Charles Saligny de San-Germano

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Charles Saligny
Duc de San-Germano
Naissance 12 septembre 1772
Vitry-le-François (Marne)
Décès 25 février 1809 (à 36 ans)
Madrid (Drapeau de l'Espagne Espagne)
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of Kingdom of Naples (1806-1808).svg Royaume de Naples
Bandera de España 1808-1813.svg Royaume d'Espagne (de 1808 à 1813)
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1791 – 1809
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Distinctions
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(36e colonne)
Famille Neveu (par alliance) du maréchal Bernadotte et de Joseph Bonaparte ;
Beau-frère du maréchal Suchet.

Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire
Liste des généraux italiens (1800-1815)
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile

Charles Saligny, duc de San-Germano (Vitry-sur-Marne[1], 12 septembre 1772Madrid, 25 février 1809), est un militaire français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles de Salligny entra, le 4 septembre 1791, au 3e bataillon de volontaires de la Marne, en qualité de sous-lieutenant. Il fut incorporé, le 21 décembre suivant, dans le 18e régiment d'infanterie, et fit à l'armée du Nord, comme adjoint à l'état-major, les campagnes de 1792 et 1793[1].

Un homme du Maréchal de fer[modifier | modifier le code]

Nommé adjudant-général chef de bataillon le 30 floréal an II, et, le 25 prairial an III, adjudant-général chef de brigade, il servit à l'armée de Sambre-et-Meuse jusqu'au 8 ventôse an V, époque à laquelle le gouvernement le mit à la disposition du ministre de la Guerre, qui l'envoya à l'armée d'Angleterre le 22 prairial an VI, puis, le 29 thermidor de la même année, à celle de Mayence. Il se distingua, le 3 vendémiaire an VIII, de manière à mériter les éloges du général Soult, depuis duc de Dalmatie, sur le rapport duquel il obtint le même jour le grade de général de brigade[1].

De retour en France, il fut employé, en l'an IX, dans les 11e, 20e et 21e divisions militaires. Mis en disponibilité le 12 frimaire an X, et rappelé, le 28 ventôse, dans la 21e division militaire, il passa au camp de Saint-Omer le 16 brumaire an XII, et devint membre et commandant de la Légion d'honneur les 19 frimaire et 25 prairial de la même année[1]. Nommé général de division le 12 pluviôse an XIII, et commandant de la 11e division militaire le 6 germinal, il fut dirigé, le 12 fructidor, sur la Grande Armée en qualité de chef d'état-major du 4e corps, que commandait le maréchal Soult. Le 22 vendémiaire an XIV, il signa la capitulation qui livrait aux troupes française la ville de Memmingen[1].

Naples et Madrid[modifier | modifier le code]

Le 3 mars 1806, il passa à l'armée de Naples, sous les ordres de Joseph-Napoléon, qui, devenu roi, lui conféra le titre de « duc de San-Germano »[1], et le fit grand-dignitaire de l'ordre des Deux-Siciles[2]. Là, il convient de rapporter les Souvenirs du comte de Girardin[3] :

« Le général Saligny, l'un des capitaines des gardes, me confirma tout ce qui m'avait été dit par Deslandes, et il ajouta qu'il avait positivement déclaré au roi que tous les Français attachés à son service n'hésiteraient pas à prendre le même parti que moi [Saligny], s'il hésitait à les placer en Espagne sur la ligne où ils devaient s'y trouver. « Je serai, me dit-il, vraisemblablement dans le même cas que vous, et je dois m'y préparer, d'après ma dernière conversation avec sa majesté ; elle a commencé par me dire qu'elle venait de me nommer duc de San-Germano. Je lui ai demandé ce que c'était ; elle me répondit que San Germano était une petite ville à l'entrée du royaume de Naples, au pied de l'abbaye du Mont-Cassin. Je savais cela aussi bien que lui, et ce n'était nullement la réponse à ma question. Comme je pèse toutes les choses que l'on me donne, afin de les apprécier à leur juste valeur, ma question avait pour but unique de savoir ce que pourrait rapporter le duché dont je venais d'être gratifié. Lorsque ma pensée eût été nettement exprimée, on me dit :

« — Rien.
— Comment rien ? répliquai-je.
— Non, rien ; mais cependant beaucoup dans l'opinion ; car le titre que je viens de vous conférer est beau, il est historique et répandra sur vous, et conséquemment sur votre famille, une grande illustration ; car ce que je dois éviter, surtout en Espagne, c'est d'avoir auprès de moi des hommes nouveaux.
— Je ne sais, ai-je répondu au roi, si l'habitude que j'ai de porter le nom de Saligny n'a pas contribué à m'y attacher beaucoup, car je vous avouerai que lorsque je le compare avec celui de San-Germano, je l'aime tout autant, et peut-être même beaucoup mieux ; mais je dois avouer à Votre Majesté que San-Germano me plairait beaucoup plus que Saligny, si ce titre augmentait mes revenus.
— Je vous le répète encore, me dit le roi, c'est un titre purement honorifique, et je ne puis concevoir encore comment vous n'en sentez pas tout le prix.
— Au surplus, si vous y tenez, il deviendra indifférent à votre capitaine des gardes de s'appeler San-Germano au lieu de Saligny.
— Je croyais que vous saviez que, pour être l'un de mes capitaines des gardes, à Madrid, il faut être grand d'Espagne. — Je l'ignore ; mais ce que je prie Sa Majesté de ne point ignorer, c'est que je ne la suivrais pas dans la Péninsule si je n'y conservais pas le rang que j'avais à Naples.
— Vous ne réfléchissez donc pas que je viens de vous donner un honorable dédommagement en vous créant duc de San-Germano ? »

J'ai déclaré au roi que s'il regrettait son duché, il pouvait le reprendre, et que je n'y tenais nullement. Nous nous sommes séparés, comme vous voyez, fort peu contens l'un de l'autre. »

— Stanislas, comte de Girardin, Journal et souvenirs de S. Girardin[3]

Saligny suivit Joseph en Espagne, et fut autorisé, par décret du 17 juillet 1808, à rester à son service[2].

« Louis XIV avait conseillé au duc d'Anjou de tenir les Français dans l'ordre. De même, en prenant la cocarde rouge, Joseph devint Espagnol. Il ne conserva dans sa maison qu'un petit nombre des Français qui avaient suivi sa fortune dans le royaume de Naples. Il n'y en eut d'abord qu'un seul, le général Saligny, duc de San-Germano, qui occupât un emploi éminent, et celui-là était marié à la sœur de la Reine[4]. »

— Maximilien, comte Foy, Histoire de la guerre de la Péninsule sous Napoléon

Cet officier général mourut à Madrid, en 1809, peu de temps après avoir été placé à la tête d'une compagnie des gardes du roi[2]. Son nom est inscrit au côté Ouest de l'arc de triomphe de l'Étoile[2].

États de service[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Frédéric Christophe d'Houdetot (1778–1859) : Mlle Anthoine aînée : Rosine (1788-1864), duchesse de San-Germano puis duchesse Decrès.

Fils de Nicolas Louis de Salligny (1736-1819), seigneur de Matignicourt, « député » de la Marne au Conseil des Anciens, puis député de la Marne au Corps législatif et de Marie (née en 1742), fille de Nicolas de Ballidart (1712-après 1760), seigneur de la Pénicière, capitaine au Royal Artillerie, Saligny épousa, le 26 juin 1805, Marie-Rose Rosine Anthoine de Saint-Joseph (1788-1864), fille d'Antoine-Ignace Anthoine, richissime négociant et maire de Marseille, et nièce de Julie Clary[2], femme de Joseph Bonaparte, dont il eut une fille[7] :

Sa veuve épousera en secondes noces le vice-amiral et ministre de la marine Denis Decrès, le 3 novembre 1813[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Commandant de la Légion d'honneur Grand dignitaire de l'ordre des Deux-Siciles

Hommage, honneurs, mentions…[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Fastes 1844, p. 537.
  2. a, b, c, d, e et f Fastes 1844, p. 538.
  3. a et b Girardin 1828, p. 92-94.
  4. Foy 1827, p. 25.
  5. a, b et c S.H.A.T. 7 Yd 404.
  6. a et b Millar 1995-2005.
  7. a et b Roglo 2012.
  8. Pouliquen 2004, p. Noblesse.
  9. Léonore LH/2447/4.
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Pour approfondir