Impression à la demande

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Une impression à la demande au siège de l'Internet Archive de San Francisco, aux États-Unis. Une copie unique du livre de Darwin, « De l'origine des espèces », apparaît quelques minutes après sa commande.

L'impression à la demande est un mode d'impression numérique destiné à offrir dans les plus brefs délais et en petites quantités (parfois un seul exemplaire) des ouvrages dont le faible tirage induirait des coûts excessifs en impression traditionnelle.

Avantages[modifier | modifier le code]

L'avantage de l'impression à la demande — ou POD, pour « Print on Demand » — réside notamment dans la rapidité avec laquelle de tels ouvrages peuvent être imprimés (immédiatement si nécessaire) et dans le fait qu'elle permet d'imprimer de très petites quantités correspondant à des commandes fermes, des expérimentations éditoriales ou des exemplaires de promotion, évitant ainsi les lourdes contraintes de stock (nécessité d'espaces d'entreposage, gestion des retours, pilonnage des invendus, etc.). Née de l'impression numérique et de la généralisation des ordinateurs personnels, l'impression à la demande applique à l'impression des livres et en les perfectionnant les techniques déjà utilisées pour l'impression des documents bureautiques.

Applications[modifier | modifier le code]

  • Faire imprimer en ligne des ouvrages rares ou introuvables qui sont passés dans le domaine public, tels ceux du fonds numérique Gallica[1]de la Bibliothèque nationale de France (BnF)[2]. Sur les quelque 2,5 millions de documents numérisés et accessibles immédiatement en ligne, environ 240 000 sont aujourd'hui disponibles en impression à la demande et en un seul exemplaire si nécessaire. Reproduits sur un papier bouffant de haute qualité et agrémentés d'une couverture imprimée sur un haut de gamme ivoire et texturé, ces ouvrages peuvent se commander directement sur le site de la BnF[2] mais également par l'intermédiaire de librairies en ligne telles que Chapitre[3], Edilivre[4] et Hachette[5], cette dernière offrant même la possibilité de les commander et de les retirer dans n'importe quelle librairie traditionnelle.
  • Commander en ligne ou chez un libraire un exemplaire d'un ouvrage en rupture de stock qui sera imprimé et expédié par l'éditeur lui-même dans les heures qui suivent la réception de la commande. De cette manière, l'éditeur comme le libraire se libèrent de tout problème de stockage et de réapprovisionnement. Les titres de fonds sont disponibles à tout moment et un ouvrage n'est jamais épuisé. Le délai de livraison est le même que si l'ouvrage était sorti du stock, solution idéale pour les titres de fonds à rotation lente et les titres en rupture de stock dont la réimpression n'est pas envisageable économiquement[6].
  • Faire imprimer immédiatement chez des libraires équipés de la machine adéquate, l'Espresso Book Machine[7], des livres sous droits d'auteur dont le fichier numérique est mis à disposition par leur éditeur, des ouvrages tombés dans le domaine public et accessibles dans des bases de données libres telles que celle de Google Livres ou même des travaux personnels fournis sur un support informatique tel qu'une clé USB. En moins de dix minutes l'ouvrage est disponible, couverture couleur comprise[8].
  • L'impression à la demande permet également aux éditeurs traditionnels de réimprimer à bas coût de courts tirages de titres peu demandés mais correspondant à des commandes fermes ainsi que des ouvrages de niche ne s'adressant qu'à un public ciblé en limitant leurs risques financiers. L'impression offset des livres étant fort coûteuse en dessous de 1 000 exemplaires, la POD permet par contre d’exécuter de très petits tirages à des tarifs bien plus avantageux.
  • Aujourd'hui, certains éditeurs autrefois purement numériques offrent également une version papier de leurs fichiers, comme Publie.net[9], un des leaders de l'édition numérique, qui les commercialise par l'intermédiaire de son site frère Publiepapier.fr[10].
Les Éditions du Zaporogue[11] (par l'intermédiare de Lulu[12]) et la Revue des ressources[13] ont fait pour leur part le choix de l'impression à la demande en premier ressort.
  • Auto-édition : faire imprimer en ligne son propre livre à partir d'un fichier numérique et devenir ainsi son propre éditeur. Le résultat imprimé est semblable à une édition commerciale et moins coûteux que l'édition à compte d'auteur. On peut se faire livrer les exemplaires commandés et en assurer soi-même la commercialisation[14], mais certaines structures d'impression importantes peuvent également en gérer la promotion et/ou la logistique des ventes si nécessaire (prise de commandes, suivi des livraisons et facturation). Des imprimeurs tels que le Groupe CPI[15] et Lightning Source[16] ont pleinement développé ce modèle.
D'autres structures telles que Edilivre[17], monBestSeller[18], WeLoveWords[19], TheBookEdition[20], Books on Demand (BoD)[21], Je Publie[22], Bookelis[23] ou encore Lulu[24], qui ne sont pas des imprimeurs mais des sociétés de services qui sous-traitent l'impression, proposent à la fois la POD, la promotion et la logistique des ventes des ouvrages de leurs clients. Certains vont même jusqu'à les proposer à la vente sur des sites externes tels qu'Amazon, Chapitre, Google Play, iTunes ou l'AppStore d'Apple tandis que d'autres exposent aujourd'hui ces titres au Salon du livre de Paris et à la Foire du livre de Francfort.

Machines dédiées[modifier | modifier le code]

Les machines à imprimer les plus utilisées en janvier 2014 sont les suivantes :

  • L'Espresso Book Machine[7] de Xerox, qui permet d'imprimer des livres à la minute, en un seul exemplaire, dans des points de vente spécialisés ouverts au public (librairies, bibliothèques, institutions culturelles, etc.). Cette imprimante/relieuse/rogneuse de la taille d'un gros photocopieur multifonctions professionnel sert également à l'impression de certains ouvrages commandés en ligne sur des sites dédiés à l'impression à la demande.
  • La Kodak Prosper 5000XLi[25], une rotative à jet d'encre de 23 mètres de long, capable d'imprimer des ouvrages d'une qualité semblable à celle de l'offset. Elle équipe aujourd'hui certaines imprimeries de pointe telles que la Sagim[26] qui s'adresse à une clientèle de petits, de moyens et de grands éditeurs français tels que Grasset, Odile Jacob, les Presses universitaires de France, Flammarion et Gallimard pour l'impression de courts et moyens tirages.
  • Les rotatives à jet d'encre HP[27], énormes machines[28],[29] destinées à remplacer un jour les rotatives offset, bien que ces dernières aient encore de beaux jours devant elles. Dédiées elles aussi à l'impression des courts et moyens tirages, elles sont utilisées dans de grosses structures telles que le Groupe CPI[30], le plus important d'Europe, ou encore Dupli Print, Isiprint et Maqprint. Ces machines répondent aux demandes des plus grands éditeurs (Hachette, Editis, Gallimard, Flammarion, La Martinière,...)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds numérique Gallica de la BnF
  2. a et b Section des reproductions de documents de la Bibliothèque Nationale de France (BnF)
  3. L'impression à la demande chez Chapitre.com
  4. L'impression à la demande chez Edilivre
  5. L'impression à la demande chez Hachette
  6. Hachette Livre et Lightning Source constituent une co-entreprise d'impression à la demande en France, communiqué de presse de Hachette Livre
  7. a et b Fiche technique de l'Espresso Book Machine
  8. L'EBM, la machine qui peut sauver le livre, article de Jacques Drillon paru dans le Nouvel Observateur du 1er janvier 2013.
  9. Site de Publie.net
  10. Site de Publiepapier.fr
  11. Les Éditions du Zaporogue
  12. Avec donc en parallèle la lecture intégrale du texte en ligne : voir http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1043.
  13. Naissance des Éditions de La Revue des Ressources
  14. L'auto-édition chez l'imprimeur Jouve
  15. L'auto-édition chez CPI
  16. L'auto-édition chez Lightning Source
  17. L'auto-édition chez Edilivre
  18. L'auto-édition chez monBestSeller
  19. L'auto-édition chez WeLoveWords
  20. L'auto-édition chez TheBookEdition
  21. L'auto-édition chez Books on Demand
  22. L'auto-édition chez JePublie
  23. L'auto-édition chez Bookelis
  24. L'auto-édition chez Lulu
  25. (en)Fiche technique de la Kodak Prosper 5000XLi
  26. La Sagim fait le bilan de ses investissements en numérique par Bakhta Jomni, France Graphique, 25 avril 2012
  27. Données techniques des rotatives à jet d'encre HP
  28. Quantum, la combinaison d’une presse numérique HP et d’un module de pliage et de finition Flexbook
  29. CPI announces second Quantum® HP T360 inkjet line in the UK
  30. Site du Groupe CPI qui, en France, comprend aujourd'hui les imprimeries Brodard et Taupin, Bussière et Firmin Didot

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]