Mehdi Belhaj Kacem

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Mehdi Belhaj Kacem, né le à Paris, est un acteur, écrivain et philosophe franco-tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Paris le [1] d'un père tunisien et informaticien et d'une mère française et traductrice, Mehdi Belhaj Kacem passe son enfance en Tunisie, qu'il quitte à l'âge de treize ans.

Romans[modifier | modifier le code]

Il écrit à vingt ans son premier roman, Cancer, publié l'année suivante, en 1994 chez Tristram. Il publie dans la foulée 1993[2].

Son dernier roman est publié en 1996, Vies et morts d’Irène Lepic. Par la suite, il ne publie plus d'œuvre de fiction.

Essais[modifier | modifier le code]

Intéressé par la philosophie, sans formation universitaire en la matière mais par une approche autodidacte, il publie L'Antéforme. C'est à partir de ce livre que Mehdi Belhaj Kacem donne à comprendre à ses lecteurs que ce qui l'intéresse dans l'écriture ne consiste pas dans l'exercice de l'autofiction, bien que ces premiers textes auraient pu le laisser croire. Il s'agit plutôt d'expérimenter les limites de ce que son époque, la fin des années 1990, offre à sa génération ; ce que l'écriture permet à la fois de mener le plus loin possible, et de réfléchir.

C'est en ce sens que son travail philosophique, à travers plus d'une vingtaine d'ouvrages, cherchera à analyser, conceptualiser et systématiser cette expérimentation.

Cette entrée dans la philosophie passe également par l'expérience communautaire, dans la veine des avant-gardes esthético-politiques, et dans le but de sortir du diagnostic nihiliste hérité de la critique situationniste du spectacle, par la notion de jeu. L'ouvrage Society est à la fois le fruit et le moteur de cette expérience.

Grâce à la rencontre avec l'œuvre d'Alain Badiou, au tournant du millénaire, ses recherches philosophiques se rationalisent, le style s'épure et ses ambitions philosophiques trouvent les moyens de leur démonstration. C'est donc en même temps, à travers une série de séminaires, qu'il expose le système métaphysique de Badiou et entame son Œuvre philosophique, en cinq tomes : L'esprit du nihilisme. L'objectif principal de cette entreprise est la déconstruction du concept nietzschéo-heideggerrien de nihilisme afin de réhabiliter l'idée de Mal en une dialectique négative, inspirée des œuvres d'Adorno et Schürmann.

Sorti en 2009 le tome 3, Une ontologique de l'Histoire, que l'auteur considère comme son travail le plus abouti, se termine par un chapitre, intitulé Algèbre de la tragédie, qui sera l'occasion d'un séminaire à l'ENS de trois jours en mai 2013.

Le dernier tome paraît en tant que troisième chapitre de l'ouvrage Après Badiou, qui fait office de rupture avec son Maître, dont les démêles se poursuivront, pendant la révolution tunisienne de 2011[3], puis dans un essai La conjuration des tartuffe où il « dénonce » la refus de ses « adversaires » de lui répondre sur le fond de son propos.

La dépression intellectuelle qui suivit cette rupture, doublée par une détresse économique liée à son statut d'écrivain autodidacte, pris fin, progressivement à partir 2013 par la reconnaissance grandissante de son œuvre philosophique : le numéro de l'année 2014 de la revue Philosophique[4] lui est entièrement consacrée ; la publication à part, cette même année, d'Algèbre de la tragédie, postfacée par Tristan Garcia qui reconnaît en Mehdi Belhaj Kacem "la figure héroïque de l'esprit critique[5]" ; la traduction en anglais de La transgression et l'inexistant[6] ; le séminaire Mehdi de 5 à 7 tenu à La Générale.

Revues[modifier | modifier le code]

Entre 1999 et 2002, Mehdi Belhaj Kacem participe à deux revues : EvidenZ et Tiqqun[7].

La revue EvidenZ est accompagnée d'un collectif d'artistes, le but étant de concrétiser les idées développées dans l'essai Esthétique du chaos. Les contributions de, entre autres, Jean-Luc Nancy et Catherine Malabou attestent de l'intérêt philosophique et littéraire du projet, mais celui-ci prend fin après deux numéros, en raison de conflits internes.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Il participe à deux films, un court-métrage, et intervient dans un documentaire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La liste des principaux ouvrages est disponible sur le site de l'auteur [8]

Romans[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mehdi Belhaj Kacem en six dates : articles de presse & portraits dans Libération, Le Monde, Le Matricule des anges
  2. Baptiste Liger, « La pensée selon Mehdi Belhaj Kacem », Lire.fr,‎ décembre 2004-janvier 2005 (consulté le 16 août 2009)
  3. Mehdi Belhaj Kacem, A.B. ou B.A.?, La règle du jeu, 1er février 2011.
  4. Michaël Crevoisier et Louis Ucciani (dir.), Philosophique n°2014, Mehdi Belhaj Kacem. Entretien et enjeux, Presses Universitaires de Franche-Comté.
  5. "Critique et rémission" de Tristan Garcia. Postface à Mehdi Belhaj Kacem, Algèbre de la tragédie, Léo Sheer, Paris, 2014, p. 271.
  6. Transgression and the Inexistent : A Philosophical Vocabulary [traduction de P. Burcu Yalim], Bloomsbury Academics, coll. "Suspensions" : Contemporary Middle Eastern and Islamicate Thought, 2014.
  7. postface de la nouvelle édition de L'Essence n de l'amour, p. 86.
  8. le site officiel de l'auteur. Une bibliographie complète commentée est également téléchargeable.

Liens externes[modifier | modifier le code]