869851887)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Synthèse en 4 minutes
  2. Source : François Derancourt, Chambre d'agriculture du Pas-de-Calais
  3. http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/AGRIFRA07c-2.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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