Cinquante nuances de Grey (livre)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le roman d'E. L. James. Pour le film de Sam Taylor-Wood, voir Cinquante nuances de Grey.
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : 14 Shades of Grey.
Cinquante nuances de Grey
Auteur E. L. James
Genre Romance érotique
Version originale
Titre original Fifty Shades of Grey
Éditeur original Vintage Books
Langue originale Anglais britannique
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 3 avril 2012
ISBN original 978-0345803481
Version française
Traducteur Denyse Beaulieu
Lieu de parution Paris
Éditeur Jean-Claude Lattès
Collection Romans étrangers
Date de parution 17 octobre 2012
Type de média Livre papier
Nombre de pages 560
ISBN 978-2-709-64252-1
Série Fifty Shades
Chronologie
Cinquante nuances plus sombres Suivant

Cinquante nuances de Grey (Fifty Shades of Grey) est une romance érotique écrite par la britannique E. L. James, connue d'abord par auto-publication sur le site Internet de l'auteur puis sur le site internet The Writers' Coffee Shop qui le propose à l'impression à la demande en mai 2011 ; l'éditeur Vintage Books le publie en édition papier dans une version révisée en avril 2012. Il s'agit du premier tome d'une trilogie, et il est suivi par Cinquante nuances plus sombres ( Fifty Shades Darker) et Cinquante nuances plus claires (Fifty Shades Freed).

Se déroulant essentiellement à Seattle, ce récit est le premier d'une trilogie qui retrace la relation entre une jeune diplômée en littérature, Anastasia Steele, et un homme d'affaires, Christian Grey. Il contient des scènes explicitement érotiques mettant en vedette des éléments de pratiques sexuelles impliquant la servitude, la discipline, et différentes déclinaisons du sadisme et du masochisme.

Le titre anglais original est à double sens, « Grey » faisant à la fois référence à l'un des deux héros et à la couleur grise et « Shade », traduit en français par le terme neutre « nuances », peut par ailleurs avoir la connotation plus sombre d'« ombre ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Anastasia Steele accepte de remplacer sa colocataire malade, Katherine, pour interviewer l'homme d'affaires et milliardaire Christian Grey. Jeune PDG séduisant et mystérieux, ce dernier l'intimide. A sa grande surprise, Christian Grey vient la voir au magasin où elle travaille, prétextant des achats. Très attirée par lui, elle se verra rapidement devenir sa soumise. Pour cela un contrat va être rédigé pour permettre de définir les règles de ce jeu dangereux. Cependant, ce contrat devient souvent un sujet tabou et sera changé sans cesse.

À mesure que leur relation progresse, la jeune et innocente Ana est confrontée à un tout nouvel univers aux côtés du riche entrepreneur. Christian a cependant une face sombre : il est adepte du BDSM. La jeune femme doit alors décider si elle est prête ou non à entrer dans cet univers.

Contexte[modifier | modifier le code]

La trilogie Cinquante nuances de Grey a d'abord été une fanfiction basée sur l'univers de Twilight et s'appelait à l'origine Master of the Universe. James la publiait petit à petit sous le pseudo « Snowqueen's Icedragon » sur différents sites de fanfiction. Les personnages centraux étaient à l'origine Edward Cullen et Bella Swan, issus de Twilight de Stephenie Meyer. Le roman est alors considéré comme une romance érotique[1].

Après avoir reçus des avertissements concernant le contenu explicitement sexuel du texte, James a supprimé l'histoire de ces sites et l'a publiée sur son propre site, FiftyShades.com. C'est plus tard qu'elle réécrira Master of the Universe en tant qu'histoire à part entière, en renommant les personnages Christian Grey et Anastasia Steele et en supprimant le texte de son site en prévision de la publication[2].

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Anastasia Steele : jeune diplômée en littérature âgée de 21 ans, brune aux yeux bleus, elle n'a jamais eu de relations sexuelles ni sentimentales. Son père biologique est mort peu de temps après sa naissance. Son enfance a été marquée par les nombreux remariages de sa mère.
  • Christian Grey : il a 27 ans, et appartient à une famille de trois enfants, tous adoptés. Une partie de son enfance s'est passée avec sa mère (prostituée accro au crack qui se suicide et le mac qui les battait, lui et sa mère). Cela fait de lui une personne traumatisée qui n'aime pas être touchée et souffrant de haine ressentie envers lui-même.
  • Katherine Kavanagh : Meilleure amie d'Anastasia, c'est d'ailleurs grâce à elle que Christian et Anastasia ont pu se rencontrer lors d'une interview pour le journal de l'université dont elle est éditrice. Durant toute l'histoire, Katherine va tenter de montrer à son amie la vraie personnalité de son compagnon.
  • Elliot Grey: Le frère adoptif de Christian, deviendra rapidement le petit copain de Katherine.
  • Mia Grey : La sœur adoptive de Christian Grey
  • José Rodriguez : Un très bon ami d'Ana, étudiant et photographe ressentant des sentiments amoureux pour elle.
  • Elena Lincoln : Meilleure amie de Christian Grey est d'abord une amie de la mère de celui-ci. Maîtresse et dominatrice de Christian Grey elle l'a initié aux pratiques sexuelles qu'il connait.
  • Dr Flynn: Psychologue/ psychiatre de Christian Grey
  • Grace Trevelyan Grey : Mère de Christian, Elliot et Mia. Pédiatre et femme de Carrick Grey, avocat et père de ces derniers.
  • Carla Adams : Mère d'Anastasia, vivant avec son quatrième mari Bob Adams, beau père d'Ana.
  • Raymond Steele (Ray) : 1er beau-père d'Anastasia, il est celui qu'elle considère comme son père suite aux remariages de sa mère. Elle a vécu avec lui quand elle était lycéenne.

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

L'accueil des critiques et des lecteurs va de mitigé à négatif. La plupart des critiques s'accordent sur l'absence de qualités littéraires du texte[3],[4],[5],[6] et sur la grande faiblesse psychologique des personnages qualifiés d'ectoplasmes par certains critiques[7]. Quelques critiques trouvent toutefois le livre plutôt agréable à lire[8].

En France, le livre a surtout attiré l'attention pour son côté supposément pornographique et, plus précisément, pornographique à l'usage d'un lectorat féminin, ce que l'auteur récuse et condamne[9],[10]. En réplique à la comparaison avec d'autres romans érotiques évoqués par les journalistes et critiques littéraires, E. L. James rappelle fermement que « les récits du marquis de Sade ne sont pas des histoires d’amour. Mon roman est une histoire d’amour ». Pour elle, Histoire d'O « n’est pas une histoire d’amour. (...) C’est un livre brutal sur une femme totalement maltraitée. » [11]. De même, l'éditeur français confirme qu'il s'agit « avant tout d'un roman d'amour »[12].

Succès international[modifier | modifier le code]

Roman auto-édité sur Internet, à l'origine, Cinquante nuances de Grey est découvert et publié par Vintage Books et connaît un immense succès marchand : en dix-huit mois, 40 millions d'exemplaires sont vendus, surtout aux États-Unis et au Royaume-Uni[13]. Pendant 37 semaines, il est premier du classement des meilleures ventes de livres publié par le New York Times[14]. Si le public est essentiellement féminin, 20% des acheteurs aux États-Unis au premier semestre 2012 sont des hommes[15]. En Italie, le succès atteint plus de 900 000 exemplaires vendus[16] et 1,28 million en Australie[17].

En France, l'éditeur JC Lattès achète les droits de publication à un prix élevé et fixe le seuil de rentabilité à 360 000 exemplaires[16]. La parution, le 17 octobre 2012, se fait sur la base d'un tirage de 550 000 exemplaires, dont 350 000 sont mis en place en librairie dès le premier jour[18]. Le 11 décembre 2012, l'éditeur annonce que 400 300 romans se sont écoulés depuis sa sortie et table sur 450 000 exemplaires vendus à la fin de l'année 2012[16]. Pour faire face aux éditeurs concurrents qui espèrent profiter du succès du roman, JC Lattès dépose en France la marque « cinquante nuances »[19].

Récompenses[modifier | modifier le code]

En 2012, Cinquante nuances de Grey remporte le National Book Award dans la catégorie « fiction populaire »[20],[21].

Éditions[modifier | modifier le code]

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

En France, le lancement[13] s'accompagne d'une BOL, une « bande originale du livre », compilation des morceaux de musique classique cités dans les trois volumes, et publiée par la maison de disques EMI, d'un guide pratique, Le Décodeur de 50 nuances de Grey avec 20 jeux sensuels pour pimenter votre vie de couple, dans la collection « Le Petit Livre de », aux éditions First, ainsi que la sortie de 50 nuances de plaisir, guide d’éducation sexuelle reprenant les différentes positions décrites dans le livre, et publié par les Éditions Larousse[22].

Sextoys[modifier | modifier le code]

L'auteur a travaillé avec un fabricant de sextoys pour éditer une gamme[23] d'après ceux mentionnés dans le roman. La commercialisation est lancée en novembre 2012. Selon E.L. James : « cette gamme est ce que j'ai toujours imaginé pendant que j'écrivais Fifty Shades of Grey, je suis tellement excitée que les jouets que j'ai décrits dans les livres soient venus à la vie et puissent maintenant être appréciés dans le monde entier[24]. » Elle a également vendu les droits de sa romance à Imagination Games, une société australienne, pour commercialiser un jeu de société intitulé Fifty Shades of Grey - Party Game[17].

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinquante nuances de Grey (film).

En 2012, Universal Pictures achète les droits pour 5 millions de dollars[25]. Plusieurs acteurs, dont Ryan Gosling, Matt Bomer, Ian Somerhalder, Michael Fassbender, Tom Broadwell et Henry Cavill sont pressentis pour le rôle de Christian Grey mais c'est finalement Jamie Dornan qui tiendra le rôle[26]. C'est Dakota Johnson qui incarne Anastasia Steele.

Pastiches[modifier | modifier le code]

Le succès du roman est aussi l'occasion de la publication de pastiches dont :

  • Fifty Shames of Earl Grey (en référence au nom du thé Twinnings que boit Anastasia tout au long des livres) par Andrew Shaffer, Da Capo Press[27]
  • Quarante-neuf nuances de Loulou par Rossella Calabro, Éditions Albin Michel

Au théâtre, SPANK! The Fifty Shades Parody, une parodie sous forme de pièce musicale est créée au Canada[28] et reprise en France sous le titre de 50 et des nuances[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Renaud Baronian, « Cinquante Nuances de Grey » : « J’ai encore des fantasmes en réserve! », Le Parisien,‎ 18 octobre 2012 (consulté le 18 octobre 2012) : « Comment définiriez-vous votre trilogie? - C’est une love story. Je suis moi-même une grande lectrice de romances, dont des romances érotiques. Ma trilogie entre parfaitement dans cette catégorie. »
  2. GalleyCat. The Lost History of Fifty Shades of Grey. Media bistro.
  3. Florence Roques, « 50 nuances de Grey » en 20 citations ridicules, sur Evene,‎ 17 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  4. (en) Christine Sheehy, « The 'mommy porn' seducing women », New Zealand Herald,‎ 13 avril 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  5. (en) Jessica Reaves, « Fifty shades of retrograde », sur Chicago Tribune,‎ 14 avril 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  6. (en) Laura Barnett, « Mommy porn?: Fifty Shades of Grey by EL James: review », Telegraph,‎ 13 avril 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  7. Françoise Dargent et Dominique Guiou, « Fifty Shades of Grey : 5 raisons de ne pas le lire », Le Figaro,‎ 17 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  8. (en) Jenny Colgan, « Fifty Shades of Grey », The Guardian,‎ 13 avril 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  9. Rania Hoballah, « E.L. James : "Mes livres ne sont pas pornographiques" », Metro,‎ 18 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  10. David Caviglioli et Marie Vaton, « E.L. James : «Les journalistes ne pensent qu'au sexe» », Le Nouvel Observateur,‎ 18 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012) : « Mon roman est une romance classique. […] Ce n’est pas un livre pornographique. C’est une histoire d’amour. »
  11. David Caviglioli et Marie Vaton, « E.L. James : «Les journalistes ne pensent qu'au sexe» », Le Nouvel Observateur,‎ 18 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  12. Xavier Thomann, « En France aussi Fifty Shades séduit, sans nuances », sur Actualitté,‎ 19 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  13. a et b « La guerre des best-sellers » par Eric Albert avec Alain Beuve-Méry et Isabelle Piquer, M le magazine du Monde du 21 septembre 2012.
  14. Antoine Oury, « Fifty Shades of Grey œuvre pour la répartition des richesses », sur Actualitté,‎ 7 décembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  15. Xavier Thomann, « EL James n'aime pas la publicité autour de ses ouvrages », sur Actualitté,‎ 30 novembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  16. a, b et c Renaud Baronian, « Le « porno des mamans » fouette les ventes », Le Parisien,‎ 17 décembre 2012 (consulté le 17 décembre 2012)
  17. a et b Clément Solym, « Fifty Shades of Grey, prochainement en jeu de société », sur Actualitté,‎ 26 novembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012).
  18. MQ, « Attention, le porno soft débarque en France », Livres Hebdo,‎ 16 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  19. Victor de Sepausy, « Cinquante nuances de Grey : bien plus qu'un livre, une marque », sur Actualitté,‎ 23 novembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  20. (en) Alison Flood, « EL James comes out on top at National Book awards », sur The Guardian,‎ 5 décembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  21. Cécile Mazin, « Fifty Shades of Grey, élu livre de fiction de l'année 2012 », sur Actualitté,‎ 5 décembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  22. Isabelle Falconnier, « Coup de fouet sur l’édition », L'Hebdo,‎ 10 octobre 2012 (consulté le 18 décembre 2012).
  23. Gamme de sextoys inspirés de Fifty Shades Of Grey
  24. Victor de Sepausy, « La trilogie Fifty Shades Of Grey déclinée en toys érotiques », sur Actualitté,‎ 14 novembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  25. Julien Helmlinger, « Le porno Fifty Shades of Grey XXX attaqué en justice pour plagiat », sur Actualitté,‎ 3 décembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012).
  26. « 50 Shades of Grey : Jamie Dornan choisi pour le rôle de Christian Grey ! », sur Melty,‎ 24 octobre 2013 (consulté le 24 octobre 2013)
  27. Christophe Greuet, « Cinquante nuances de Grey, un phénomène littéraire à tendance sado-maso », sur Culture Café,‎ 9 avril 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  28. Ania Vercasson, « On joue 50 nuances de Grey au théâtre », sur actualité,‎ 16 novembre 2012 (consulté le 18 décembre 2012)
  29. QuartierLibre Productions, « 50 et des nuances », sur actualité,‎ 17 septembre 2013 (consulté le 22 juillet 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]