Château-grillet (AOC)

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Château-grillet
Château-Grillet 2.JPG
Le château dominant son vignoble.
Désignation(s) Château-grillet
Appellation(s) principale(s) château-grillet
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée du Rhône
Sous-région(s) vallée du Rhône septentrionale
Localisation Loire
Climat tempéré méditerranéen dégradé avec influence continentale
Sol granitique
Superficie plantée 3,5 hectares
Nombre de domaines viticoles un seul propriétaire
Cépages dominants viognier B
Vins produits blancs
Production 90 hl soit 10 000 bouteilles / an
Pieds à l'hectare minimum 8 000 pieds par ha
Rendement moyen à l'hectare 37 à 41 hl/ha[1]

Le château-grillet[2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit par un seul domaine qui s'étend sur une partie des deux communes de Saint-Michel-sur-Rhône et de Vérin, dans le département de la Loire. Il s'agit d'une appellation du vignoble de la vallée du Rhône septentrionale, enclavée au sein de celle produisant le condrieu, sur la rive droite du Rhône, au sud de la ville de Vienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le domaine est exploité en vignoble depuis l’époque romaine.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Période moderne[modifier | modifier le code]

Le château.

Sous le règne de Louis XIV, Girard Desargues (15931662), géomètre et architecte lyonnais, est propriétaire du domaine et y cultive des vignes ; il reçoit son confrère Blaise Pascal en 1652.

À la fin de l’Ancien Régime, c'est la veuve Peyrouse qui exploite le vignoble ; en 1787, elle reçoit Thomas Jefferson, alors ambassadeur des États-Unis;

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Le petit domaine de Château-Grillet, consacré appellation locale en 1936, appartient aujourd'hui à un seul propriétaire.

Article détaillé : Château-Grillet (château).

En juin 2011, François Pinault rachète le domaine via sa holding Artémis. Château-Grillet appartenait à la famille Canet, descendant de la famille Neyret-Gachet, depuis 1830[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le vignoble de Château-Grillet en hiver.

Orographie[modifier | modifier le code]

La plus petite appellation du vignoble de la vallée du Rhône est située entre 165 et 250 mètres d’altitude sur de fortes pentes allant jusqu'à 50 %. En forme d'amphithéâtre exposé au sud, il est abrité des vents du nord.

Géologie[modifier | modifier le code]

Son terroir est très spécifique avec un sol de granite sombre à mica noir recouvert d’arène à gros grain, (du sable issu de la décomposition du granite) et d’un substrat caillouteux où se mêlent des roches métamorphiques de la famille des gneiss.

C'est un sol pauvre, bien drainé, qui assure à la vigne des conditions de pousse optimales.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Ce terroir viticole est exposé plein sud avec des étés chauds et ensoleillés, des automnes doux et une pluviométrie bien étalée mais avec des hivers rigoureux, où la sensation de froid est renforcée par la bise. Son climat est de type semi-continental avec des influences méditerranéennes, la température moyenne annuelle a été, entre 1920 et 2008, de 11,7 °C avec un minimum de 2,8 °C en janvier et un maximum de 21 °C en juillet[4]. La température minimale y a été de -24,6 °C le 22 décembre 1938 et la plus élevée de 40,4 °C le 13 août 2003[5]. L'ensoleillement y est de 1 976 heures par an en moyenne, soit environ 164 jours par an[6]. Les hivers sont relativement secs, et dépourvus de neige en plaine (toutefois de fortes précipitations ne sont pas exclues). Les frimas sont courants et les températures varient généralement d'une dizaine de degrés au plus pendant la journée. Les étés sont généralement chauds et secs : l'amplitude des températures en journée atteint parfois une vingtaine de degrés, et les températures maximales dépassent parfois les 35°. Le mois d'août est parfois frais et pluvieux (2006 et 2007) avec quelques orages et une légère brise qui disperse les polluants de l'air. Les mois d'août 2003 et 2009 étant au contraire très chauds et secs avec respectivement 33° et 30° de température maximale en moyenne. Le mistral souffle souvent dû à a compression de l'air dans le sillon rhodanien.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,4 0,5 3,1 5,7 9,6 13 15,2 14,7 11,8 8 3,5 0,6 7,1
Température moyenne (°C) 2,8 4,3 7,8 10,8 14,9 18,5 21 20,4 17,2 12,4 6,9 3,4 11,7
Température maximale moyenne (°C) 5,9 8 12,5 15,8 20,2 24 26,8 26,1 22,4 16,8 10,3 6,2 16,3
Record de froid (°C) −23 −22,5 −10,5 −4,4 −3,8 2,3 6,1 4,6 0,2 −4,5 −9,4 −24,6 −24,6
Record de chaleur (°C) 17,7 21,9 25,7 30,1 34,2 38,2 39,8 40,4 35,8 28,4 23 20,2 40,4
Précipitations (mm) 51,9 47,1 56,4 64,8 81,3 78,4 63,4 83,1 86,4 84,4 80,3 56,6 834,9
Source : Le climat dans la région lyonnaise (en °C et mm, moyennes mensuelles 1920/2008 et records depuis 1920)[1]


Vignoble[modifier | modifier le code]

Il étend ses 3,5 ha sur deux communes de la vallée du Rhône septentrionale.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur les communes de Saint-Michel-sur-Rhône et Vérin.

Encépagement[modifier | modifier le code]

La photographie montre deux grappe de viognier vertes sur un pied de vigne ; elles ont encore besoin de mûrir
Grappes de viognier en cours de maturation.

Tout le vignoble, planté du seul viognier, est en exposition plein sud. Ce cépage d'origine locale, est très aromatique avec des senteurs florales de violette de fruits : abricot, pêche. Relativement rustique envers les maladies, il est peu sensible à la pourriture grise. En revanche, il doit être palissé à cause de sa fragilité au vent[7]. Ici, le mistral peut faire des dégâts.

Comparaison de l'encépagement de l'AOC château-grillet avec les autres appellations locales des côtes-d-rhône septentrionales

Dans les décrets d'appellation, une division est faite entre le cépages principaux (indiqué par "M"), les variétés supplémentaires (indiqué par "S") et celles autorisées (indiqué par "(A)").

Cépage AOC locales septentrionales
Condrieu[8],
Château-Grillet[9]
Cornas[10] Côte-Rôtie[11] Hermitage[12], Crozes-Hermitage[13] Saint-Joseph[14] Saint-Péray[15]
Rouge Blanc Rouge Blanc
Marsanne (A)
max 15 %
M
0-100 %
(A)
max 10 %
M
0-100 %
M
0-100 %
Roussanne (A)
max 15 %
M
0-100 %
(A)
max 10 %
M
0-100 %
M
0-100 %
Syrah M
100 %
M
min 80 %
M
min 85 %
M
min 90 %
Viognier M
100 %
(A)
max 20 %

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Cette appellation appartient à un seul propriétaire.

Méthode culturale[modifier | modifier le code]

Avec un rendement maximum de 37 hl / ha, cette AOC ne produit que 71 hl soit environ 10 000 bouteilles de vin par an.

Vin et gastronomie[modifier | modifier le code]

Ce vin rare et précieux est considéré comme le premier cru de condrieu. Certain l’ont même défini comme l’exaspération du condrieu. Il donne un vin à la belle robe claire jaune paille au nez caractérisé par les notes d’abricot et de pêche. Ce vin riche, gras, onctueux, souple et rond est considéré comme un des plus grands vins blancs du monde. Vin à déguster pour lui-même ou en accompagnement de noix ou d’amandes.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Les terrasses escarpées.

Des arènes granitiques en terrasses escarpées et un vignoble ne couvrant que 3,8 ha suffisent à l'une des plus petites A.O.C. pour élaborer avec le seul viognier un des plus grands vins blancs de France. Ce vin se présente dans une robe claire et brillante évoluant vers le jaune paille. Son nez dégage des parfums d’abricot et de pêche qui s’épanouissent pleinement à l’agitation. Riche, gras et onctueux en bouche, ce vin de légende sait toutefois rester souple et rond.

Millésimes[modifier | modifier le code]

Ils correspondent à ceux du vignoble de la vallée du Rhône. Ils sont notés : année exceptionnelle Article de qualité, grande année Bon article, bonne année ***, année moyenne **, année médiocre *.

Millésimes 2000
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Caractéristiques Article de qualité *** *** Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Bon article
Millésimes 1990
1999 1998 1997 1996 1995 1994 1993 1992 1991 1990
Caractéristiques *** *** ** *** Bon article ** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1980
1989 1988 1987 1986 1985 1984 1983 1982 1981 1980
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Bon article *** Article de qualité ** Bon article *** Bon article Article de qualité
Millésimes 1970
1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 19722 1971 1970
Caractéristiques Bon article Article de qualité Bon article ** *** Bon article *** ** ** Article de qualité
Millésimes 1960
1969 1968 1967 1966 1965 1964 1963 1962 1961 1960
Caractéristiques ** * Article de qualité Article de qualité *** *** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1950
1959 1958 1957 1956 1955 1954 1953 1952 1951 1950
Caractéristiques Bon article Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Article de qualité ** Article de qualité
Millésimes 1940
1949 1948 1947 1946 1945 1944 1943 1942 1941 1940
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Article de qualité Bon article Article de qualité ** Article de qualité Bon article ** **
Millésimes 1930
1939 1938 1937 1936 1935 1934 1933 1932 1931 1930
Caractéristiques * Bon article Bon article *** ** Article de qualité Article de qualité ** ** **
Millésimes 1920
1929 1928 1927 1926 1925 1924 1923 1922 1921 1920
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité ** Bon article ** Bon article Bon article ** Bon article Bon article
Sources : Yves Renouil (sous la direction), Dictionnaire du vin, Éd. Féret et fils, Bordeaux, 1962 ; Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, Les millésimes de la vallée du Rhône & Les grands millésimes de la vallée du Rhône

Soit sur 90 ans, 24 années exceptionnelles, 26 grandes années, 16 bonnes années, 22 années moyennes et 2 années médiocres.

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Le Roy de Boiseaumarié, Histoire de l'appellation Côtes du Rhône, Éd. Reflets Méditerranées, Avignon, 1978.
  • Pierre Charnay, Vignobles et vins des Côtes-du-Rhône, Éd. Aubanel, Avignon, 1985.
  • Robert W. Mayberry, Wines of the Rhône Valley, a guide to origins, Rowman & Littlefield Publishers, Totawa, New Jersey, U.S.A. , 1987.
  • Guy Jacquemont et Patrick Galant, Le Grand Livre des Côtes-du-Rhône, Éd. du Chêne, Paris, 1988.
  • Charles Pomerol, sous la direction de, Terroirs et vins de France. Itinéraires œnologiques et géologiques, Éd. du BRGM, Orléans, 1990.
  • Jean-Pierre Saltarelli, Vallée du Rhône : de l’appellation à la notion de cru, Vins magazine, n° 41, décembre 2001, janvier-février 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]