Charles Mathieu Isidore Decaen

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Charles Mathieu Isidore Decaen
Image illustrative de l'article Charles Mathieu Isidore Decaen

Naissance 13 avril 1769
Caen
Décès 9 septembre 1832 (à 63 ans)
Deuil-la-Barre (Val-d'Oise)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade général de division
Années de service 17571832
Distinctions Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (33e colonne)

Charles Mathieu Isidore Decaen ou de Caen, né le 13 avril 1769 à Caen et mort le 9 septembre 1832 à Deuil-la-Barre, était un général français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous les ordres de Kléber et de Moreau[modifier | modifier le code]

Fils d’un huissier au bailliage de Caen, il entre en service le 27 juillet 1787, d’abord dans la marine royale, en qualité de canonnier, puis entra dans la carrière civile et s’enrôla enfin, en 1792, dans l’un des bataillons du Calvados. Il se signale l’année suivante à Mayence sous les yeux de Kléber. Il conquit les grades d’adjudant-sous-officier, de sous-lieutenant, de lieutenant et de capitaine. Kléber, qui défendait la place, disait, en parlant de Decaen, « qu’il faudrait lui compter autant de campagnes qu’il y avait eu de jours de siège ». Il fit comme adjudant-général et chef de bataillon les campagnes de la Vendée, sous les ordres des généraux Canclaux, Dubayet, Moreau et Kléber.

Chargé d’une reconnaissance importante sur les frontières du canton de Bâle, il y mérita le grade d’adjudant-général chef de brigade et, bientôt après, celui de général de brigade le 3 juillet 1796. À l’attaque de Frantzenthal, son impétuosité le porta jusqu’au centre de la place. Fait prisonnier, il fut rendu à la liberté sur parole et bientôt échangé. En 1796, il seconde le général Moreau avec une rare intelligence dans ses opérations sur le Rhin et se distingue au passage du Rhin et au siège de Kehl. Le Directoire lui accorda un sabre d’honneur. Dans les campagnes suivantes, Decaen continua à se distinguer. Au pont d’Erbach, devant Ulm (1800), il s’empara d'un convoi de 400 voitures de grains qui allait entrer dans la place. Il prit Munich, par un coup de main, après avoir battu plusieurs fois le général Merfeld, il décida la victoire de la bataille de Hohenlinden en conduisant pendant le plus fort de l'action 6 000 hommes à Moreau, qui ne les attendait pas. Ce fut au milieu de ces exploits qu’il fut nommé général de division le 16 mai 1800.

Capitaine général des Indes[modifier | modifier le code]

Nommé capitaine général des établissements français en Inde par le Premier Consul en 1802, il déploie dans cette difficile mission les qualités de l’administrateur aussi bien que celles du guerrier. Il alla d’abord à Pondichéry, puis revint à l’île de France et protégea pendant huit ans les établissements français, situés à l’est de l’Afrique, contre les attaques réitérées des Britanniques et leur captura un nombre considérable de navires marchands. L'explorateur anglais Matthew Flinders fut pendant plus de six ans son prisonnier. En 1810, n’ayant avec lui que 1 200 hommes de garnison, il fut attaqué par une armée britannique de 20 000 hommes. Il résista quelque temps, obtint une capitulation honorable et, en quittant l’île, reçut dans une adresse que lui votèrent les colons, l’expression de leur estime et de leur reconnaissance.

À la tête de l'armée de Catalogne[modifier | modifier le code]

Il rentra en France vers le milieu de 1811, avec ses troupes et les équipages de ses quatre frégates. Cette même année, il reçut le commandement en chef de l’armée de Catalogne et les succès qu'il obtint lui valurent, en 1812, les titres de grand-croix de l’ordre de la Réunion et de comte de l'Empire. Depuis longtemps, il était grand officier de la Légion d'honneur. À la tête de l’armée de Catalogne, il y forme les guides catalans et gagne l’estime des vaincus mêmes par sa justice et son désintéressement. Chargé d'organiser en 1814 un corps d’armée sous le titre d’armée de la Gironde et de reprendre Bordeaux aux Britanniques, il apprit l’abdication de l'Empereur et, après la bataille de Toulouse, traita d’une suspension d’armes avec le général britannique qui lui était opposé. Il reconnaît Louis XVIII.

Les Cent-Jours et la Restauration[modifier | modifier le code]

Il était gouverneur de la 11e division militaire (Bordeaux) en 1815 au moment où le duc et la duchesse d’Angoulême apprirent à Bordeaux le débarquement de Napoléon. Decaen se comporta dans cette circonstance critique à l’égard de la duchesse, qui, seule, resta à Bordeaux, avec une convenance parfaite. Il s’efforce, mais sans succès, d’y maintenir l’autorité royale après le débarquement de Napoléon. Après le départ de la princesse, il reçut dans la ville le général Clauzel, ce qui lui valut, plus tard, de subir une captivité de quinze mois, à la suite de laquelle il fut mis en disponibilité.

Il recouvre sa liberté au bout d’un an, mais est laissé sans emploi. Rappelé à l’activité par Louis-Philippe à la révolution de Juillet, il fut nommé président d’une commission chargée d’examiner les réclamations des officiers éloignés de l’armée sous la Restauration. Il est mort le 9 septembre 1832 à Deuil la Barre, d’une attaque d’apoplexie foudroyante. Une loi spéciale (18 février 1835), a octroyé à sa veuve une pension extraordinaire de 3 000 francs. Le nom du général Decaen est inscrit sur le côté Ouest de l’arc de l'Étoile.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]